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Geraldine Aresteanu, artiste: «Je cherche à trouver la valeur humaine propre à l’entreprise»

Jeudi 3 novembre, Frenchweb organisait sa «Frenchweb Party». L'occasion pour les membres du Club de se rencontrer et de connaître les équipes du magazine.

Géraldine Aresteanu était la photographe officielle. Elle a tiré le portrait de chaque invité. Frenchweb lui a posé quelques questions pour se présenter. 

Frenchweb: Qu'est-ce qui vous a donné envie de faire de la photographie?

Geraldine Aresteanu, photographe: Je suis photographe depuis toujours. Née en Roumanie, je suis arrivée en France pour y faire mes études supérieures. J'ai commencé des études de mathématiques pour ensuite passer le concours de Louis Lumière. J'ai eu le concours mais je n'ai pas eu mon année de mathématiques. L'école ne m'a pas prise. J'ai donc suivi pendant deux ans des cours de photrographie le soir avec des personnes d'un certain âge! Et c'est au bout de ces deux années que j'ai eu mon premier appareil photo. 

A cette époque, je me suis rendue à une exposition organisée par World Press à Paris. L'exposition regroupait des photographiess prises dans plusieurs pays de l'Est. C'était la première fois que je voyais de mon pays, la Roumanie, des photos. J'ai toujours eu l'habitude de voir Ceaușescu dans les champs de blé, que j'ai été interloquée de voir des scènes de la vie quotidienne. Alors à mon tour, je voulais immortaliser ce que je voyais avec mes yeux.

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Quel a été votre premier projet?

J'ai commencé mon premier travail en 1999. Je devais montrer au travers de la photographie les différences entre le langage des signes d'enfants sourds roumains, hongrois et français. J'ai apprécié dans ce travail le rapport humain. Et c'est ce qui m'importe le plus dans mon métier aujourd'hui. Une séance photo peut bien se passer, mais si il n'y a pas eu de réels échanges je la considère ratée.

L'important est de discuter avec le sujet et connaître davantage sa vie, son parcours. C'est ensuite plus facile pour moi de photographier et de le mettre en valeur. Mon travail est similaire lorsque je me rends chez un client. Je prends toujours le temps de discuter.

Je ne photographie jamais des paysages. Dans chacun de mes projets, reportage comme portrait, l'humain est au centre de mon travail.

Que pouvez-vous apporter aux entreprises?

Quand je me rends dans une entreprise, j'aime passer du temps à observer son fonctionnement, sa culture. Je cherche à trouver la valeur humaine qui lui est propre pour ensuite la retranscrire via la photographie. Mon travail peut ensuite leur servir pour la communication, pour leur site internet, leurs réseaux sociaux etc.

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Pourquoi l'entreprise est-elle principalement dépeinte comme un lieu froid et inhumain par les médias?

Je pense que le climat économique d'aujourd'hui est tendu avec toujours plus de grosses entreprises qui licencient, qui délocalisent ou qui ferment. Il y a des entreprises et des secteurs qui fonctionnent en France mais ils ne sont pas ou très peu relayés dans les médias. On parle aussi beaucoup de grosses entreprises où l'humain est peut-être un peu oublié mais je pense que les choses sont en train de changer.

Quel regard souhaitez-vous apporter sur l’entreprise?

Je souhaite par mes photos redonner la place à l'humain dans l'entreprise. Valoriser les salariés, leur montrer qu'on s'intéresse à elles en tant que personne à part entière et à leur travail, mettre en lumière le processus de création des «produits»…

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Quelles sont les anecdotes que vous pourriez nous raconter sur l’entreprise lors d’un shooting et qui auraient nourries votre travail?

Après une séance photo dans une entreprise, je ressors en en ayant appris plus sur les personnes que ce que sait leur patron ou même leurs collègues!

La première fois que j'ai du photographier le président de la région Centre, je le sentais mal à l'aise. Je me suis étonnée moi même à lui dire «on fait d'abord une photo où vous êtes allongé sur votre bureau et ensuite le portrait sérieux». Il m'a regardé très étonné puis il a souri et l'atmosphère s'est détendue. Souvent je dédramatise la situation, je tutoie facilement, j'ai envie que comme moi, le modèle soit à l'aise.

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Qu’avez-vous observé dans la représentation de l’entreprise qui serait en train d’évoluer?

J'ai remarqué que les entreprises ont besoin de mettre en lumière leurs salariés pour dire que tout va bien. Les dirigeants se rendent peut-être compte que sans leurs salariés, ils ne sont plus rien.

 

Myriam Roche

Chef de projet éditorial at Adsvark Media / FrenchWeb - We Love Entrepreneurs

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