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Airbnb attaque en justice la ville de San Francisco

Pour la première fois depuis sa création en 2008, Airbnb se retourne en justice contre le législateur. La plateforme de location de logements de particuliers a annoncé sur son blog entamer une procédure contre la ville de San Francisco pour faire invalider la loi qu'elle a voté début juin. Celle-ci oblige les loueurs à se déclarer auprès de la mairie et à s'acquitter d'un forfait de 50 dollars. Cette décision intervient alors qu'Airbnb voulait montrer jusqu'ici sa bonne volonté aux responsables locaux, en publiant par exemple la complexe procédure d'enregistrement à laquelle sont sensés se soumettre les loueurs de San Francisco.

Fondée d'ailleurs à San Francisco, la plateforme ne s'est lancée dans la ville de la Côte Ouest qu'en 2012, après avoir conquis les villes européennes. «Cette une étape sans précédent pour nous, que nous ne prenons pas à la légère, mais nous pensons que c'est la meilleure manière pour nous de défendre nos hôtes et leurs résidents (…) Cette législation va pénaliser des résidents quotidiens (…) Elle viole les lois fédérales », affirme la plateforme. Si Airbnb refuse de se plier à la loi de la ville, elle encourt une amende de 1 000 dollars par jour passés par un hôte dans l'illégalité.

Un tournant dans la stratégie juridique

Or, d'après un journal local, ce sont plus de 7 000 logements référencés à San Francisco et 5 000 hôtes / loueurs, soit plusieurs hôtes louant plusieurs propriétés. Ce serait 80% des logements qui seraient dans l'illégalité, et seuls un peu plus de 1 080 logemens seraient effectivement enregistrés, d'après un rapport publié par la Ville et repris par le média.  

Dans chaque ville où elle cherche à s'étendre, Aibnb négocie au cas par cas sur chaque point de la loi qu'elle peut mettre à son avantage. Quelques semaines avant San Francisco, elle se félicitait par exemple des concessions obtenues auprès de la ville de Chicago. Mais alors qu'elle tente aussi de trouver le compromis à Paris, cette procédure pourrait bien être un tournant et amorcer une nouelle phase dans sa stratégie juridique. Jusqu'ici, le site américain communiquait sur les apports économiques qu'elle générait dans une ville au travers de ses études internes. A San Francisco, les résidents auraient ainsi généré plus de 56 millions de dollars dans les dépenses locales et maintenus 430 emplois en 2012. Sur la côte Ouest, elle met en avant des durées de séjour court, ce que conteste la presse qui évoque de nombreux biens occupés plus de 90 jours, notamment à cause de l'attractivité de la Silicon Valley voisine.

Lire aussi: Airbnb, Uber… La Commission européenne ménage les intérêts des Etats et des plateformes

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Jeanne Dussueil

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