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[3 questions à] Louise Hain : « La masse critique, l’un des principaux défis de l’économie collaborative »

En collaboration avec l’association OuiShare, Bercy a organisé ce matin un atelier de travail sur l’économie numérique collaborative. Pour l’occasion, près de 70 chefs d’entreprise, représentants d’associations, et membres des différents services du ministère ont répondu présents pour participer à ce premier « Bercy Jam ». Objectif de la matinée : réfléchir aux impacts positifs de ce secteur sur l’économie, et en quoi il rejoint les missions d’intérêt général de l’Etat.

Les détails avec Louise Hain, de Ouishare. Le collectif regroupe aujourd’hui une communauté de près de  600 membres en Europe et en Amérique Latine, une soixantaine de contributeurs sur le magazine en ligne, une cinquantaine de connecteurs thématiques et locaux et un noyau dur d’une trentaine de personnes.

[FW] Quelles sont les grandes idées qui ont émergé à la suite de cette matinée de réflexion ?

Louise Hain: « La matinée a été divisée en deux sessions. L’une était consacrée à l’impact positif de l’économie numérique collaborative, l’autre aux leviers que le gouvernement peut activer pour soutenir ce secteur. A chaque fois, les participants étaient réunis en 6 groupes. Les principales pistes qui ont été évoquées s’appuyaient sur de grandes thématiques comme l’éducation, l’alimentation, la consommation et la production. A titre, d’exemple, le déploiement des Moocs a été mis en avant avec en outre la création d’une base de données publique de cours et le développement de tiers lieux dédiés. La question de l’intrapreuneuriat a également été évoquée. Plusieurs idées ont également émergé lors de la deuxième session. L’idée d’un barème fiscal a ainsi été développée pour répondre aux problématiques du statut de travailleur. L’Etat pourrait également intervenir pour accorder davantage de visibilité à certaines initiatives. L’idée est également d’impliquer les citoyens dans le financement public des projets par un système de vote. Dernier point de friction identifié : les nombreuses difficultés liées aux démarches administratives. A présent, nous comptons donner une suite à cette matinée en rédigeant notamment une synthèse des différentes propositions et en essayant de multiplier les ateliers de ce type. »

[FW] Quelles ont été les remarques et annonces faites par Fleur Pellerin dans le cadre de cet atelier ?

Louise Hain: « Fleur Pellerin est intervenue lors de la restitution des conclusions des ateliers. Elle a jugé certaines propositions intéressantes dont celle de remplacer le paiement classique des impôts par un paiement en nature. L’idée serait par exemple de régler ses impôts en réalisant différentes participations concrètes au niveau des collectivités. Plus généralement, la ministre de l’Economie numérique a rappelé l’intérêt que le gouvernement portait aux différents enjeux et initiatives de l’économie collaborative. L’idée serait de créer des ponts en lançant par exemple des appels à projets ciblés, d’organiser des groupes de travail sur le statut des travailleurs ou encore de développer différents espaces de dialogue autour de ce sujet. Dans cette optique, Fleur Pellerin a également annoncé le lancement d’un appel à projets autour des Fablabs pour créer un véritable tissu national. Les candidats ont jusqu’au mois de septembre pour postuler. »

D’après vous, quels sont les principaux défis que doivent encore relever les acteurs de l’économie collaborative ?

Louise Hain: « Je pense que le premier défi est celui de la masse critique. Il existe de très nombreux services mais une grande partie peine à trouver une certaine visibilité et un business model viable. Un autre challenge de taille repose sur la question de la confiance. Cela passe notamment par la régulation et je pense que des modalités claires sont indispensables pour que les citoyens puissent adhérer à certains services. Un autre point clef est l’expérimentation en faisant la part belle au processus d’itération. Unifier le statut du travailleur constitue également un enjeu de taille. Aujourd’hui, il ne s’agit plus d’une simple relation client/entreprise. Les cartes sont redistribuées et un consommateur devient aussi acteur. Enfin, il me semble que travailler sur les valeurs de l’économie collaborative est indispensable. Les entreprises doivent vraiment jouer le jeu de communautés durables, implantées sur des territoires précis avec différents points de relais humains. »

La rédaction

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