NELSON lève 3 millions d’euros pour structurer l’électrification des flottes automobiles par la donnée
📩 Pour nous contacter: redaction@fw.media
L’électrification des flottes automobiles d’entreprise s’impose progressivement comme une contrainte réglementaire, fiscale et environnementale. Mais derrière cet impératif, la réalité opérationnelle demeure complexe : arbitrage entre thermique et électrique, gestion des infrastructures de recharge, pilotage des coûts, incertitudes sur les usages.
Fondée en 2022 par Alfred Richard (CEO), Inès Multrier (co-CTO), Julien Bou Abboud (COO) et Octave Locqueville (co-CTO), NELSON propose une plateforme qui exploite les données existantes des flottes (trajets, carburant, recharges) afin d’accompagner les entreprises dans la planification et l’exploitation de leurs véhicules. L’approche de la startup repose sur des algorithmes de simulation et des jumeaux numériques, conçus pour modéliser différents scénarios d’électrification et en mesurer les impacts opérationnels et financiers. L’objectif n’est pas de fournir un actif ou une infrastructure, mais de rendre les décisions pilotables.
Dans un marché où interviennent constructeurs, loueurs et opérateurs de recharge, Nelson revendique une position de tiers indépendant. La plateforme agrège les données issues de ces différents acteurs pour produire des recommandations opérationnelles. Ce positionnement vise à répondre à une difficulté souvent évoquée par les entreprises : l’absence d’un outil centralisé permettant de concilier contraintes terrain, objectifs de décarbonation et maîtrise budgétaire.
La complexité de la transition tient notamment à la coexistence de flottes hybrides. Comme le souligne Alfred Richard, CEO de Nelson : « La gestion d’une flotte mi-thermique, mi-électrique est bien plus complexe. D’un côté, les contraintes opérationnelles du VE inquiètent encore et de l’autre, l’écosystème de la recharge est surpeuplé. C’est là que Nelson intervient : une couche d’intelligence pour accompagner chaque décision pendant la transition et redonner du contrôle sur un budget recharge qui peut vite exploser. »
Cette proposition trouve un écho auprès de grands comptes confrontés à ces enjeux. En 2026, Nelson revendique une cinquantaine de clients, parmi lesquels Orange, Dalkia (EDF) ou Schindler, représentant plusieurs dizaines de milliers de véhicules. La société indique gérer environ 50 000 véhicules, thermiques et électriques confondus, et avoir triplé son chiffre d’affaires en 2025, des indicateurs qui suggèrent une adoption progressive sur le segment des grandes flottes.
Le contexte macroéconomique et énergétique renforce cette dynamique. L’instabilité des prix du pétrole et les objectifs européens de décarbonation accélèrent les stratégies d’électrification. Dans ce cadre, la capacité à simuler, planifier et piloter la transition devient un enjeu aussi important que l’acquisition des véhicules eux-mêmes. L’électrification ne relève plus uniquement d’un choix technologique, mais d’un problème d’optimisation multi-variable, où la donnée occupe une place centrale.
Pour accompagner sa croissance, Nelson a structuré son offre autour de plusieurs modules couvrant les différentes dimensions de la transition : planification de l’électrification, gestion des infrastructures, calcul du coût total de possession et pilotage de la recharge. Cette approche modulaire traduit une ambition de plateforme, capable d’intervenir à chaque étape du cycle de décision.
Nelson annonce avoir levé 3 millions d’euros en Seed auprès d’Asterion Ventures, avec la participation de La Poste Ventures (fonds du groupe La Poste géré par XAnge), EIT Urban Mobility, Climate Club et plusieurs business angels.
Les ressources seront consacrées à l’amélioration des algorithmes, au recrutement de profils techniques et à l’accélération commerciale, avec l’objectif d’étendre la base clients en France puis en Europe. La société vise à atteindre 100 000 véhicules électrifiés et gérés d’ici 2030, en se positionnant comme un acteur de référence dans le pilotage de la transition.
Au-delà de l’apport financier, l’entrée de La Poste Ventures illustre également l’intérêt d’acteurs industriels confrontés directement à ces enjeux. Le groupe La Poste, qui dispose de l’une des plus importantes flottes électriques en France, apporte une expertise opérationnelle susceptible d’alimenter le développement produit.
- GAMESTOP lance une offre non amicale de 55,5 milliards de dollars sur EBAY pour se repositionner dans le recommerce - 04/05/2026
- NELSON lève 3 millions d’euros pour structurer l’électrification des flottes automobiles par la donnée - 04/05/2026
- Les événements à ne pas rater pour comprendre la montée en puissance du quantique en 2026 - 04/05/2026







