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Grands groupes: 8 manières de collaborer avec une start-up, jusqu’au coup de foudre?

Plus de 61% des «licornes» ont au moins un groupe industriel parmi leurs actionnaires d'après le Wall Street Journal. Autre preuve de cette attirance, 52,4% des 500 plus grandes entreprises mondiales travaillent en collaboration avec des start-up, d'après l'étude «How do the World's Biggest Companies Deal with the  Startup Revolution» publiée le 2 février 2016. 

Arnaud Bonzom, du fonds de capital risque 500 Startups, en collaboration avec l'INSEAD, a analysé les données des 500 premières entreprises du classement Forbes Global 2000 de 2015, et a mené des interviews auprès d'entreprises représentant 37 pays et 69 secteurs d'activité différents.

On y apprend que la France est même devant l'Allemagne (2e) et les États-Unis en matière de collaboration entre start-up et grands groupes, avec 92% de ses plus grandes entreprises impliquées dans une telle démarche (25 entreprises et 19 industries en France, contre 21 entreprises et 12 industries Outre-Rhin). «Il y a une forte corrélation entre le classement dans le Top100 mondial des grands groupes et leur implication dans une start-up», constatent les auteurs.

Une collaboration soumise aux objectifs du groupe

Différentes options s'offrent aux grands groupes souhaitant travailler en collaboration avec des start-up. Les auteurs de l'étude en ont recensé huit pouvant se combiner, de l'organisation d'événements au rachat d'entreprises partenaires, en passant par la mise à disposition d'espaces de travail ou la création de spin-off. 

L'arbitrage entre les différents modes de collaboration possibles se fait en fonction des objectifs poursuivis par le grand groupe, des ressources qu'il souhaite y allouer, et du temps dont il dispose. 

Les entreprises analysées par les auteurs privilégient l'investissement au capital des entreprises, l'organisation de concours de start-up et le développement d'un programme d'accélération ou d'incubation en propre. «Parmi les 8 différentes relations principales que nous avons relevé, nous avons identifié des sous-catégories et, dans celles-ci, nous avons observé (dans ce graphique) 7 critères de collaborations qui impliquent véritablement du corporate et du business», explique Arnaud Bonzom.

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Moins chère et limitée dans le temps, l'organisation d'événements dédiées aux start-up est un bon point de départ pour initier une collaboration avec des start-up. Différents formats peuvent être envisagés, parmi lesquels les concours de start-up (comme le Philips Innovation Awards aux Pays-Bas, qui récompensent les meilleurs projets d'entrepreneurs-étudiants).

Plus coûteux et visant un public plus restreint, les programmes d'accélération ou d'incubation supposent de mettre un certain nombre de ressources à la disposition des start-up accompagnées (conseils, espaces de travail, mentorat). De nombreuses entreprises ont développé leur propre programme, à l'image du Samsung Accelerator. 

L'investissement, enfin, peut se faire dans une logique purement financière (en échange d'un retour sur investissement), mais aussi dans une logique stratégique (entrée au capital de partenaires stratégiques, comme un fournisseur-clé, ou diversification d'activité). Il peut prendre différentes formes : du prêt (comme le propose la Deutsche Bank avec son Start-up Fund), du Capital Risque (American Express Ventures en est un exemple), ou bien du private equity (à l'image de L Capital, le fonds de LVMH). 

Quels bénéfices à en tirer pour les start-up? 

Outre l'accès à des sources de financement, les start-up qui collaborent gagnent en crédibilité vis-à-vis de leurs clients, ainsi qu'en termes de communication (une stratégie de co-marketing peut être mise en place entre la start-up et le grand groupe). C'est notamment le cas de Spotify, cité dans l'étude, qui a développé une campagne de communication conjointe avec Coca-Cola : le logo de la start-up était visible sur les canettes de la marque de soda. 

Ce type de partenariat peut également permettre aux start-up d'accéder à certaines ressources inaccessibles à des entreprises de petite taille (réseau de distribution structuré, fournisseurs de premier rang, etc.). BMW, via son accélérateur BMW Start-up Garage, donne accès à ses fournisseurs aux start-up sélectionnées. 

Les grands groupes, quant à eux, s'inspirent du fonctionnement des start-up et de la rapidité d'exécution qui les caractérisent pour déployer leurs projets plus rapidement. C'est la motivation de Mark Parker, CEO de Nike, cité dans l'étude : «Une de mes peurs est de devenir une de ces grosses entreprises bureaucratiques, lentes, qui se satisfont de leurs succès». 

Les grandes entreprises voient également dans la collaboration avec des start-up un moyen d'être perçues comme plus innovantes, et donc d'attirer de nouveaux talents, issus des générations Y et Z. La collaboration avec des start-up est enfin un moyen de développer une culture de l'expérimentation au sein de leurs organisations. 

L'enjeu principal pour les entreprises qui mettent en place ce type de démarches d'open-innovation pour la première fois sera donc de trouver un projet cohérent avec leurs objectifs, qu'elles pourront tester à moindres frais, tout en collectant des retours significatifs pour dégager de nouvelles ressources à y allouer, selon les principes du «lean management» cher aux start-up. 

[tabs] [tab title= « Les chiffres clés »]

  • 52,4% des 500 plus grandes entreprises mondiales collaborent avec des start-up
  • 61,7% des licornes du Wall Street Journal ont un industriel parmi leurs actionnaires
  • 94% des entreprises du secteur pharmaceutique sont engagées dans une démarche de collaboration avec une start-up, pour 85% des entreprises du secteur des télécoms, et 64% des grandes banque étudiées
  • 92% des grandes entreprises françaises, contre 45% des grandes entreprises américaines, ont leur programme de collaboration avec des start-up
  • Les 100 plus grosses entreprises du classement Forbes sont deux fois plus engagées avec des start-up que les 100 dernières (68% contre 32%)

 

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VOIR L'étude en entier

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Claire Spohr

Chargée d'études au sein de la rédaction.

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