GETINSIDE lève 3,2 millions d’euros pour démocratiser le retail media
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Pendant des années, le retail media a ressemblé à un privilège de plateformes : volume de trafic, maîtrise de la donnée, force de vente. Un triptyque qui réservait la monétisation publicitaire aux géants du e-commerce. En 2026, la pression sur les marges et la hausse continue des coûts d’acquisition remettent ce modèle en mouvement. L’audience n’est plus un actif marketing “nice to have”, et elle commence à se traiter comme une ligne de revenus. C’est dans ce contexte que getinside, basée à Toulouse, annonce une levée d’amorçage de trois virgule deux millions d’euros, mêlant deux millions d’euros en fonds propres et un million deux cent mille euros de dette, pour rendre le retail media accessible aux e-commerçants de toutes tailles.
La société revendique déjà plus de deux cent cinquante e-commerçants clients. Elle dit avoir réalisé un chiffre d’affaires d’un million six cent mille euros en 2025, et indique avoir orchestré plus de neuf cent cinquante campagnes via sa plateforme.
Pour en parler nous recevons Maxime Garrigues, le CEO et co-fondateur de GetInside.
De l’intention à l’achat, la “troisième vague” de la publicité en ligne
Les années 2000 ont industrialisé la publicité de recherche, fondée sur l’intention : vous cherchez un produit, une annonce apparaît. Les années 2010 ont généralisé la publicité sociale, fondée sur les signaux d’affinité. Le retail media, lui, serait “la troisième vague”, adossée au comportement d’achat : « on va vous pousser de la publicité sur la base de ce que vous achetez. »
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L’idée n’est pas totalement neuve : les têtes de gondole et les mises en avant sponsorisées existaient déjà dans le commerce physique. Ce qui change avec le numérique, c’est l’instrumentation : la mesure, la segmentation, l’automatisation et, surtout, la valeur d’une donnée transactionnelle détenue par le commerçant.
Amazon a largement contribué à populariser la catégorie : « on estime que quasi la moitié des profits du groupe Amazon viennent du retail media. » Au-delà du chiffre, le raisonnement posé est celui de la marge. L’infrastructure e-commerce amortit déjà une partie des coûts fixes, tandis que la vente de médias génère, au démarrage, peu de coûts additionnels. Le retail media s’installe alors comme un complément de rentabilité, parfois plus que comme un moteur direct de croissance du chiffre d’affaires.
Pourquoi le retail media est longtemps resté un marché de grands acteurs
Trois barrières d’entrée ont structuré le marché.
D’abord, le volume : pour attirer des annonceurs et justifier des budgets, il faut un niveau d’audience et de transactions suffisant. Ensuite, la technologie et la conformité : traiter la donnée, l’anonymiser, l’exploiter sans s’exposer à un risque réglementaire implique des investissements. Enfin, la capacité commerciale : adresser agences et annonceurs suppose des équipes de vente et une crédibilité de régie. En clair, l’équation a longtemps favorisé “la première catégorie” de retailers.
C’est précisément la case que getinside dit vouloir occuper : celle des e-commerçants qui disposent d’une audience utile, mais pas des moyens ni de la densité pour transformer cette audience en produit média vendable.
Une thèse : le e-commerce “hybride” comme modèle par défaut
Chez Maxime Garrigues, une conviction s’impose : le e-commerce bascule vers un modèle hybride, combinant vente de produits et monétisation média. Le dirigeant l’explique sans effets de manche : hausse des coûts d’acquisition, fragilisation économique de nombreux retailers, recherche de marges additionnelles. « Nous, on pense qu’à moyen terme, le modèle de e-commerce sera un modèle hybride », résume-t-il, où la vente de retail media viendrait “soutenir l’activité économique”.
L’enjeu, dans cette logique, n’est pas d’ajouter un canal marketing de plus. Il s’agit de transformer une audience en actif monétisable, avec des impacts directs sur la marge.
Une approche “off-site” et un produit pensé pour limiter la friction
Getinside revendique un choix technique et opérationnel, à savoir ne pas être on-site par défaut. Le point est présenté comme une réponse aux contraintes des e-commerçants : une interface optimisée, un taux de conversion surveillé de près, et une réticence à “ajouter de la publicité” sur le parcours d’achat.
La plateforme privilégie des formats qui n’interfèrent pas avec l’expérience on-site, en s’insérant plutôt autour de la commande et du post-achat. Le produit a démarré avec un format très concret : l’insertion publicitaire dans les colis (leaflets, échantillons). Puis l’offre s’est élargie : email, réseaux sociaux, et plus largement l’activation de moments clés, comme l’unboxing ou le message de bienvenue.
Mutualiser des e-commerçants pour créer l’audience “vendable”
L’autre pièce maîtresse du modèle est l’agrégation. Le dirigeant décrit un effet réseau : réunir des e-commerçants d’une même catégorie au sein d’une plateforme commune pour atteindre la taille critique attendue par les annonceurs. Cela peut conduire à une situation contre-intuitive : des acteurs concurrents sur l’acquisition et la vente de produits s’associent, ponctuellement, dans la vente de médias.
La promesse est double : rendre l’inventaire plus attractif côté annonceur, et ouvrir le retail media à des e-commerçants qui n’auraient pas, seuls, la surface commerciale et la masse d’audience nécessaires.
Une logique EBITDA : “un à deux pour cent de chiffre d’affaires”, mais très margé
Sur les retombées économiques, le discours se veut mesuré. Maxime Garrigues avance des ordres de grandeur : « on arrive à atteindre des augmentations de chiffre d’affaires de l’ordre de 1 à 2 %. » Ce n’est pas forcément de quoi “changer une année”, mais c’est potentiellement de quoi changer un compte de résultat, car le revenu est très margé. Il évoque une marge pouvant atteindre « 70 à 90 % », et « +2 % de chiffre d’affaires additionnel » pour certains clients.
Traction : deux cent cinquante e-commerçants, plus de trois cents annonceurs, neuf cent cinquante campagnes
Getinside affirme avoir construit une base significative en trois ans. Maxime Garrigues nous confie que la société équipe déjà « plus de 250 e-commerçants en France ».
L’entreprise enregistre une trajectoire financière très dynamique avec un million six cent mille euros de chiffre d’affaires en 2025, et une activité proche de la profitabilité. Un argument pour expliquer la capacité à lever malgré un marché du capital-risque plus sélectif : un modèle déjà éprouvé, des ratios jugés “rassurants”, et un BFR négatif, véritable avantage structurel.
Une levée d’amorçage structurée, avec des investisseurs “industrie” et “entrepreneurs”
Le tour annoncé s’élève à trois millions deux cent mille euros, dont deux millions d’euros en equity et un million deux cent mille euros en dette. Il réunit La Poste Ventures (fonds initié par le groupe La Poste et géré par XAnge), Swiss Post Ventures, 50 Partners et Clover, qui entrent au capital.
La relation initiale avec Colissimo, née d’une approche partenariale, puis devenue un axe d’implantation commerciale avant l’entrée au capital via La Poste Ventures, a été structurante et illustre des relations startups / grands groupes bien établies.
À quoi doit servir le financement : vente, produit, visibilité
Sur l’usage des fonds, trois priorités sont citées.
D’abord, la structuration commerciale, à savoir constituer une équipe de vente pour accélérer l’acquisition et l’animation côté annonceurs. Ensuite, le produit : poursuivre l’enrichissement des formats et intégrer davantage d’IA. Enfin, la mise en marché : marketing B2B, salons, prise de parole, sortie “du bois”.







