ALPHABET s’endette sur quarante, voire cent ans : la fin de la tech “asset-light”
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En levant vingt milliards de dollars sur le marché obligataire américain, dans ce qui constitue sa plus importante émission en dollars à ce jour, Alphabet Inc. n’a pas seulement frappé les esprits par l’ampleur de l’opération, mais surtout par la durée de cette dette. La tranche la plus longue de l’émission arrive à échéance en 2066, soit plus de quarante ans, tandis que le groupe a parallèlement annoncé travailler sur une émission obligataire à cent ans, une opération rarissime pour une entreprise technologique.
Ce choix traduit une inflexion profonde du modèle économique des grands acteurs de la tech, engagés dans une course à l’intelligence artificielle dont la nature, et les horizons temporels rompent avec les cycles d’investissement habituels du secteur.
Une dette longue pour financer des actifs durables
Jusqu’à présent Alphabet s’est distingué par sa capacité à financer sa croissance presque exclusivement par ses flux de trésorerie. L’entreprise figurait parmi les grands « net savers » du secteur, accumulant liquidités et placements à court terme. Le recours massif à la dette, et surtout à de la dette très longue, marque donc un changement de posture significatif, avec des investissements peu réversibles.
Alphabet a annoncé prévoir jusqu’à cent quatre-vingt-cinq milliards de dollars de dépenses d’investissement cette année, un montant supérieur à l’ensemble de ses capex cumulés sur les trois exercices précédents. Cet effort est destiné aux infrastructures physiques indispensables au développement de l’IA, à savoir data centers, capacités de calcul, réseaux et énergie.
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Si financer des actifs à longue durée de vie par des ressources longues est classique, il est nouveau pour une société qui se comporte habituellement plus comme un acteur « asset-light », et témoigne qu’Alphabet engagé dans des investissements peu réversibles.
Un signal adressé aux marchés
L’émission obligataire, structurée en plusieurs tranches, a suscité une demande exceptionnelle, avec plus de cent milliards de dollars d’ordres pour vingt milliards émis. La tranche arrivant à maturité en 2066 a été placée avec une prime d’environ quatre-vingt-quinze points de base au-dessus des obligations émises par le Trésor des États-Unis pour financer la dette fédérale américaine. Un succès pour Alphabet qui attire au travers de cette opération de nouveaux partenaires financiers.
Le projet d’une obligation à cent ans, envisagé notamment sur les marchés britannique et suisse, va dans le même sens. S’il aboutit, il consacrerait une forme de rapprochement symbolique entre Alphabet et des émetteurs traditionnellement associés aux infrastructures ou aux services essentiels.
L’IA, catalyseur d’un nouveau cycle de capex
Cette opération prend place alors que l’ensemble des Bigtech ont annoncé une accélération de leurs investissements liés à l’IA. Des acteurs qui vont probablement financer leurs infrastructures de la même manière, reste à voir comment les marchés réagissent à cette nouvelle tendance. Car au travers de ce financement, Alphabet exprime sa confiance de rester, sur plusieurs décennies, un acteur central de l’économie numérique mondiale, pouvant supporter un endettement s’étalant jusqu’au milieu du siècle, voire au-delà, et que l’ère de l’IA ne se joue plus seulement sur le terrain des algorithmes, mais sur celui du capital, et du temps long.
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