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La France perd en attractivité face à ses voisins, mais il lui reste une carte à jouer…

Le continent européen est attractif aux yeux des groupes étrangers. Avec plus de 5 000 projets d'implantations internationales en Europe en 2015, en hausse de 14% sur un an, le Vieux continent attire toujours les grandes entreprises mondiales, d'après la dernière édition du Baromètre de l'attractivité 2016 de EY publié ce mardi 24 mai. 

Mais dans ce tableau réjouissant, un mauvais élève est à contre-courant de la tendance. Avec une baisse de 2%, la France est le seul pays européen où le nombre de projets internationaux a diminué sur la période. Certes, les 598 implantations recensées dans l'Hexagone ont permis la création de 13 639 emplois sur l'année, soit 8% de plus qu'en 2014. Mais il convient de rappeler que sur la même période en Europe, le nombre d'emplois générés par des investissements étrangers a augmenté de 17%.

La France, qui arrive à la 3e place des pays européens les plus attractifs, accuse un retard comparée à ses voisins.

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Le numérique, premier secteur d'investissements étrangers en France

Selon le baromètre EY, 20% des implantations internationales en France concernent le digital et les services aux entreprises (123 projets). En termes de secteurs d'activité, au-delà des activités tertiaires et commerciales, et de la logisitique, qui représentent la moitié des projets, 8% des implantations concernent des centres de R&D, et 2% des centres de décisions. 

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Plus précisément, le numérique reste, cette année encore, le premier secteur d’investissements étrangers en France (12% des implantations), devant les services aux entreprises et les équipements industriels. 15% des décideurs internationaux interrogés dans le cadre du baromètre considèrent même le numérique comme le premier levier de croissance du pays. 

Autre information figurant dans le baromètre, en France 2 138 emplois ont été créés en 2015 dans le secteur du numérique, soit 16% du total des emplois générés par des investissements étrangers.  

On notera qu'à l'échelle européenne, 90% des investissements dans le numérique sont localisés en Europe de l'Ouest. 

La France, 5e métropole capable de produire le prochain Google

Avec deux fois plus de centres de R&D accueillis en 2015 comparé à 2014, la France se place au 5e rang mondial derrière ses voisins le Royaume-Uni (classé 1er) et l'Allemagne (4e). Un tiers de ces centres de R&D sont dans le secteur du numérique, 13% dans l'électronique, et 11% dans la chimie. 

Interrogés sur les points forts de la France pour attirer des investisseurs, les décideurs internationaux mettent en avant la qualité de son innovation et de sa recherche (à 37%), son rayonnement touristique (à 31%), et sa capacité à former et à attirer des talents (à 23%). Enfin, ils sont 44% à juger favorablement la FrenchTech. 

La France a ainsi une carte à jouer sur les métiers à forte valeur ajoutée, tels que la recherche, ou encore le design. Et si l'on considère qu'aux Etats-Unis, 60% des nouveaux métiers requièrent des compétences que seuls 20% de la population active possèdent, l'enjeu est également de taille en matière d'éducation et de formation. 

Toujours selon les décideurs interrogés par EY, Paris se classe ainsi à la cinquième position des métropoles mondiales capables de produire le prochain Google (derrière San Francisco, Shanghai, Londres et New-York), preuve du potentiel français en matière de numérique et de création d'entreprises. 

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Claire Spohr

Chargée d'études au sein de la rédaction.

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