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Criteo encouragé par les investisseurs malgré une faible croissance

Avec l'AFP

Le spécialiste du ciblage publicitaire en ligne Criteo, forcé à repenser son modèle d’activité face à plusieurs bouleversements du marché, a enregistré une croissance aussi atone que prévu pour 2018, mais avec des résultats globalement supérieurs aux attentes et des perspectives saluées mercredi par les investisseurs. A 16H00 GMT, le titre du groupe français prenait 13% sur la Bourse électronique Nasdaq, où il est entré en 2013.

Criteo, qui exerce ses activités dans un marché publicitaire en pleine mutation technologique et réglementaire, a dégagé un bénéfice net de 96 millions de dollars en 2018, en baisse de 1% sur un an. Son chiffre d’affaires annuel de 2,3 milliards de dollars (+0,2%), s’est révélé conforme à ses prévisions revues à la baisse en août. « Ce n’est pas une croissance de dingue, mais compte tenu du choc très violent qu’on a eu fin 2017, on s’en est bien sortis, mieux que ce qu’on pensait sur le dernier trimestre« , a remarqué le PDG du groupe, Jean-Baptiste Rudelle, pour l’AFP. Il faisait référence aux changements du système d’exploitation d’Apple intervenus en 2017, qui rendaient plus difficile le suivi publicitaire des internautes par des cookies et ont pesé lourdement sur l’activité de l’entreprise, la conduisant à abaisser plusieurs fois ses prévisions de croissance.

En 2018, le chiffre d’affaires hors reversements aux partenaires (ex-TAC) de Criteo, son indicateur clef, est finalement ressorti à 966 millions de dollars, en hausse de 3% (2% à taux de change et périmètre constants) et supérieur au consensus des analystes compilé par Factset.

Black Friday: une aubaine pour le groupe

Outre la mauvaise passe technologique avec Apple, le groupe a aussi dû faire face au Règlement européen sur la protection des données (RGPD), qui oblige notamment depuis fin mai 2018 les sites internet à obtenir le consentement de leurs utilisateurs avant de collecter des informations personnelles. La fin de l’année a tout de même apporté une bonne surprise pour le groupe emblématique de la « French Tech »: les soldes du « Black Friday », un événement commercial d’origine américaine fin novembre, ont battu des records en Europe. « On a eu quelques jours incroyables, on a dépassé Noël», se félicite le PDG.

Au quatrième trimestre 2018 Criteo a cependant vu son bénéfice net plonger de 20%. Son chiffre d’affaires ex-TAC s’est établi à 272 millions de dollars, en baisse de 2% (+0,1% en organique). Le PDG met ces résultats sur le compte d’une politique d’acquisitions et de recrutements tournée vers l’avenir: « On savait que l’année 2018 ne serait pas extraordinaire, on s’est dit ‘on y va, on investit, on met en place les briques fondamentales de notre plateforme, qui va nous permettre de retrouver la croissance’. »

Criteo table sur une croissance organique du chiffre d’affaires ex-TAC comprise entre 1% et 2% pour le premier trimestre 2019, et entre 3% et 6% pour l’exercice en cours (à taux de change constant). Pour y parvenir, le groupe compte sur ses nouveaux produits, dont la part a doublé en un an, à 13% des activités. « Sur la zone Amérique, c’est la monétisation de l’audience des e-commerçants qui a tiré la croissance. En Asie, ce sont les applications mobiles, et en Europe, c’est notre nouvelle offre qui couvre l’ensemble du panel publicitaire de nos clients, du recrutement de prospects à la conversion», détaille Jean-Baptiste Rudelle.

« Nous avons réduit notre dépendance à Facebook »

Criteo cherche en effet à réduire sa dépendance à son métier historique, basé sur les cookies qui permettent de cibler de nouveau des consommateurs ayant déjà repéré des produits en ligne. Le groupe a ainsi conçu une plateforme sur laquelle ses clients peuvent configurer et contrôler leurs campagnes publicitaires. Et il investit sur les technologies de ciblage des consommateurs sur mobile, devenues incontournables. « La plupart de nos grands clients avaient tendance à tout miser sur le web, mais il ne peuvent plus ignorer les applications, sans ça ils meurent», a déclaré Jean-Baptiste Rudelle lors d’une conférence téléphonique pour les analystes.

Le PDG a aussi expliqué que le groupe se concentre sur l’internet dit « ouvert », par opposition aux plateformes comme Facebook avec lequel Criteo a perdu son accréditation à l’été 2018. « Nous avons réduit notre dépendance à Facebook. Nous redéployons l’argent dépensé par nos clients sur l’internet ouvert, sur des milliers d’éditeurs», a-t-il précisé aux analystes, avant d’ajouter que son entreprise a de très bonnes relations avec Google. Les deux géants Google et Facebook récoltent plus de 50% des dépenses publicitaires en ligne aux Etats-Unis, d’après eMarketer

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