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8 ans après sa création, quel bilan pour eFounders ?

En 2007, les frères Samwer lançaient un format innovant en Europe avec la création du start-up studio Rocket Internet, dont la réputation n’est plus à faire. La structure a ainsi permis de donner naissance à plusieurs poids lourds de l’e-commerce comme Zalando en s’inspirant des sites marchands américains pour les copier puis les décliner à grande échelle pour prendre à revers la concurrence sur le Vieux Continent. Avec cette mécanique bien huilée, Rocket Internet assure ainsi être capable de créer une start-up en moins de 100 jours. Le concept du copier-coller des frères Samwer a beau être contestable, le start-up studio berlinois a permis de lancer plus de 200 entreprises qui emploient plus de 42 000 employés à travers le monde et pèsent environ 30 milliards d’euros en valorisation totale cumulée.

Dans le sillage de Rocket Internet, d’autres usines à champions de la Tech européenne ont vu le jour. Parmi elles, on retrouve eFounders, fruit de l’imagination de Thibaud Elzière et Quentin Nickmans. Certes, le start-up studio franco-belge n’a pas encore l’envergure du pilonner allemand, mais il vient de franchir un cap. En effet, la valorisation totale des 23 start-up initiées par la structure atteint désormais 1 milliard de dollars. 

23 sociétés représentant une valorisation de 1 milliard de dollars 

Certes, cela ne fait pas d’eFounders une licorne, mais ce chiffre met en lumière l’impact du travail réalisé jusqu’à maintenant par le start-up studio. Surtout, les efforts fournis par la structure et les entrepreneurs accompagnés ont particulièrement porté leurs fruits au cours des deux dernières années. Et pour cause, la valorisation du portefeuille d’eFounders s’élevait à 385 millions de dollars fin 2017, puis à 541 millions de dollars fin 2018. Le chiffre a donc presque doublé en moins d’un an.

Lancé en 2011, le start-up studio franco-belge a développé sa propre recette pour faire émerger les futurs champions de la Tech française et européenne. Après avoir trouvé une idée, les responsables de la structure se mettent en quête d’une équipe fondatrice capable de mettre en place le projet. Dès lors, les sociétés qui voient le jour au sein d’eFounders sont engagées dans un cycle de 18 mois à l’issue duquel elles doivent être prêtes pour s’imposer sur le marché. Et pas question d’attendre le produit parfait avant de le commercialiser. Chez eFounders, les entreprises sont rapidement confrontées à la réalité du terrain et aux attentes des clients. Un exercice qui peut se révéler périlleux mais nécessaire pour éprouver le modèle des sociétés. 

Une création nette de 1 000 emplois dans le monde 

Chaque année, quatre jeunes pousses sont mises en orbite par le start-up studio franco-belge, et il n’est pas envisagé d’en lancer davantage. Une manière pour Thibaud Elzière et Quentin Nickmans de conserver la créativité et la motivation qui ont bâti la notoriété de la structure. Pour chaque projet, eFounders investit en moyenne 600 000 euros par projet en échange des ressources financières et humaines mises à disposition pour le mettre sur les rails. Avec ce dispositif, le start-up studio s’est ainsi fait un nom en mettant sur orbite de nombreuses solutions SaaS pour faciliter le quotidien des entreprises. Cette approche a permis à eFounders de devenir l’un des meilleurs, si ce n’est même le meilleur start-up studio en Europe.

Huit ans après la création du start-up studio, Aircall, Front ou encore Spendesk figurent parmi les principaux succès d’eFounders. Par ailleurs, Station et Site ont rejoint le prestigieux accélérateur américain Y Combinator, tandis que Mention et TextMaster ont respectivement été acquis par MyNewsDesk et Technicis. Depuis 2011, les 23 sociétés lancées par eFounders ont levé 254 millions de dollars auprès de fonds de capital-risque et de business angels et emploient 1 000 personnes dans le monde, notamment à Paris, San Francisco et New York. Au travers de structures comme eFounders ou 21, l’accélérateur de la Croix-Rouge pour développer l’innovation sociale, la Tech française dispose ainsi d’outils complémentaires à Station F ou EuraTechnologies pour construire les champions français et européens de demain.

La liste des 23 entreprises lancées par eFounders :

  • Aircall (téléphonie d’entreprise)
  • Spendesk (solution SaaS de gestion des dépenses en entreprise)
  • Bonjour (plateforme de gestion commerciale)
  • Front (plateforme collaborative de gestion des mails en entreprise)
  • Cycle (solution SaaS pour aider les équipes produits)
  • Yousign (solutions de signature électronique)
  • Once (plateforme de création de stories pour améliorer la communication des entreprises)
  • Folk (plateforme de gestion des contacts)
  • Multis (crypto-banque B2B)
  • Equify (plateforme de gestion d’actions)
  • Upflow (plateforme de gestion des factures impayées)
  • Slite (application de notes conçue pour favoriser le travail collaboratif dans les entreprises)
  • Swan (plateforme de Banking-as-a-Service)
  • Station (navigateur dédié à un usage professionnel)
  • Forest (back-office universel pour faciliter la vie des développeurs)
  • Mention (outil de veille social media)
  • Mailjet (e-mailing marketing et transactionnel)
  • Zenvest (plateforme de gestion des club deals)
  • Foxintelligence (plateforme de market intelligence)
  • TextMaster (service de traduction en ligne)
  • Hivy (solution de gestion de la vie au bureau)
  • Briq (solution d’engagement des collaborateurs)
  • Illustrio (banque d’images personnalisables)

Retrouvez le reportage de FrenchWeb réalisé dans les locaux d’eFounders à Paris dans le cadre de la série We Love Innovation :

eFounders : les données clés

Fondateurs : Thibaud Elzière et Quentin Nickmans
Création : 2011
Siège social : Paris
Effectifs : 14 collaborateurs
Activité : start-up studio

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Maxence Fabrion

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