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La crise de Facebook, symptomatique de son désamour par Gregory Pouy

Vous n’aurez pas manqué de remarquer qu’hier, tout le monde ou presque, les médias les premiers, a diffusé un message expliquant que les messages privés de 2007 à 2009 sur Facebook avait été mis à disposition de manière publique sur les profils publics.

Que ce soit vrai ou faux (Facebook dément avec force), ce que je trouve intéressant c’est plus d’analyser les raisons de cette crise.

1. La viralisation de l’information : tout va de plus en plus vite. Les médias ont tiré extrêmement vite sur l’ambulance sans pouvoir véritablement vérifier l’information, ce qui a pour conséquence, d’avoir crédibilisé l’information auprès des internautes (« si c’est dans le Monde, ça doit être vrai… »)

La vitesse de l’information est telle qu’il est parfois compliqué pour les journalistes de faire une enquête poussée sur un sujet tel que celui là ou il faut savoir être réactif.

2. La chute des frontières: l’information diffusée en France est assez rapidement arrivée dans les médias américains et a donc généralisé la crise. S’il était nécessaire de le vérifier, les médias français peuvent avoir de l’influence outre-Atlantique.

3. La place prépondérante de Facebook : Près d’1 milliard de membres plus tard…Facebook est partout chez les internautes et est largement utilisé, on comprend donc que ces derniers prennent peur lorsqu’une information comme celle-là sort dans la presse.

Si Facebook a raison (je suis moi même surpris de voir les messages que des personnes ont pu partager avec moi sur mon profil public (numéro de mobile, adresse personnelle…)),  cela signifierait donc que les internautes ne se rendent pas compte de la sensibilité des informations partagées sur le réseau social…ou en tous cas, ils ne réalisaient pas avant 2009.

4. Le désamour de Facebook : je crois que c’est l’information la plus importante finalement de cette crise. Facebook est de plus en plus vu comme un « Big Brother » en lequel les gens n’ont pas confiance. Personne n’attend de savoir si cela est vrai ou pas, Facebook génère du désamour et de la crainte.

Hier, on a pu lire des messages tels que « je comprends pourquoi j’ai quitté Facebook » ou « Facebook me donne encore une raison de les détester »

D’ailleurs, meme si Facebook arrive à prouver que cette information était fausse, le mal est fait (cela me fait penser à la crise de Dominos Pizza en 2009) et dans l’esprit des internautes, il va falloir se méfier d’autant plus du réseau social et de ce que l’on partage en ligne.

C’est intéressant de voir que malgré les démentis, les internautes n’ont pas confiance et cela a beaucoup d’importance pour la compréhension de l’avenir de Facebook.

L’entrée de bourse a déjà fait beaucoup de mal à Facebook et de nombreux spécialistes voient déjà Facebook glisser vers une nouvelle vie qui pourrait être comparée aux pages jaunes, c’est à dire un endroit où il faut être présent mais plus vraiment celui où l’on partage des informations personnelles.

Grégory Pouy est spécialiste du marketing digital

Son blog : http://gregorypouy.blogs.com/

Twitter: @gregfromparis

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6 thoughts on “La crise de Facebook, symptomatique de son désamour par Gregory Pouy”

  1. La porte est grande ouverte pour les services de messagerie instantanée qui argueront de l’ « étanchéité » du service. Un paradis pour marketeurs qui pourront revendre enfin de la messagerie instantanée Sécurisée en réponse aux services gratuits des Big brothers.
    Une crise = 1 nouveau business model.
    Youpi !

    1. Je ne suis pas certain, pour moi la sécurité des données est un must have.
      Que ca ne soit pas commercialisé à des marques ou aux moteurs de recherche est un argument utilisé par des plateformes comme Path par exemple

  2. Je ne suis pas forcément d’accord avec toi, quand tu parles de desamour. Le desamour vient d’une espèce de pseudo élite, (dont je fais partie hein) qui trouve facebook bien trop mainstream depuis longtemps, et qui s’est réfugiée sur Twitter ou linkedin. Mais même si le nombre de compte Twitter a explosé, le nombre d’actifs reste lui dérisoire comparé à Facebook. Et avec l’arrivée d’instagram sous androïd et connecté à son compte Facebook, les utilisateurs de smartphones s’en donnent à cœur joie. Une étude disait il y a quelques jours que pour plus de 25% des américains (je ne me souviens plus de la tranche d’âge) , les premiers et derniers gestes de leur journée étaient dédié au réseau social. Quand au probleme du prix de l’action, entre nous, le quidam s’en fout. Ça ne l’empêchera pas de publier ses photos de vacances. L’internaute est aujourd’hui un peu plus au fait des dangers liés aux données persos ( exemples vus à la télé de soirées d’anniversaire Facebook qui tournent au drame avec le squatage de milliers d’internautes. Donc, oui, l’internaute est plus méfiant mais envers internet en général. Il a appris à gérer ses paramètres de confidentialité. Un desamour de Facebook ? Pourquoi ? Sommes nous certains qu’il n’y aura jamais de bug Che Twitter qui publira alors tous nos dm sur nos timelines ? Ceux qui parlent de big brother sont soient ceux qui sont dans le milieu et qui s’intéressent à la récolte de nos données par Facebook et donc ceux qui préfèreront twitter (qui lui aussi d’ailleurs, utilise nos données, mais si elles dont moins complètes), soit ceux qui sont de toute façon, rebutés par les réseaux sociaux e général. Donc, desamour de Facebook, je ne pense pas… Du moins pas pour la masse.
    Ps: je réponds de mon iPhone donc impossible de me relire, et sans gavé de fautes + foutu correcteur à la noix :/

    1. Je n’ai pas dis que le bug était la cause du désamour mais plutot que c’était symptomatique.
      Je fais très attention de ne pas prendre la voix de la minorité que nous représentons mais j’essaie de parler des internautes.
      Je ne pense pas que les internautes trouvent Facebook trop mainstream mais par contre, qu’il est devenu quelque chose qu’il n’était pas au départ et on voit les plus jeunes le délaisser.
      On voit aussi de plus en plus de gens qui en parle en négatif (même s’ils sont toujours dessus) et ils craignent le réseau.
      Cette petite occasion a été l’occasion de le prouver je crois.
      Après, Facebook est très profondément ancré donc ce n’est pas demain qu’il va disparaitre.

  3. La protection des données et le respect des utilisateurs sont parmi les premières attentes des internautes à l’heure actuelle.

    Bien que loin de se positionner en concurrent de Facebook (usage différent, lié aux passions et aux sorties), notre concept Onetous, sans être aussi complexe que Diaspora (un réseau social réellement décentralisé), met un point d’honneur à s’engager sur ces points-là.

    Je pense que l’on se trouve à un tournant décisif de l’évolution de Web. Les internautes ne sont plus des enfants, ils entrent dans la maturité. Et cette dernière passe par le besoin de confiance, de transparence et de sécurité (aussi bien technique que vis-à-vis de l’utilisation faite de leurs données) qu’ils attendent des différents outils Web qu’ils utilisent. Les acteurs sur Internet doivent s’adapter. En tout cas, c’est notre vision et une de nos raisons d’être. Visiblement, ça semble plaire.

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