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[Crise] Comment se porte le web ?

La crise financière persiste et met la plupart des secteurs à mal. Ces mêmes secteurs, qui se tournent tous vers le web, marché clé pour la croissance française. Il représentait en effet un CA de 72 milliards d’euros, soit 3,7 % du PIB, et en représentera 5,5 % d’ici 2015. De fait, Internet contribue plus à la croissance que d’autres secteurs de l’économie tels que les transports, l’énergie, l’agriculture, la finance ou encore le commerce. Mais alors, Internet ne connaîtrait-il pas la crise?

La crise, réelle opportunité pour Internet, et vice-versa

La crise a imposé aux entreprises de revoir leurs budgets, et donc de sabrer des dépenses considérées comme peu ou pas importantes. On a donc tout naturellement réduit la communication traditionnelle pour se concentrer sur Internet, une des rares options permettant de communiquer sans grands moyens et d’obtenir un calcul précis du retour sur investissement.

D’autres secteurs, comme la musique, la presse, la grande distribution, l’agriculture et bien d’autres se sont tournés vers Internet et réorganisent leur stratégie autour du digital. Certains en sont aujourd’hui plus dépendants que d’autres. C’est le cas du marché des médias et des loisirs, qui selon une étude du cabinet PriceWaterHouseCooper publiée en juin dernier, devrait atteindre un taux de croissance de 12% dans le digital entre 2012 et 2016, contre près de 3% pour le non-numérique.

Le secteur du commerce s’est quant à lui totalement réorganisé autour du e-commerce, qui a la réputation de réduire les coûts de production, de créer des emplois et d’accélérer la transformation de l’industrie. Selon une récente étude de la FEVAD, le commerce électronique a progressé de 21% au deuxième trimestre, sur un an, après un premier trimestre à +24%, tandis que le nombre de sites marchands actifs a quant à lui progressé de 23%. Seul le panier moyen voit son chiffre baisser de 4%, passant à 89€.

En bref, le marché du e-commerce brave la tempête et les grandes marques misent dessus pour se refaire une santé. C’est le cas de La Poste, confrontée à la baisse du courrier physique, qui a pu se renouveler sur Internet avec sa « Box e-commerce » et l’achat récent de Mixcommerce.

Les entreprises, malmenées par la crise, bénéficient donc du marché toujours plus dynamique de l’Internet, qui lui, tire entièrement profit de la crise.

Un secteur qui recrute…trop?

Ce développement véloce s’est accompagné d’importantes créations d’emplois. Le numérique représente 1/4 des emplois créés depuis 20 ans et 20% de la croissance nationale. Sur l’ensemble des pays de l’OCDE, le secteur des TIC représentait, en 2009, 15 millions d’emplois, soit 6 % des emplois privés pourvus au sein des pays de l’OCDE. En France, il représente d’ores et déjà 1,15 million d’emplois en 2011. Des chiffres qui font tourner la tête.

Des cursus 100% web sont apparus et proposent de nombreux postes aux salaires alléchants. Selon Geoffroy Fougeaud, directeur des ressources humaines de voyage-sncf.com, les employés du web avec plus de 5 ans d’expérience entrevoient un salaire de 15 à 20% de plus que les autres secteurs. Les entreprises cherchent toujours plus de Traffic Manager, Chargé de Référencement SEO/SEM/SEA, Community Manager, Rédacteur Web & Chargé d’Affiliation.

Cependant, les écoles dédiées au web ont mis du temps à se mettre en place et à remplir leurs bancs. Le secteur ne fait pas rêver les jeunes, qui, mal informés, ne savent même pas quels sont les métiers du secteur. Conséquence, la pénurie de main d’oeuvre est flagrante: Cette année, 10 000 postes sont proposés pour moins de 1 000 diplômés. On constate également une pénurie de compétences sur les métiers, due au peu de formations dédiées aux professionnels déjà implantés sur le secteur, et par conséquent beaucoup de postes disponibles pour peu de personnes aptes à les pourvoir.

Une réalité bien plus complexe

Derrière cette vision positive du secteur du numérique, la réalité à laquelle sont confrontés ses acteurs est plus complexe.

Dans un contexte où beaucoup de nouvelles startups et de nouveaux services sont créés chaque jour, sans véritable business model et sans valeur ajoutée par rapport à leurs concurrents, la crise pousse les fonds d’investissements à être plus pointus sur leurs choix. Ils privilégient aujourd’hui le financement de la phase de développement d’une startup plutôt que la phase d’amorçage. . Pour rappel, une seule startup sur 5 passe le cap des 5 ans d’existence.

Seuls les Business Angels et les fonds régionaux semblent renforcer leurs actions de financement . Une enquête réalisée par France Angels a montré que, malgré la crise, les Business Angels membres des 82 réseaux affiliés à France Angels ont soutenu 327 entreprises à hauteur de 44,5M€ en 2011, soit 10% de plus que l’année passée.

Pour conclure, malgré les difficultés rencontrées par les startups, les entreprises présentes sur Internet croissent deux fois plus vite que les autres et exportent deux fois plus. L’Etat prévoit quant à lui 450 000 emplois créés dans le secteur d’ici 2015.

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Microsoft Experiences les 3 et 4 octobre 2017

La rédaction

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8 thoughts on “[Crise] Comment se porte le web ?”

  1. « Conséquence, la pénurie de main d’oeuvre est flagrante: Cette année, 10 000 postes sont proposés pour moins de 1 000 diplômés. »

    Vous dites vraiment n’importe quoi sur ce site…
    Il y a 34 000 chômeurs dans l’informatique et plus de 20 000 diplômés par an dans les filières STIC.

  2. « Pénurie de maint d’oeuvre »… Vous êtes sérieux ? Diplômée depuis 1 an en marketing digital, il m’est très difficile de trouver un job. Et pour cause, 80% des offres proposées sont uniquement des offres de stage. Les 20% restant requièrent 5 ans d’expérience minimum. Secteur dynamique certes mais encore faut-il pouvoir y entrer.

      1. Une faute à « main » et encore, c’est juste une faute de frappe… Vous seriez bien aimable de m’indiquer quelles sont mes nombreuses fautes, que je puisse m’enrichir et peut-être ainsi, si j’en suis votre raisonnement, trouver un emploi grâce à vos précieux conseils orthographiques. En vous remerciant.

  3. Kris, Internet n’est pas du tout l’Informatique, je vais d’ailleurs présenter les métiers de l’Internet, du moins, ceux que je connais, à des élèves ingénieurs en Informatique, qui peuvent AUSSI travailler dans la banque, la grande distribution…

  4. Il est certain que la filière est prometteuse mais en même temps que je vois le notre d’offre de « stages » qui demandent beaucoup de qualification comme référenceur, webmarketeur … les propriétaires de sites commencent seulement à comprendre l’intérêt d’avoir des profils spécialisés mais ne sont pas encore prêts à les rémunérer correctement …

  5. Globalement d’accord sur la pénurie. Il reste difficile de trouver des recrues au profil web. Les jeunes et les confirmés sont souvent peu au fait des techniques de référencement, du webmarketing…
    Pour les postes du type stagiaire… Quand on comprend la difficulté que cela représente d’embaucher,en terme de charges, et de risque, on saisit mieux la frilosité des sites et startups. C’est le systeme qu’il faut changer.

    1. Nous sommes très en retard en France sur la formation dans les métiers du Web, d’où cette pénurie de collaborateurs (terme que je préfère à celui de « main-d’oeuvre » assez péjoratif)opérationnels et réellement compétents.Le secteur du Web est extrêmement complexe à appréhender, des métiers nouveaux apparaissent, surtout dans le e-commerce. Mais c’est un secteur d’avenir et j’encourage les jeunes à s’y intéresser les entreprises aurant de plus en plus besoin de ces compétences dans les 5 prochaines années. Pour l’anectode, sachez que le e-commerce n’est pas évoqué dans le bouquin de marketing (euh pardon,de mercatique !!)de ma fille qui est en terminale.Un comble !
      Enfin, en ce qui concerne la difficulté à trouver un vrai job (CDI ou CDD) dans ces métiers du web, mon analyse est qu’il y a encore une majorité de « petites structures » et de start-up qui sont en phase de lancement et qui n’ont donc pas les moyens d’embaucher car elles n’ont pas de visibilité sur leur business à 3 ans. Mais le secteur évolue vite, les « mauvais » vont disparaître et ceux qui resteront seront moins nombreux à se partager un très gros gâteau et pourront donc accélérer leur développement et embaucher.Et puis, il n’y a pas que les start-up à viser. En effet,les grosses entreprises ont largement pris le virage du web et du e-commerce, soit en ayant ouvert un vrai département « web », soit en rachetant des entreprises du web (ex: Leroy Merlin qui a racheté Delamaison.com).Même les entreprises du luxe s’y sont mises.
      Donc, tous les espoirs sont permis, il faut rester en veille permanente, bouger, et intégrer définitivement que le Monde est en train de changer.

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