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Que deviennent les pure players de l’information ?

Rue 89, NewsRing, Atlantico, le Huffington Post, Mediapart, Le Lab… Ces pure players ont débarqué sur nos écrans il y a quelques années avec des modèles économiques alternatifs et l’envie de donner un nouveau souffle à l’information. Où en sont-ils aujourd’hui ?

L’objectif premier des pure players est, outre l’indépendance, de répondre aux nouvelles attentes des consommateurs d’actualité, c’est à dire offrir, en plus de l’information, une opinion, des commentaires, des interrogations, des débats…Mais aussi la possibilité de participer à l’information.

Cela, Rue 89 l’a parfaitement compris. Dès son lancement en 2007, le pionnier du modèle « pro-am » (professionnel/amateur) place le participatif au cœur de son projet en produisant une information à trois voix: journaliste, expert et internaute.

Pour Pascal Riché, rédacteur en chef de Rue 89: « l’information ne doit plus être octroyée du journaliste vers le lecteur, dans une relation verticale, mais devrait être une conversation avec le lecteur, qui peut poser une question, critiquer, apporter une expertise. » Le journaliste, quant à lui, est disponible, dans un esprit d’échange avec les internautes. Avec 27 salariés dont 16 journalistes, Rue 89 rassemblait près de 2M de VU sur les mois de mai et juin 2011.

Le modèle publicitaire

Côté modèle économique, Rue 89 est depuis sa création entièrement gratuit et financé par la publicité, mais aussi par son offre de formation journalistique et ses prestations de services d’agences web. Néanmoins, le business model gratuit/publicité a ses limites, et le site ne se développe plus ou peu. En décembre 2011, le Nouvel Observateur rachète Rue 89. Une étape de confort pour la pérennité du site qui pour les uns, prouve le succès de l’information en ligne et pour les autres, est une perte d’indépendance, la faillite du « tout gratuit ». Depuis ce rachat, le site a pu néanmoins embaucher quelques personnes et va se développer sur le 2e écran avec une application sur tablettes et l’édition de livres numériques.

Le pari de l’abonnement

La concurrence est rude, gratuit ou payant, les différents sites cherchent encore leur équilibre. Mediapart est l’unique pure player à avoir misé sur le modèle payant. Les lecteurs doivent s’abonner (en moyenne 9€/mois) pour accéder à tous les contenus proposés. Créé en mars 2008, il serait parvenu à trouver un équilibre financier depuis octobre 2010. Il rassemble aujourd’hui une trentaine de journalistes et a réussi le pari de dépasser les 55 000 abonnés. Sa marque de fabrique ? Le traitement de l’information en plusieurs épisodes, sous forme de saga.

Pour attirer l’audience et par conséquent financer leur activité, les pure players doivent trouver un positionnement clairement identifié par les internautes. la première génération de Rue 89, Médiapart, Atlantico et même Huffington Post (lancé en novembre 2011) se veut généraliste. La seconde, elle, innove : une approche différente de l’information, des sujets ciblés, tout est fait pour se différencier de la concurrence online.

Le modèle premium

Chez OWNI par exemple, on se spécialise dans le data-journalisme. Pas de pub, pas d’abonnement. Le site, créé en 2009, est financé par une société de développement web. Le modèle économique d’OWNI, tel qu’il est aujourd’hui, fonctionne sur l’information gratuite couplée de contenus payants spécifiques avec une vraie valeur éditoriale ajoutée. Ceux-ci, en vente sur l’App Store ou Amazon, sont en majorité des livres et des contenus numériques. Son objectif: devenir autonome d’ici deux ans.

Autre pure player spécialisé : Quoi.info, un des petits nouveaux de l’année 2011. Le site a pour vocation de rendre l’actualité compréhensible par tous en traitant l’information sous forme de fiches synthétiques répondant toujours à une question d’actualité. A sa création, il affichait un objectif de 400 000 VU en ciblant les étudiants et jeunes actifs de 25-34 ans. Aujourd’hui et après 8 mois d’activité, Quoi.info compte 200 000 VU et continue tranquillement son ascension.

Sa newsletter quotidienne, sa présence sur les réseaux sociaux et surtout l’interaction avec les journalistes qui répondent en personne aux commentaires lui ont permis d’acquérir un lectorat fidèle. Autre particularité , une bourse aux question lui permet de traiter les sujets qui intéressent les lecteurs.

La stratégie de base de Quoi.info était de proposer un site gratuit, financé par les revenus publicitaires. Aujourd’hui, le pure player travaille sur la deuxième phase de son projet : les services payants (abonnement « Premium » pour les lecteurs), la refonte et l’amélioration de la proposition éditoriale, et le développement de la partie servicielle payante sur PC, mobiles et tablettes.

Malgré les difficultés qu’ils rencontrent pour fidéliser leur audience et suivre leur business model, les pure players sont encore sur pieds, et ils représentent aujourd’hui, comme chacun le pressent, l’avant garde des nouveaux modes de fonctionnement de la presse.

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3 thoughts on “Que deviennent les pure players de l’information ?”

  1. Hello, chouette article !

    Il y a aussi StreetPress (http://www.streetpress.com/) qui fait le choix d’une triple casquette (bon d’après ce que j’ai compris) :
    – pure player
    – structure de formation pour journalistes web
    – agence pour réaliser des contenus sur commande (à la mairie du XIXème par exemple)

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