L’IA peut-elle absorber la pénurie structurelle de praticiens dans le secteur dentaire ?
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La pénurie de professionnels de santé s’inscrit dans une tension structurelle : vieillissement démographique, disparités territoriales, augmentation de la demande de soins spécialisés. L’orthodontie n’échappe pas à cette dynamique, les délais s’allongent, le temps fauteuil devient une ressource contrainte et les cabinets arbitrent en permanence entre suivi courant et urgences.
Dans ce contexte, le monitoring à distance alimenté par l’intelligence artificielle s’impose progressivement comme un levier d’optimisation organisationnelle. La question est donc moins technologique que structurelle : peut-on compenser une rareté humaine par une meilleure allocation du temps clinique ?
Un “trou noir” entre les rendez-vous
C’est de cette interrogation qu’est née DentalMonitoring. Son fondateur et CEO, Philippe Salah, identifie très tôt une inefficacité dans le parcours orthodontique. Il explique au micro de FW.media qu’il s’était rendu compte que, malgré l’ensemble des technologies mises en place par les orthodontistes, « souvent, il y avait une sorte de trou noir entre les rendez-vous » : le dentiste ne sait pas ce qui se passe dans la bouche de son patient entre deux consultations.
Le modèle traditionnel repose sur des visites programmées à intervalles fixes, si certaines sont indispensables, d’autres relèvent du contrôle préventif, et entre ces visites, aucune visibilité clinique réelle.
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La réponse proposée consiste à transformer cette logique calendaire en logique déclenchée par le besoin. Comme le formule Philippe Salah, « on a voulu synchroniser l’offre de soins avec le besoin de cette offre de soins. Aujourd’hui, ce n’est pas forcément synchronisé. On voit le patient pas forcément au bon moment. »
L’IA comme outil de triage clinique
Le fonctionnement repose sur un mode opératoire relativement simple côté usage, le patient télécharge une application, réalise des scans intra-oraux à l’aide de son smartphone et d’un dispositif optique dédié. Les images sont analysées par des algorithmes d’intelligence artificielle qui identifient situations normales, objectifs atteints ou anomalies.
Philippe Salah précise que « les serveurs d’intelligence artificielle vont faire un triage, trier les scénarios importants pour le docteur et montrer au docteur les patients qui ont un petit souci ou qui ont un objectif atteint ». Si l’IA ne pose pas un diagnostic autonome ,elle hiérarchise les informations et alerte le praticien lorsque l’intervention devient pertinente. L’exemple du bracket décollé illustre cette logique : « l’intelligence artificielle va détecter que le bracket orthodontique est décollé et l’orthodontiste va recevoir une alerte ». La visite n’est plus systématique et devient ciblée.
Productivité clinique et accès aux soins
Selon Philippe Salah, « en minimisant les visites de contrôle ou de confort, on va libérer du temps cabinet pour que le docteur puisse accueillir plus de patients ». L’impact organisationnel est significatif, le cabinet peut prioriser les situations nécessitant une intervention, absorber davantage de patients ou améliorer la qualité du suivi. Le patient, de son côté, bénéficie d’un accès plus rapide en cas de problème.
Une logique qui rejoint celle observée plus largement dans l’e-santé : rationalisation des flux, triage numérique, déclenchement ciblé de l’acte clinique.
Adoption et transformation des pratiques
Cette évolution implique néanmoins un changement de workflow pour les praticiens et une discipline côté patient. L’acceptation du monitoring repose sur la confiance dans l’outil et sur son intégration dans les routines de cabinet.
Fondée en 2014 par Philippe Salah, DentalMonitoring développe un logiciel médical basé sur l’intelligence artificielle dédié au suivi orthodontique à distance. L’entreprise revendique plus de 2 millions de patients suivis, une présence dans une cinquantaine de pays et plus de 500 collaborateurs, dont environ la moitié en France, principalement en R&D.
Elle vient de finaliser un tour de table de 84 millions d’euros auprès notamment d’ISALT pour accélérer son expansion internationale et renforcer ses capacités technologiques. Depuis sa création, Dental Monitoring a levé plus de 278 millions d’euros, notamment auprès de Merieux Capital Ventures, Vitruvian Partners et du family office HWA, qui avait investi 5 millions d’euros en seed dès 2014.







