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«En 2012, Yahoo! était-il déjà condamné?»

Désavouée il ya quelques jours par son Conseil d'aministration qui souhaite la revente des activités Internet de Yahoo, Marissa Mayer est sur la sellette. Une position délicate pour une dirigeante sur laquelle l'entrepreneuse Stéphanie Cassin Wismer, fondatrice de Biilink, donne son point de vue pour Frenchweb

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[tab title= « L’avis de Stéphanie Wismer Cassin: »]

Qualifiée de Madame "Too Much" après avoir été adulée de tous, Marissa Mayer, la femme modèle 2.0, est désavouée par le conseil d'administration qui opte pour une scission de ses activités internet il y a 72 heures contre le plan qu'elle proposait. Ce scénario encore improbable il y a un an, pose une question de fond : En 2012, Yahoo! Etait-il déjà condamné ?

A l'époque, leur vrai point fort est de savoir mutualiser leurs services. C'était un portail où l'on pouvait accéder à ses mails, à la météo, à l'actualité. Or, en 2012, tout ceci était déjà dépassé, car on avait déjà ses emails sur un portail bien avant Yahoo!. Depuis plusieurs années, toutes les fonctionnailités se démantèlent : on a Outlook pour les mails, l'appli météo sur l'iPhone, etc. En 2012, nous ne sommes déjà plus sur un portail unique: l'ère de l'applicatif est déjà bien entamée. Sans parler de la révolution mobile qui est, elle aussi, déjà bien amorcée. La question que l'on peut poser au groupe est donc: ne fallait-il pas anticiper davantage ces révolutions?

A Marissa Mayer, on laisse au final moins de trois ans pour prendre ce temps du changement. Et ce n'est pas comme si elle n'avait rien fait! Elle a initié une centaine de projets, mais a-t-elle eu assez de temps? Deux ans et demi pour montrer que l'on n'est plus seulement un portail… On ne peut pas non plus assurer la rentabilité, et en même temps la R&D. Les sociétés internet nécessitent une Recherche Développement à des moments précis, et ce, au détriment de la croissance exponentielle. C'est ce qui a frappé Microsoft à plusieurs reprises de son histoire. Mais il faut un comité qui approuve ces choix. 

Le désaveu actuel fait transparaître clairement que le rôle accordé par le comité à Marissa Mayer relève plus d'une mission attendue de leader d'équipe plus que celle usuelle de l'économie "classique" du CEO stratège. Marissa Mayer n'avait pas le bon de commande: "il faut trouver des applicatifs". On lui a demandé de continuer à développer Yahoo et de faire grossir une boîte. Alors que son vrai métier de base c'est informaticienne et chercheuse, plus que leader. 

Yahoo est encore un des meilleurs mondiaux. Il y a un an encore, les actionnaires ne pouvaient guère se plaindre: en 2014, Yahoo! a quadruplé son résultat par rapport à 2013. Mais le fonds spéculatif cherche la pépite financière. Si Verizon reprend, comme le disent les rumeurs, ils vont convertir l'activité sur le mobile.

On s’interroge donc sur la responsabilité réelle de Marissa Mayer dans ce scénario alors qu'elle devient la cible des médias. En 2015, un président de multinationale est plus que jamais missionné par le conseil d'administration pour accomplir une tâche: faire gagner de l'argent aux actionnaires.

La stratégie de démantèlement soufflée depuis des mois, puis quasi imposée par le fonds Starboard Value est claire…. Leur plan? Booster la valorisation par une prise en main des opérateurs télécom ou des géants de la communication. Là, on touche un point sensible dans l'analyse de la situation, et on recentre le débat du «poids réel» accordé par le Conseil d'administration à la Présidente dans les décisions de Yahoo!

L'avenir de Marissa Mayer à la tête de ce géant aux pieds d'argile repose donc à cette heure sur sa capacité à avoir su gérer ce positionnement, ce qui lui permet de conduire une politique et des choix autres que les siens, en continuant d'imposer sa légitimité et de mobiliser les équipes autour d'elle.

Mais la réponse définitive et à laquelle on ne peut que croire à cette heure est celle de Maynard Webb, le président du conseil d'administration de Yahoo! qui confirme haut et fort qu'elle reste la leader évidente de cette option stratégique. Mère depuis quelques heures de jumeaux, 72 h après avoir assumé elle-même la médiatisation de cette scission, cette femme "hors norme", prouve de nouveau son engagement, sa loyauté, son dévouement total à son entreprise. Et surtout incarne l'héroïne d'un destin de CEO version 3.0: en 2015, ce sont les sélectionneurs et actionnaires qui décident, pas l'entraîneur. Cela n’evoque-t-il pas un certain Steve Jobs qui en son temps fut rappelé par Apple…?

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Lire aussi: Marissa Mayer… sur le siège éjectable

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1 thought on “«En 2012, Yahoo! était-il déjà condamné?»”

  1. Frankly, no. Meyers has revealed herself to be an overpaid, talentless CEO. History will not be kind to her spectacular incompetence and neither should we. She will leave Yahoo! a very rich woman, so no need for tears on her exit.

    >Cela n’evoque-t-il pas un certain Steve Jobs qui en son temps fut rappelé par Apple…?

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