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MONEYSHAPE : comment simuler, comparer et sécuriser un projet immobilier avant d’acheter

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Alors que beaucoup disposent d’une capacité d’épargne, parfois d’un bien identifié, une nouvelle génération d’investisseurs, qu’ils soient primo-accédants ou en réflexion sur un premier investissement locatif hésitent à franchir le pas. En cause : la difficulté à maîtriser les mécanismes financiers et fiscaux qui encadrent l’immobilier.

Dans FW.MEDIA, nous recevons Léa Paveze, cofondatrice et CEO de MoneyShape, une plateforme conçue pour simuler, comparer et valider un projet immobilier avant l’achat. Son ambition : « reprendre un peu la main sur ces décisions d’investissement et être mieux équipé pour comprendre tous ces mécanismes derrière l’investissement et prendre une décision de façon éclairée ».

Une paralysie financière documentée

À l’origine de MoneyShape, il n’y a pas uniquement l’immobilier, mais un constat plus large sur la gestion des finances personnelles. Léa Paveze évoque « une forme de paralysie ou d’immobilisme qu’ont tendance à avoir les gens quand il s’agit de passer à l’action sur un sujet financier ».

L’équipe a mené une étude terrain auprès d’environ 200 personnes. « Le constat, il est assez clair, c’est que 90 % des personnes avec qui on discute ont un projet financier en tête, mais ne le font pas. » Les raisons avancées sont multiples : excès d’informations, manque de repères, crainte de l’erreur. « Ils se sentent sous-équipés, sous-outillés, parce qu’ils ne comprennent pas les mécanismes derrière un investissement et parce qu’ils sont souvent conseillés avec un angle qui n’est pas forcément neutre ou qui est un peu biaisé. »

L’excès d’information comme frein

L’enjeu n’est donc pas l’absence d’information, mais son appropriation. Le marché propose aujourd’hui une profusion de simulateurs, de contenus pédagogiques et d’analyses. Pourtant, cette abondance peut produire un effet inverse. « Il y a probablement trop d’informations aujourd’hui, trop de channels, trop d’informations, trop de flots. »

Une partie de ces contenus intervient hors du moment décisionnel. « Parfois, il y a de l’information qui est donnée très en amont, à un moment où on n’est pas vraiment en phase active de réflexion sur un projet. Et donc, quand on passe en phase active, on l’a oubliée ou on ne sait plus comment l’adapter concrètement à notre projet. »

MoneyShape veut se positionner précisément à cette étape, lorsque le projet devient concret.

Quantifier l’intuition

Un investisseur peut estimer qu’un bien est attractif, qu’un loyer est cohérent ou qu’un prix semble justifié. La plateforme lui propose de transformer ces perceptions en scénarios chiffrés.

« Typiquement, j’ai une intuition sur ce type de bien, j’ai une intuition que je pourrais le louer à tel prix, j’ai l’intuition que je l’achète au bon prix. Et nous, avec la data, on vient quantifier cette intuition et donc valider avec eux leur projet et apporter de la réassurance pour qu’ils puissent passer à l’action sereinement. »

Les simulations intègrent financement, fiscalité, charges, hypothèses locatives et projections de rendement. L’objectif est d’apporter un regard indépendant. « On ne va pas leur vendre un produit financier, on ne va pas leur vendre un bien immobilier. En revanche, ce qu’on va leur vendre, c’est la réassurance. »

Simplifier sans sacrifier la rigueur

La réglementation fiscale française évolue régulièrement. Une simulation pertinente aujourd’hui peut nécessiter des ajustements « L’enjeu, c’est de créer un outil qui soit fiable dans ses calculs, fiable dans ses données, mais qui en même temps simplifie tous ces concepts liés à l’investissement locatif. »

Les formules sont développées en interne et vérifiées. Leur mise à jour constitue un travail continu. Toutefois, l’interface utilisateur reste volontairement épurée. « Notre but, c’est de rassurer. (…) On a volontairement exclu certains détails (…) pour justement décomplexifier et rassurer au lieu d’intimider. »

Un positionnement réglementaire maîtrisé

À ce stade, la plateforme intervient exclusivement sur l’analyse et la validation de projets immobiliers. « Pour l’instant, on n’est pas assujettis aux réglementations type CIF, puisqu’on reste sur le terrain de l’immobilier. »

L’entreprise s’est entourée de conseils juridiques spécialisés afin d’anticiper ses évolutions futures, notamment si son périmètre s’élargit à d’autres classes d’actifs.

De l’immobilier au projet financier

La vision des cofondateurs dépasse le seul investissement locatif. « Notre ambition, c’est d’être expert en projet. »

Trois catégories sont identifiées : projets immobiliers, projets d’épargne et de placement, et projets professionnels destinés aux indépendants et entrepreneurs, dont les finances personnelles et professionnelles sont étroitement liées.

L’approche consiste à structurer une décision à partir d’un objectif, d’un horizon et d’une capacité financière, plutôt qu’à promouvoir un produit spécifique.

Modèle économique et perspectives

Le lancement repose sur un accès longue durée à la plateforme. Des modules complémentaires, notamment dédiés au suivi post-acquisition (rentabilité réelle, cash-flow, frais) pourraient intégrer une logique d’abonnement.

Des échanges ont également lieu avec des courtiers et acteurs financiers. Ceux-ci perçoivent la solution comme un outil d’aide à la décision susceptible de renforcer leur relation client. Une déclinaison B2B2C est envisagée.

Le projet est actuellement en phase d’amorçage, co fondé par Léa Pavese avec le multi entrepreneur Denis Fayolle (La Fourchette, Habiteo, Singulart,…) Moneyshape est financé par des business angels issus de la finance et de l’entrepreneuriat. Les prochains mois seront consacrés à faire croitre la base d’utilisateur.

 

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