IN THE LOOPLES LEVEES DE FONDSUS

xAI : un tour de table de 20 milliards de dollars qui éclaire sur l’évolution du financement de l’IA

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Si le financement de 20 milliards de dollars annoncé par xAI retient dans un premier temps l’attention par son ampleur, l’opération illustre surtout une évolution plus large dans la manière de financer l’intelligence artificielle.

Cette nouvelle structuration financière fait écho à la lecture proposée récemment par Jensen Huang lors du CES 2026. Selon le dirigeant de Nvidia, l’IA repose sur un modèle qui diffère du modèle logiciel à coûts marginaux faibles, et doit être considéré comme une infrastructure productive reposant sur des coûts fixes élevés, où le capital, l’énergie et les rendements d’échelle deviennent déterminants. Ce changement modifie la nature du cycle technologique, ce qui nécessite d’autres outils financiers, que ceux habituellement mobilisés.

C’est à cette aune que doit se lire le tour de table de xAI qui n’est pas une simple levée de fonds. Depuis 2024, l’entreprise fondée par Elon Musk a déjà levé près de 10 milliards de dollars en fonds propres et en dette. Ces financements successifs ont permis de faire face aux dépenses élevées, liées à l’entraînement de modèles de grande taille, à l’acquisition de capacités de calcul et à l’exploitation de data centers à forte intensité énergétique.

Une structuration pensée pour isoler le risque

Selon des informations relayées par Bloomberg, ce nouveau tour de table combinerait environ 7,5 milliards de dollars en equity et jusqu’à 12,5 milliards de dollars de dette, cette dernière étant logée dans un véhicule dédié. L’objectif de ce véhicule serait l’acquisition de GPU, ensuite loués sur plusieurs années, afin de générer des flux permettant le remboursement des investisseurs.

Ce schéma introduit une séparation plus nette entre le financement de l’entreprise et celui de ses actifs matériels. La dette serait ainsi adossée aux équipements eux-mêmes, et non directement à la performance future de xAI. Une approche qui vise à limiter l’exposition au risque opérationnel, sans pour autant supprimer les incertitudes liées à l’évolution des usages et des prix du calcul.

Des investisseurs aux profils complémentaires

La composition du tour reflète cette logique, on y retrouve à la fois des acteurs du capital-investissement et de la gestion d’actifs à l’instar de Valor Equity Partners, StepStone Group, Fidelity Management & Research, Baron Capital Group, MGX, ainsi que le fonds souverain du Qatar, Qatar Investment Authority.

La présence de Nvidia, fournisseur central des capacités de calcul de xAI, ajoute une dimension industrielle à l’opération, et contribue à sécuriser l’accès aux GPU, tout en illustrant l’imbrication croissante entre financement et chaîne d’approvisionnement dans l’IA. Le bras investissement de Cisco Systems complète cet ensemble, rappelant l’importance des infrastructures réseau dans ces architectures.

Le calcul comme actif finançable

Ce montage met en lumière une évolution du financement de l’AI qui considère que la capacité de calcul tend à être traitée comme un actif à part entière, susceptible d’être financé, amorti et monétisé indépendamment des résultats commerciaux des applications. Le GPU devient un élément central de l’équation économique, sans pour autant garantir, à lui seul, la création de valeur à long terme.

Un signal parmi d’autres pour le secteur

Le cas xAI ne constitue pas nécessairement un modèle généralisable, mais il fournit un point d’observation utile sur la manière dont le financement de l’IA évolue. À mesure que les coûts fixes augmentent, les outils issus de la finance d’infrastructure semblent trouver une place croissante aux cotés de ceux du capital-risque traditionnel.

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