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APPLE relance la bataille du podcast vidéo face à YouTube

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En intégrant nativement la vidéo via le protocole HLS dans Apple Podcasts, la firme de Cupertino veut redessiner les lignes du marché du podcast video que YouTube a progressivement capté.

Depuis trois ans, si l’audio reste majoritaire en volume d’écoute, la croissance d’audience et la monétisation premium se structurent désormais autour de la vidéo. Interviews longues, débats, formats business ou éducatifs : une part croissante des audiences les consomme sur YouTube, qui s’est imposé comme le premier moteur de découverte du podcast mondial. Face à cette tendance, Apple ne pouvait rester immobile.

Une évolution technique qui préserve l’architecture ouverte

Là où YouTube impose un environnement propriétaire et algorithmique, Apple veut maintenir une logique d’agrégation ouverte avec la prise en charge du HLS (HTTP Live Streaming).  .

Concrètement, les créateurs conservent :

  • leur flux RSS
  • leur partenaire d’hébergement
  • leurs outils d’insertion publicitaire
  • leurs systèmes d’abonnement

Le parti pris d’Apple est que le créateur puisse garder la maîtrise de sa distribution et de sa monétisation. Apple ne centralise ni l’hébergement ni la régie. La vidéo s’intègre dans l’écosystème existant, sans rupture d’infrastructure.

La continuité d’usage comme levier de rétention dans la creators economy

Pour la creators economy, l’enjeu n’est pas uniquement technique, il concerne la relation directe entre le créateur et son audience. En permettant de commencer un épisode en audio puis de basculer en vidéo au même point de lecture, Apple via Apple Podcasts cherche à préserver un actif clé qu’est la fidélité.

Cette continuité d’usage n’est pas un simple confort ergonomique et vise à limiter la fragmentation de l’audience entre plateformes. Pour un créateur, chaque migration vers YouTube signifie exposition à un environnement algorithmique qui contrôle la recommandation, la visibilité et, indirectement, la dépendance économique.

Apple défend une logique complémentaire : l’audio et la vidéo coexistent au sein d’un même écosystème, sans rupture de parcours ni perte de données d’abonnement. Pour un créateur indépendant, cela signifie pouvoir enrichir son format sans changer son flux de production et distribution.

Dans un marché où la relation directe devient stratégique, la fluidité est un outil de rétention.

Le vrai terrain pour les créateurs : le contrôle de la monétisation

Apple a fait le choix de ne pas devenir une régie intégrée, et permet l’insertion vidéo via les partenaires d’hébergement existants. Cette position contraste avec celle de Spotify, qui a progressivement internalisé sa chaîne publicitaire et structuré un modèle plus intégré.

Ainsi les créateurs gardent le contrôle de leurs sponsors et la gestion de leurs publicité. Par ailleurs, les modèles hybrides abonnement + publicité sont également possibles.

Découvrabilité : l’atout structurel de YouTube

La creators economy reste toutefois structurée par le besoin de visibilité et sur ce terrain, YouTube conserve un avantage décisif :

  • moteur de recommandation massif
  • recherche native
  • logique communautaire fondée sur l’abonnement visuel

Beaucoup de podcasts émergent aujourd’hui sur YouTube avant de se stabiliser sur d’autres plateforme. L’algorithme devient un moteur d’acquisition, mais aussi un facteur de dépendance. Apple ne cherche pas à reproduire ce modèle, et propose un environnement moins soumis à la viralité, plus orienté vers la relation durable.

Reste aux créateurs de choisir leur plateforme ou stratégie de développement, et arbitrer entre croissance algorithmique rapide ou fidélisation de leur communauté.

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