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Amazon: en France, quelles alternatives face à la suprématie du géant américain

AFP

Des responsables politiques ont pris l’engagement d’un « Noël sans Amazon » et des solutions alternatives existent, puisque si le géant américain est le premier acteur de la vente en ligne en France, il est loin d’y être incontournable. De loin premier e-commerçant en France, Amazon détient quelque 16,5% du marché français des biens physiques vendus en ligne, si l’on inclut les grandes surfaces alimentaires dans l’équation (7,4 milliards d’euros sur un marché des biens physiques vendus en ligne de 44,5 milliards d’euros sur un an), selon de récentes estimations du panéliste Kantar. Lui revendique peser « à peu près 1% » du commerce de détail en France.

Quels sont les autres e-commerçants?

Les Français commandent « trois fois plus en ligne chez des e-commerçants français que chez Amazon », assure sur Twitter le secrétaire d’Etat au numérique, Cédric O. Car il existe des e-commerçants français: le numéro 2, CDiscount, appartient au groupe Casino, même si la branche e-commerce du groupe CNova est basée aux Pays-Bas. Les autres places fortes de la vente en ligne, dans l’ordre (selon Kantar) Veepee, FnacDarty, Showroomprivé, Boulanger, sont français eux aussi.

« Notre ambition commune, ça ne doit pas être une ambition défensive, mais offensive, c’est de faire de Showroomprivé ou de Mirakl des très grandes entreprises du e-commerce », a encore déclaré Cédric O vendredi, lors de la présentation par Showroomprivé des nouvelles ambitions en matière de Responsabilité sociale et environnementale (RSE), et du lancement d’une place de marché numérique avec Mirakl.

Place de marché « made in France »?

Le modèle de nombreux e-commerçants, la place de marché numérique sur laquelle des tiers viennent vendre leurs produits, est le point fort de Mirakl, qui a réalisé en septembre la plus grosse levée de fonds pour une start-up française (300 millions de dollars, 255 millions d’euros). Pour son co-fondateur Philippe Corrot « le meilleur moyen de contrer Amazon, c’est de se digitaliser pour aller le battre sur son terrain et celui du service au client », car le géant américain « est une entreprise qui existe depuis 25 ans, qui fait bien son métier et qui sert bien ses clients ».

Petite nuance, quand même: il faut que la compétition ait lieu « dans un environnement de concurrence saine et loyale », ajoute-t-il. « La Commission européenne présentera début décembre deux textes de régulation du numérique », a plaidé sur ce dernier point Cédric O sur Twitter. Fin octobre, 137 pays négociant sous l’égide de l’OCDE ont échoué à trouver un accord pour que les grandes entreprises du numérique « paient leur juste part d’impôt », mais l’instance s’est dite confiante d’aboutir d’ici à la mi-2021.

Et au niveau local?

Les commerçants ne sont pas restés bras croisés depuis que bon nombre d’entre eux ont dû fermer, pour endiguer l’épidémie de Covid-19. Intermarché et Carrefour, par exemple, ont proposé aux commerces fermés de mettre leurs produits en vente sur leurs places de marché numériques respectives, toutes deux développées par Mirakl. Et pas besoin d’être un acteur à plusieurs milliards de chiffre d’affaires. Exemple parmi tant d’autres: désireux de faire perdurer leur marché de Noël malgré le reconfinement, les organisateurs du « Marché de Noël durable » de Roubaix lanceront le 1er décembre un site dédié rassemblant les produits des exposants qui auraient dû prendre place en face de la célèbre Piscine de la ville du Nord.

Cela a été rendu possible par la double casquette d’exposants brasseurs mais aussi « incubateurs de produits digitaux », « qui nous ont proposé cette aide et nous ont facilité la tâche », explique Loic Trinel, directeur de l’Office du tourisme roubaisien. Les clients pourront retirer leurs achats de Noël « à l’office du tourisme », poursuit-il, y voyant « un bon galop d’essai » pour une structure permanente de place de marché en ligne.

Et à long terme?

Toutefois, tout le monde n’a pas la chance d’avoir un développeur informatique à disposition. « La bonne approche, c’est d’essayer de renforcer tous les moyens d’accélération de la numérisation » des commerces, explique Fabien Versavau, le PDG France du groupe japonais Rakuten, « d’essayer d’être un pays sur le devant de la scène en termes d’investissement durable et responsable, plutôt que de refuser le bénéfice apporté par la technlogie ». Yohann Petiot, directeur général de l’Alliance du commerce, une association de fédérations professionnelles notamment dans l’habillement, plaide pour que « la transformation digitale des commerces » soit intégré au « plan de relance » de l’économie française.

La rédaction

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