
Mariam HAKOBYAN, du code au no-code, une autre idée du logiciel
📩 Pour nous contacter: redaction@fw.media
Parmi les entrepreneurs et entrepreneuses marquant en 2026, nous avons retenu la fondatrice de Softr, Mariam Hakobyan qui n’est pas entrée dans le no-code par idéologie, mais par lassitude d’ingénieure. Avant de cofonder Softr, elle a passé plus d’une décennie à construire des produits logiciels, puis à diriger des équipes techniques. Elle constate que d’une entreprise à l’autre, les équipes réécrivent sans cesse les mêmes briques: authentification, paiements, portails clients, outils internes, interfaces d’administration. Une dépense d’énergie considérable pour des composants rarement différenciants.
C’est ce qui structure la thèse de Softr, si le logiciel ne doit pas disparaître derrière le no-code, il doit être rendu plus accessible, plus rapide à assembler, plus directement utile aux métiers. Là où certains outils sont simples mais limités, et d’autres puissants mais complexes, Softr cherche à occuper une position intermédiaire afin de permettre à des utilisateurs non techniques de créer des applications web, des portails, des marketplaces, des espaces membres ou des outils internes à partir de blocs préconçus, notamment connectés à Airtable.
Son point de vue est que les ingénieurs doivent rester concentrés sur ce qui est spécifique, complexe, différenciant, le reste peut être industrialisé. D’autant que le no-code n’est pas d’abord destiné aux développeurs, mais à tous les autres profils (marketing, opérations, entrepreneurs, indépendants) qui ont des besoins logiciels mais ne sont jamais prioritaires dans les roadmaps techniques.
Softr naît donc en 2019 avec son co fondateur Artur Mkrtchyan, la première version est lancée en août 2020, dans un contexte où la pandémie accélère la numérisation des petites entreprises et la recherche d’outils rapides à déployer. La plateforme gagne rapidement en visibilité dans la communauté no-code, jusqu’à obtenir le Golden Kitty Award 2021 du « Produit de l’année » sur Product Hunt. Après une première levée de 2,2 millions de dollars, Softr boucle ensuite une série A de 13,5 millions de dollars.
Ingénieure formée aux mathématiques à Erevan, développeuse dès 2007, ancienne manager d’équipes techniques majoritairement masculines, mère de deux enfants, Mariam Hakobyan incarne une figure moins stéréotypée du fondateur tech.
Elle ne revendique pas une place dans l’écosystème mais construit un produit dont l’objet même est d’élargir l’accès à la création logicielle, et c’est précisément ce qui en fait une personnalité à suivre.
Softr n’est pas seulement un outil no-code parmi d’autres, c’est une solution pourindustrialiser les usages logiciels ordinaires sans les appauvrir. Et Mariam Hakobyan porte au travers de ce projet une thèse devenue centrale dans la tech, qui est que demain, la valeur ne viendra pas uniquement de ceux qui savent coder, mais de ceux qui sauront transformer rapidement une connaissance métier en produit utilisable.






