LIFEAZ lève 13 millions d’euros et impose le “medical device as a service” dans le défibrillateur
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Le marché des dispositifs médicaux évolue lentement, il s’est structuré autour le modèle simple d’un équipement vendu, installé, puis entretenu de manière périodique, avec Lifeaz, ce schéma change pour une logique de service continu.
Reçu à nouveau sur FWMedia, Johann Kalchman, cofondateur et CEO de Lifeaz, revient sur cette transformation et sur une nouvelle levée de fonds, de 13 millions d’euros annoncée aujourd’hui.
D’un constat clinique à une mission de démocratisation
L’origine du projet remonte à l’expérience professionnelle des fondateurs, « Avec un de mes associés, Martial, on travaillait dans les pacemakers et défibrillateurs implantables. Donc on connaissait la technologie qui protège des personnes à très haut risque. », et le déclic intervient face à un chiffre : 50 000 arrêts cardiaques chaque année en France, pour seulement 5 % de survie. « On s’était dit : il faut changer les choses, il faut démocratiser le déploiement de la technologie du défibrillateur. » Un second constat structure la réflexion : « 80 % des arrêts cardiaques ont lieu au domicile des particuliers. » Or, si les défibrillateurs se multiplient dans les lieux publics, ce segment demeure largement couvert.
Lifeaz est donc créée pour concevoir « une technologie, un défibrillateur fait pour les particuliers ». Rapidement, les demandes des entreprises affluent. Dix ans plus tard, la société revendique 25 000 clients, particuliers et professionnels confondus.
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Une offre structurée autour de la location
Lifeaz vend ses équipements, mais la majorité des clients optent pour la location. Johann Kalchman parle d’« une petite révolution ». Le modèle comprend trois briques. La première est le matériel : « un défibrillateur très simple à utiliser par n’importe qui, fabriqué en France ». La deuxième est la maintenance connectée. « Il y a un tiers des défibrillateurs dans les lieux publics en France qui ne fonctionnent pas faute de maintenance. » Dans le modèle locatif, le dispositif envoie « des rapports toutes les semaines pour nous assurer qu’il fonctionne à tout moment et surtout en cas d’urgence ». Une équipe interne assure le suivi opérationnel. La troisième brique concerne la formation. « On s’est rendu compte qu’il n’y avait pas du tout assez de personnes formées en France. » L’offre inclut une application pédagogique afin que « tous les membres de la famille, tous les employés de l’entreprise osent et sachent intervenir en cas d’urgence ».
L’enjeu est aussi financier. Pour équiper massivement domiciles et petits commerces, il fallait éviter un coût d’entrée élevé. « On ne pouvait pas se permettre de vendre un produit à 1 000 ou 1 500 euros avec un technicien qui passe chaque année. » La location se situe « de l’ordre d’un abonnement téléphonique », autour d’une trentaine d’euros par mois selon l’offre.
Un cadre réglementaire renforcé
Le défibrillateur est un dispositif médical de classe III, soit le niveau réglementaire le plus élevé. « Tout ce qui arrive sur le marché doit suivre des normes françaises et européennes très strictes, avec des tests très poussés. » Lifeaz a obtenu la certification médicale européenne il y a plus de cinq ans, puis la nouvelle classification MDR en 2025. « On peut vendre aujourd’hui partout en France et en Europe. »
La connectivité constitue l’une des spécificités du produit. Elle permet non seulement la maintenance, mais aussi les mises à jour à distance. « On peut mettre à jour les défibrillateurs à distance pour corriger des problèmes, améliorer les performances ou ajouter des fonctionnalités. »
Parmi ces évolutions : alerte d’utilisation, transmission d’électrocardiogrammes aux secours, géolocalisation en cas de vol, mode démonstration ou suivi des conditions de stockage.
Formation : physique et digital
C’est aujourd’hui l’un des axe majeur de la startup qui veut massifier la formation. En France, 20 à 30 % de la population est formée aux gestes qui sauvent, contre plus de 80 % dans certains pays nordiques. « Mon rêve, c’est qu’en France 80 % des gens soient formés. » Johann Kalchman plaide pour des formations à l’école, lors du permis de conduire, en entreprise ou à l’occasion de la parentalité. Lifeaz déploie une stratégie hybride : application gratuite avec « une centaine de petits modules », ateliers en visioconférence et réseau de plus de 300 formateurs partenaires intervenant en présentiel.
L’objectif est à la fois de ne pas oublier les gestes appris et lever les blocages psychologiques. « Les pires exemples, c’est quand quelqu’un nous dit : je suis arrivé pour intervenir et ça faisait dix minutes et aucun geste n’a été fait alors que le défibrillateur était là. »
Une levée pour accélérer
La levée de 13 millions d’euros rassemble GO Capital, BNP Paribas et Mirova, aux côtés des investisseurs historiques XAnge, Mutuelles Impact et Impactivist. Au total, Lifeaz a levé « un peu plus de 20 millions en dix ans ».
Les fonds seront orientés vers l’innovation, la croissance commerciale et le développement européen. La société est déjà présente via des distributeurs en Italie, Allemagne, Espagne, Hongrie ou Irlande, et envisage un déploiement direct dans certains pays.







