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La méthode de Jeff Bezos pour garder l’esprit start-up

Cloud, e-commerce, objets connectés…si Amazon est aujourd'hui à la tête d'un empire, la vision de son fondateur y est pour beaucoup. Dans sa lettre annuelle aux actionnaires publiée cette semaine, Jeff Bezos a rappelé, vingt ans après sa première lettre, les fondamentaux de la société fondée en 1994 et qui emploie aujourd'hui plus de 341 000 personnes dans le monde. «Ne soyez pas d'accord, soyez engagés (disagree and commit)», écrit le fondateur qui prône une organisation centrée sur des équipes resserées pour mieux faire passer l'information.

Pour ce patron de 53 ans, entouré d'un board de directeurs âgés de plus de 60 ans, (Tom Alberg / Madrona Venture Groupe, 77 ans, John Seely Brown / Xerox Corporation, 76 ans, Jamie Gorelick, 66 ans, Judith McGrath, 64 ans notamment), le «jour 2» de l'entreprise n'existe pas. Celle-ci doit rester en permanence au Jour 1. «Le Jour 2 c'est l'immobilisme. Il n'est pas pertinent. Il est suivi par un déclin insupportable et douloureux. Puis, la mort. C'est pourquoi c'est toujours le Jour 1», écrit-il. Selon lui, même lent, le «déclin» finirait pas arriver, «même si l'entreprise travaille dur sur le Jour 2 pendant des dizaines d'années. Le résultat final surviendrait quand même».

Toute la méthode de Jeff Bezos est donc de faire en sorte que le Jour 1 reste la norme managériale et stratégique. Interrogé sur les moyens pour maintenir cet état d'esprit, il livre sa propre recette dans la lettre : «Je ne connais pas toute la réponse, simplement des morceaux de celle-ci. Voici le package de la stratégie du Jour 1:  l'obsession du client, douter des process mis en place, une adoption passionnée des tendances externes, une très grande rapidité dans la prise de décision», explique-t-il avant de détailler ces points. 

Dans ces équipes, la prise de décision doit être rapide. Les salariés doivent avoir accès à «70% de l'information qu'ils souhaitent obtenir», rappelle Jeff Bezos qui, à l'inverse, «ne souhaite pas être convaincu d'une nouvelle route à prendre, mais plutôt d'un nouveau pari à faire», écrit-il. 

Entré en Bourse en 1997, l'e-commerçant avait déjà à l'époque une vision bien différente des autres entreprises côtées. «Peu importe tout le mal que ses actionnaires peuvent dire sur les dépenses de la société, peu importe tous ceux qui disaient qu'il ne ferait jamais d'argent ou qu'il ferait bancroute (…) Amazon se concentrait sur l'horizon», écrivait Henry Blodget sur Business Insider en 2011.

En 1997, la société revendiquait 1,5 million de clients et un chiffre d'affaires de 147,8 millions de dollars. Près de vingt ans plus tard, en 2016, elle a réalisé 136 milliards de dollars de chiffre d’affaires, pour un bénéfice net d’exploitation de 4,2 milliards, contre 2,2 milliards en 2015.

Sûr de sa méthode, Jeff Bezos a aussi détrôné cette année Warren Buffet à la seconde place du classement des hommes les plus riches du monde avec une fortune estimée à 75,7 milliards de dollars par le Bloomberg Billionaires Index. En parallèle d'Amazon, il a annoncé vendre chaque année un milliard de dollars de ses parts détenues dans le groupe pour financer Blue Origin, sa firme aérospatiale. 

 

Lire aussi: [Numbers] La fortune de Jeff Bezos, le fondateur d’Amazon, qui détrône Warren Buffet

Jeanne Dussueil

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