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David Bernard (AssessFirst): «On veut un job qui nous permette de réaliser notre plein potentiel»

Le bien-être au travail est aujourd'hui une préoccupation pour les entreprises. Les Américains ont choisi par exemple, de recruter des Chief Happiness Officer pour propager de bonnes ondes. Les Danois ont opté pour un management qui «se reflète par une distance hiérarchique faible entre un supérieur et ses employés».

Qu'en est-il des Français? Plus de détails avec David Bernard, CEO d’AssessFirst.

FrenchWeb: Comment notre perception du monde du travail a-t-elle évolué?

David Bernard, CEO d’AssessFirst: Il y a une sorte de paradoxe dans la vision que nous avons du travail. C’est comme si d’un côté le travail était devenu plus secondaire (il est désormais UNE des facettes de notre existence) et que dans un même temps, nous étions devenus beaucoup plus exigeants à son égard. 

Aujourd’hui, nous n'avons plus seulement besoin d’avoir un job. On veut un job dans lequel on s’épanouit pleinement et qui nous permette de réaliser notre plein potentiel, de nous développer constamment, le tout entourés de collègues «Smart & Cool» avec lesquels on prend plaisir à vivre et à partager au quotidien. D’où l’essor des approches collaboratives.

Bien évidemment, c’est encore loin d’être le cas pour tout le monde, mais c’est devenu un modèle inconscient et une aspiration profonde pour la plupart d’entre nous. Ce modèle, c’est celui qui est véhiculé par les start-up et qui est scruté de près par les grandes entreprises, lesquelles n’en finissent plus de chercher des moyens créatifs de se transformer pour continuer à attirer les meilleurs talents, souvent les plus exigeants de ce point de vue.

En quoi le digital a-t-il modifié notre manière de travailler et de percevoir le travail?

La première chose que le digital a bouleversé dans notre manière de travailler et d’appréhender le travail, c’est que désormais nous sommes hyper-connectés – tout le temps – sans interruption ou presque. Il n’y a plus vraiment de distinction claire entre la sphère professionnelle et la sphère personnelle. On n’a plus cette coupure lorsque l’on sortait du boulot et que l’on était amené à passer à autre chose, par la force des choses. 

Désormais, on ramène ses communications, son agenda, ses dossiers à la maison, le tout stockés dans 150g de techno mobile. De la même façon, lorsque l’on est au travail, on transporte les photos de nos amis, de notre famille, leurs stories, leurs messages, les discussions démarrées et celles que l’on aura tout au long de la journée avec eux. 

Le fait que des apps comme Facebook, Instagram ou Snapchat soient désormais utilisées dans le cadre professionnel renforce encore davantage ce phénomène. Quand on poste des contenus sur Instagram pour le travail par exemple, on peut tomber sur des photos de vacances de ses amis. quand on rédige un article sur la page professionnelle de sa société, la première personne qui va liker ou commenter est peut-être l'un de ses proches. 

Le deuxième gros bouleversement, c’est le fait que l’on peut travailler de n’importe où, n’importe quand ou presque. Pour un grand nombre d’entre nous, nous n’avons plus besoin d’être physiquement présents au bureau pour faire notre travail. D’où l’essor grandissant du télétravail par exemple.

Troisième aspect important: Le caractère instantané de notre communication. Tout s’est accéléré. Désormais, on n’envoie plus des emails, on communique sur Slack ou au travers de la messagerie instantanée de la boîte. Certes, on a gagné en réactivité, mais on a aussi pas mal perdu en capacité à se concentrer. Ce que certaines entreprises cherchent d’ailleurs à compenser en proposant des ateliers de méditation à leurs collaborateurs pour leur enseigner les vertus de la pleine conscience. 

Pourquoi aujourd'hui, le bien-être et l'épanouissement personnel sont au coeur de nos préoccupations lorsque l'on recherche du travail?

L’omniprésence de la technologie dans notre quotidien a eu pour conséquence de révolutionner la façon dont on vit le travail. Chaque jour, on a sous les yeux des témoignages de personnes qui passent leur vie à faire – et à vivre surtout – des tas d’aventures passionnantes voire extraordinaires. Quand on est au travail et que l’on voit des personnes les pieds dans le sable, un cocktail à la main avec un background de rêve, on a besoin de se dire que nous aussi on a une vie exaltante. 

Alors certes, pendant ce temps là nous nous sommes au travail… mais celui-ci doit nous permettre de vivre -nous aussi- des expériences extraordinaires. Du coup, on a besoin de plus de sens: «Pendant que les autres s’amusent, je suis au boulot, mais je travaille à quelque chose de grand et qui compte». 

On a également besoin de se sentir plus libres, comme pour contrebalancer le fait qu’au fond, on est quand même «obligés de travailler». D’où la volonté de s’impliquer toujours davantage dans les décisions et de bénéficier toujours plus d’autonomie dans la façon d’accomplir notre travail.

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Myriam Roche

Chef de projet éditorial at Adsvark Media / FrenchWeb - We Love Entrepreneurs

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