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Ils veulent une banque 100% Tech pour résoudre tous les tracas des entrepreneurs

Créer une banque focalisée sur la Tech, c'est le projet ambitieux de Taro Ugen, un ancien de Bpifrance passé par l'Union bancaire privée, et de Stéphane Bagnier, un entrepreneur, ex-ingénieur au sein du Ministère de l'Intérieur. En travaillant ensemble, ils se sont découvert un point commun : les deux hommes ont respectivement un parent qui avait tenté une aventure entrepreneuriale et qui, malgré le besoin de financements, a été abandonné par les banques. Pour remédier à ce problème, les deux associés ont décidé de créer leur propre banque au service des entrepreneurs. 

A l'heure actuelle, le projet de banque en ligne, baptisée FF (Friends & Family), en est encore à ses fondations. Taro Ugen partage à Frenchweb ses grandes lignes : comptes bancaires, services sur-mesure, et du cross-border avec d'autres banques en Europe.

 

Frenchweb : En quoi votre projet se distingue des institutions bancaires traditionnelles ?

TaroTaro Ugen, co-fondateur de la FF (Friends & Family) : Il y a les institutions traditionnelles, comme la BNP Paribas en France, et dans le monde de la FinTech, des banques comme Number26. Nous avons lancé ce projet car ce qui est fait par les nouveaux acteurs bancaires n'est pas optimal. Nous avons une conception différente. Aujourd'hui, il n'est pas possible de donner un degré de service acceptable aux clients, sans être spécialisé sur une verticale très spécifique. C'est une réalité. En partant de ce constat, nous avons choisi notre verticale : celle de la Tech.

L’industrie bancaire innove aujourd’hui en essayant de mettre quelques «features cool». Au final, ce sont juste des mises à jour. Les banques traditionnelles sont devenues très imposantes et ont du mal à gérer leur dette technologique. Pour nous, l'essentiel est donc d'incorporer beaucoup plus de services que les banques traditionnelles. Peu de banques ont un business model orienté vers les services. 

Aujourd’hui, les banques subventionnent des comptes bancaires sur lesquels elles perdent de l’argent. Elles vendent des produits, au lieu de résoudre les problèmes des boîtes. De notre côté, nous nous sommes concentrés sur les comptes bancaires. La technologie va nous aider pour que ce projet soit viable. Dans le même temps, les «néobanques»(les pure-player ndlr) n'ont pas compris que si le client ne retrouve pas les services des banques traditionnelles, il finira par revenir dans un établissement «normal». Il retournera dans le système classique.

 

Comment allez-vous faire pour opérer une simplification des démarches bancaires avec votre projet ?

T. U : Notre première priorité concerne le service. Nous serons spécialisés sur les entrepreneurs Tech afin de les aider sur des problèmes très variés : taxes, internationalisation, coût d’un recrutement, etc. Du côté de l'offre, nous allons monter une plateforme partenariale; une sorte de marketplace pour les entrepreneurs permettant notamment de gérer le crédit et le cash management.

Nous aimerions pouvoir construire n’importe quoi sur notre compte bancaire. La situation actuelle ne permet pas une telle liberté. Quand les start-up commencent à s’étendre, elles ont beaucoup de mal à s'en sortir avec des démarches bancaires souvent complexes. Pour leur proposer une alternative, nous n'allons pas prendre le risque de se perdre sur un marché démesuré. Pour cette raison, nous visons vraiment l'Europe. Aujourd'hui, une banque en France n’a pas de filiale dans un autre pays européen la plupart du temps. Face à un secteur bancaire qui reste compliqué, nous pensons pouvoir apporter une solution à cette problématique récurrente. 

Nous savons qu'il faudra être patient, nous en sommes seulement au tout début de l’histoire. Actuellement, nous discutons avec des institutions bancaires et nous prenons en compte les remarques de nos futurs utilisateurs. Nous leur avons tout de suite parlé car c’est le meilleur moyen de concevoir quelque chose que les gens veulent vraiment. Nous allons évoluer en fonction de ce que la communauté nous dira. C’est un sujet (NDLR : le secteur bancaire) qui fatigue beaucoup plus de gens qu’on ne l'imagineait.

 

Quels sont vos objectifs par rapport au marché de la FinTech ?

T. U : J’ai un peu de mal à me considérer comme une FinTech. En revanche, je note que la banque n’est pas un marché innovant. Ce secteur a besoin de se renouveler. Pour notre part, nous pensons que l'on peut apporter quelque chose de nouveau sur la verticale Tech.

Lire aussi : On a décidé de monter une banque dédiée à la Tech : la FF

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Maxence Fabrion

Journaliste chez Adsvark Media / FrenchWeb - We Love Entrepreneurs

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