REVOX: le marketing automation s’attaque enfin au téléphone, la startup lève 2,5 millions d’euros
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Canal critique pour le recouvrement, la qualification commerciale, le recrutement ou certaines opérations B2B, le téléphone est resté à l’écart des grandes vagues d’automatisation qui ont transformé l’email, le messaging ou les outils CRM. Non par désintérêt, mais parce que l’automatisation de la voix s’est historiquement heurtée à l’échec massif des robocalls et de mauvaises pratiques qui ont agacé les plus patients d’entre nous.
Revox part précisément de ce constat. Si l’automatisation vocale a échoué par le passé, ce n’est pas parce que la voix serait réfractaire à la technologie, mais parce qu’elle a été abordée avec des outils limités et de mauvaises pratiques.
Un canal qui a changé de nature
Le téléphone d’aujourd’hui n’est plus celui des années 2000. Messageries vocales sophistiquées, serveurs IVR, filtres anti-spam, call screening intégré aux systèmes d’exploitation mobiles : l’appel sortant est devenu un environnement technique fragmenté.
Dans ce contexte, l’inefficacité n’est pas marginale. Lorsqu’un appel sortant n’aboutit pas à un interlocuteur réel, ce qui représente aujourd’hui la majorité des cas au premier contact, il mobilise néanmoins du temps, des ressources et de l’attention, sans produire d’information exploitable.
Or cette perte ne remonte presque jamais dans les indicateurs de pilotage. Les tableaux de bord mesurent le nombre d’appels passés, parfois leur durée, mais rarement le temps réellement consommé par les tentatives infructueuses. À l’échelle d’une équipe, ces appels sans réponse finissent par structurer le coût opérationnel : ils allongent les cycles, fragmentent le travail humain et dégradent la productivité, sans apparaître comme tels dans les KPI traditionnels.
Revox ne cherche pas à « humaniser » la machine, mais part du constat que le téléphone est devenu trop complexe pour être géré efficacement par l’humain seul.
De la voix comme interaction à la voix comme infrastructure
La singularité de Revox tient à son positionnement. Là où les approches précédentes tentaient d’imiter une conversation humaine, Revox traite l’appel sortant comme un canal automatisable, à l’image de ce qui se fait aujourd’hui dans le marketing automation.
La plateforme prend en charge la complexité technique du téléphone contemporain : elle distingue en temps réel le type de répondant, orchestre automatiquement les tentatives de rappel, ajuste les appels aux fuseaux horaires et aux plages autorisées, et gère les contraintes liées aux opérateurs et à la latence. Les échanges ne sont pas seulement enregistrés ou transcrits : ils sont structurés, qualifiés et restitués sous forme de données directement exploitables par les outils métiers.
Une double cible assumée : opérations et développeurs
Revox a conçu son produit pour deux publics distincts. D’un côté, les équipes opérationnelles peuvent lancer des campagnes en important simplement leurs données, en sélectionnant une voix multilingue et en suivant les appels en temps réel. De l’autre, les développeurs disposent d’une API typée, de webhooks événementiels et d’une logique d’intégration alignée sur les standards du cloud.
Une levée de fonds en pré-seed
Revox vient de lever 2,5 millions d’euros en pré-seed. Le tour réunit notamment Seedcamp, Kima Ventures, Purple Fund, OPRTRS CLUB, Drysdale Ventures, Firedrop, Tiny Supercomputer Investment Company, ainsi que plusieurs business angels issus de l’écosystème IA et produit, dont Stanislas Polu et Gabriel Hubert (Dust), ainsi qu’Alex Yazdi (BeReal).
Aux manettes de la startup, Aric Lasry, cofondateur, est issu de l’ingénierie de systèmes critiques, avec une expérience sur les couches profondes du logiciel acquise notamment chez Apple et dans la conduite autonome. Entrepreneur de longue date, il a cofondé Producteev et Hellobill, et dirigé des équipes techniques en phase de scaling chez WeWard. À ses côtés, Jean-Baptiste de La Fage, cofondateur et CPO, a fondé Plume, une plateforme géospatiale reposant sur l’IA et soutenue par Y Combinator, avant de travailler sur des agents vocaux pour différents contextes opérationnels.







