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[FW Radar] Isahit veut développer le travail digital en Afrique

Lancée en juin 2016 par Isabelle Mashola et Philippe Coup-Jambet, Isahit est une plateforme qui externalise les projets digitaux d'entreprises françaises à destination des travailleurs francophones défavorisés d'Afrique.

Plus de détails avec Isabelle Mashola, cofondatrice d'Isahit.

FrenchWeb: A quel besoin répond votre service?

Isabelle MasholaIsabelle Mashola, cofondatrice d'Isahit: Isahit est née de notre volonté de donner naissance à un modèle permettant de développer des compétences, la connexion des personnes entre elles et d’améliorer les conditions de vie des populations des pays émergents, grâce au numérique. Notre vision du monde s’articule autour de plusieurs valeurs: un monde juste, équitable, qui offrirait les mêmes opportunités à tout le monde et qui s’appuierait sur la technologie et Internet pour redistribuer le travail avec un impact social et ainsi contribuer réduire la pauvreté des pays émergents et leur permettre de se connecter au monde numérique de demain.

Aujourd’hui, nous sommes implantés en France, au Cameroun, au Congo, au Burkina, en Côte d’Ivoire et au Sénégal.

Quelle est votre proposition de valeur?

Nous sommes une plateforme online socialement responsable qui met en relation des «workers» socio-économiquement défavorisés des pays d’Afrique francophone et des entreprises françaises cherchant à externaliser une partie de leurs activités digitales.

Les workers ou HITers – H.I.T pour «Human Intelligent Task» – sont missionnés par Isahit sur trois types de micro-tâches digitales, ne pouvant pas être traitées automatiquement par une machine: traitement de données, gestion de contenus, analyse de données. Nous venons en complément de l’Intelligence Artificielle et l’utilisons d’ailleurs au sein de la plateforme pour faciliter le travail des hiters et les aider à progresser.     

Qui sont les utilisateurs de vos solutions?

Nous nous adressons à des entreprises françaises à forte croissance et à des entreprises du CAC40. InnovAdvisor, GreenPoint, Yeelenpix, Small Business Act, The School Project ou Alma Learning Group nous font déjà confiance dans le traitement de leurs projets digitaux.

Outre les objectifs de performance, ces entreprises sont de plus en plus sensibles à l’impact social et souhaitent donc renforcer leur responsabilité sociétale en contribuant aux enjeux de développement des pays émergents.

Qui sont vos concurrents?

Nous n’avons pas de concurrents directs. Notre proposition est unique sur le marché, car nous rassemblons trois compétences:

  • Plateforme de Self-Service (Fiverr, Amazon Mechanical Turk),
  • Traitement de tâches digitales (Cloud Factory, Foule factory),
  • Impact Sourcing (Sama Group, DDD).

 

Par ailleurs, nous mettons à disposition des HITeurs des outils de travail (tablette), des espaces de travail avec Internet gratuit, et nous servons également d’appui pour les démarches administratives, telles que l’ouverture d’un compte bancaire ou une déclaration de travailleur indépendant, par exemple. 

Quel est votre plan de développement?

Nous proposons trois types de tâches: traitement de données, gestion de contenus, analyse de données, représentant un catalogue de plus de 100 types de tâches digitales. Notre tarification est compétitive avec les acteurs classiques de l’externalisation classique et est de l’ordre de 5 euros de l’heure. 

La plateforme enregistre 4,8 millions de tâches digitales en traitement et s’implantera d’ici fin 2017 dans une dizaine de pays en Afrique francophone et anglophone pour élargir son spectre de clients français et internationaux.

Nous avons pour ambition de donner du travail à plus de 30 000 workers d’ici trois à quatre ans dans les pays émergents et d’avoir ainsi un impact social sur plus de 100.000 personnes en Afrique dans un premier temps, mais aussi plus tard en Asie et en Amérique Latine. 

Quels sont vos enjeux?

Nous nous inscrivons sur le marché de l’impact sourcing, autrement dit l’externalisation socialement responsable, qui s’élève à 20 milliards de dollars. C’est un marché qui croît bien plus vite que celui de l’externalisation classique, il connait en effet une croissance annuelle de 25%. Les tâches digitales représentent actuellement 20% de ce marché et vont atteindre 80% de parts de marché en 2020.

Par ailleurs, ce marché est très fortement créateur de valeur. En effet, pour 1 dollar de rémunération versée à un «HITer» (c’est ainsi que l’on nomme nos travailleurs socio-économiquement défavorisés), 4 dollars sont injectés dans l’économie (cet argent est effet dépensé et alimente directement l’activité dans le pays, participe de l’impôt (TVA, impôt sur le revenu, etc.).

Notre business model est celui d’une marketplace. Pour 100 euros facturés à un client, 65 euros représentent la rémunération du worker/hiter, 30 euros pour notre plateforme et 5 euros pour un programme d’impact social, appelé Isahit Help qui sert à accompagner nos workers/hiters dans leur développement de compétence digitale. 

Dans un premier temps, pour accélérer notre développement, nous avons besoin de lever 400 000 euros en equity. Tout retard dans l’apport de ces fonds impacterait notre roadmap en terme de plateforme et de déploiement dans d’autres pays. Nous visons le break-even en année 3. 

Notre enjeu sera comme toute structure qui grandit de garder notre ADN (faire du business avec de l’impact social), de continuer à faire partager nos valeurs à notre communauté et de les aider et soutenir dans leurs projets tout en leur garantissant un complément de revenus essentiel.

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[tab title= »Isahit : les données clés »]

Fondateurs : Isabelle Mashola et Philippe Coup-Jambet

Date de création : juin 2016

Levée de fonds : Isahit va bientôt débuter une campagne de crowdfunding sur Afrikwity afin de recueillir 400 000 € pour financer son développement.

Siège : Paris

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Lire aussi: Leila Janah (Samasource/LXMI): «Samasource a permis à plus de 35 000 personnes de sortir de la pauvreté»

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Myriam Roche

Chef de projet éditorial at Adsvark Media / FrenchWeb - We Love Entrepreneurs

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