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Coup de théâtre à Hollywood : NETFLIX abandonne le projet d’acquisition de Warner Bros.

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Le retrait de Netflix de son projet d’acquisition des actifs studios et streaming de Warner Bros. Discovery met un terme à un scénario digne de Wall Street où se sont mêlées logique industrielle, rivalité financière et politique. L’opération a finalement été supplantée par une offre globale portée par Paramount Skydance, jugée supérieure par le conseil d’administration de WBD. Netflix a refusé d’entrer dans l’escalade, préférant préserver son équilibre financier plutôt que de payer une prime dictée par le rapport de force, au moment même où chaque mégafusion médiatique devient un dossier éminemment politique.

Un objectif industriel précis

Le projet initial de Netflix ne relevait pas d’une logique de conquête à tout prix et visait un périmètre ciblé, à savoir les activités studios et streaming de Warner Bros Discovery. L’ambition était d’intégrer des franchises mondiales et de renforcer une capacité de production intégrée à grande échelle.

Warner Bros représente un portefeuille d’IP parmi les plus puissants de l’industrie, combinant cinéma, séries et animation. Pour Netflix, l’opération aurait permis d’approfondir son catalogue et de consolider son accès à des franchises internationales installées. Elle s’inscrivait dans une logique de maîtrise créative et de sécurisation de contenus différenciants.

Les dirigeants du groupe avaient indiqué que « l’opération négociée aurait créé de la valeur pour les actionnaires avec une voie claire vers une approbation réglementaire ».

L’offre globale de Paramount, un changement d’échelle

La dynamique a évolué lorsque Paramount Skydance a relevé son offre à 31 dollars par action, intégralement en numéraire, pour l’ensemble de WBD. Là où Netflix ciblait un segment stratégique, Paramount proposait une absorption totale, incluant également les chaînes comme CNN, TNT et TBS.

Cette différence de périmètre modifie profondément la nature de la transaction. L’offre de Paramount ne se limitait pas à un renforcement du streaming et visait une recomposition complète d’un groupe médiatique intégrant production, diffusion linéaire et plateformes numériques. Le conseil d’administration de WBD a estimé cette proposition supérieure, tant par le prix que par la clarté de son schéma industriel.

Pour Netflix, la situation changeait de dimension et impliquait d’entrer dans une confrontation financière sur un rachat global, plus coûteux.

Une opération à forte portée politique

Au-delà de l’arbitrage financier, le dossier Paramount–Warner Bros. Discovery s’est progressivement chargé d’une dimension politique difficile à ignorer. L’offre portée par David Ellison, soutenue financièrement par son père Larry Ellison, fondateur d’Oracle, place l’opération au croisement de la tech, des médias et des cercles de pouvoir.

Le président Donald Trump a lui-même rompu avec la réserve habituellement observée dans ce type de transaction en déclarant qu’il serait « impliqué » dans son issue, commentant publiquement le rôle de Netflix et de Paramount. Deux jours après avoir encouragé Netflix à écarter une administratrice du conseil, Susan Rice, ancienne conseillère à la sécurité nationale, Ted Sarandos s’est rendu à la Maison-Blanche pour des réunions avec des conseillers présidentiels et des responsables du département de la Justice. Si cette visite était planifiée de longue date, sa concomitance avec les prises de position présidentielles souligne le degré de politisation du dossier.

Pourquoi surenchérir n’avait pas de sens

Face à l’offre de Paramount, Netflix disposait de la faculté d’ajuster sa proposition, mais les dirigeants ont finalement dit non : « Nous avons toujours été disciplinés et, au prix nécessaire pour égaler la dernière offre de Paramount Skydance, l’opération n’est plus financièrement attractive. »

S’aligner aurait impliqué un engagement financier nettement supérieur et l’intégration d’actifs qui ne correspondaient pas au cœur de la stratégie du groupe, notamment dans la télévision linéaire. L’exposition réglementaire aurait également été plus large, avec une incertitude accrue sur les conditions d’approbation.

Un signal apprécié par le marché

La réaction boursière a été favorable à Netflix, traduisant une lecture positive du renoncement. Les investisseurs semblent avoir privilégié la discipline financière à la perspective d’une expansion spectaculaire mais risquée.

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