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[3 questions à] Thomas Jestin (KRDS): « Nous n’excluons pas certaines acquisitions en Europe »

Après Singapour, l’agence social media KRDS renforce sa présence en Asie avec l’ouverture d’une entité à Shanghai. Cinq ans après sa création, l’agence spécialiste de Facebook emploie une centaine de collaborateurs à travers le monde et compte près de 300 clients, dont Peugeot, Air France, L’Oréal, LVMH ou encore Nestlé, Danone et Veuve Clicquot.

Après avoir finalisé une levée de fonds à 7 chiffres en septembre 2011, KRDS entend poursuivre son développement en Europe et en Asie et n’exclut pas le continent africain. Les détails de son activité et de sa stratégie de croissance avec Thomas Jestin, co-fondateur.

[FW] À ce jour, KRDS revendique avoir réalisé plus de 500 campagnes. S’il fallait revenir sur une opération en particulier, laquelle choisiriez-vous ?

Thomas Jestin: « Difficile de choisir. On peut par exemple citer la campagne que nous avons réalisé pour le compte de Peugeot. Le constructeur souhaitais augmenter son nombre de fans sans toutefois entrer dans une logique de jeu concours avec des cadeaux à la clé. Nous avons donc décidé de nous servir de l’actif graphique de la marque en articulant une campagne autour de la phrase « La Peugeot de ta naissance ». Lorsque les internautes « likaient » la page Facebook de Peugeot, ils découvraient alors la photo du véhicule sorti lors de leur année de naissance. Ludique, l’opération se poursuivait avec un quizz à partager avec ses amis. En un mois, Peugeot a gagné près de 200 000 fans et a bénéficié, au total, de 5 millions d’impressions sociales. Je me souviens également de l’application de pronostics de matchs de la Ligue 1 mise en place pour Canal Plus. Lancée en 2009, elle bénéficie encore d’un rythme de croisière de 100 000 utilisateurs par mois et a généré sur la saison 2012/2013 près de 400 millions d’impressions sociales. »

[FW] Pourquoi privilégier un développement sur le marché asiatique, et plus récemment en Chine alors que l’utilisation de Facebook y est très limitée ?

Thomas Jestin: « Avant de nous lancer sur un marché nous étudions plusieurs indicateurs : la taille de la « users base », puis le pouvoir d’achat (qui nous a permis d’écarter l’Indonésie par exemple) et enfin la structure de marché. Nous avons donc décidé de ne pas nous lancer dans les pays anglophones ou en Amérique Latine où le marché est beaucoup plus concurrentiel et où le risque et le coût d’installation sont beaucoup plus élevés. Nous sommes dans une logique de test. Si cela ne fonctionne pas, nous nous retirons. Par exemple, 6 mois après l’ouverture d’un bureau en Allemagne nous avons décidé de fermer l’entité. Quant au cas spécifique de la Chine, nous voulons agir en trois volets. D’abord accompagner nos marques clientes existantes sur le marché chinois, puis nous adresser à d’autres marques internationales. Nous comptons, enfin, aider les marques chinoises aux ambitions internationales à communiquer hors de Chine sur Facebook. Il y a la barrière de la langue, bien sûr, mais nous avons notamment recrutée une consultante Social Media française totalement sinophone pour débuter puis nous comptons étoffer les équipes avec des collaborateurs chinois. Pour l’aspect technique aucun problème, puisque nous avons, par exemple, constaté que Sina Weibo proposait une plateforme ouverte aux développeurs très similaire à ce que nous connaissons sur Facebook »

[FW] Quels sont vos prochains axes de développement ?

Thomas Jestin: « Si cela se passe bien à Shanghai, je pense que nous ouvrirons également un bureau à Pekin. Nous comptons également renforcer notre présence en Europe. Deux stratégies seront déployées : travailler avec les agences en sous-traitance ou développer une stratégie de croissance externe. Nous n’excluons pas, ainsi, de réaliser certaines acquisitions sur ce marché. Par ailleurs, nous envisageons également de poser nos valises en Afrique notamment dans les pays francophones mais aussi au Nigeria, qui compte près de 100 millions d’habitants et dont une grosse proportion présente une véritable addiction à Facebook. Enfin, nous n’excluons pas, non plus, d’ouvrir une entité à Dubaï pour marcher dans les pas de Facebook, qui a récemment ouvert un bureau là-bas. »

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La rédaction

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