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Passi, producteur d’idées digitales

Aurait-il pu imaginer, dans les années 90, avec le Ministère AMER, Stomy Bugsy, Bisso Na Bisso…que la consommation de la musique, et du rap en particulier, n'aurait plus rien à voir vingt ans plus tard ? Alors que la société de production Warner France l'a choisi cette année pour diriger le nouveau lab In Fact, Passi, l'un des pères du rap français, est un témoin des bouleversements liés à l'arrivée du digital. Producteur indépendant depuis 1998, son travail a lui aussi évolué. De dénicheur du prochain tube, Passi doit aujourd'hui être un détecteur de tendances sur le Web, de nouveaux formats, du «son de demain»…

Parmi les tendances qui touchent de plein fouet la chaîne de production, l'écoute en streaming dont la part des revenus a pesé 69% dans le chiffre d'affaires total de la musique en ligne en France, soit une croissance de 45% sur un an, d'après les chiffres du SNEP. Dans le même temps, et pour la première fois, Warner Music annonçait en mai tirer dorénavant la majeure partie de ses revenus des plateformes dédiées au streaming. Et pendant que les chiffres du streaming s'envolent, les ventes de CD reculaient, elles, de plus de 16% d'une année sur l'autre.

VOIR: L'interview de Passi, producteur et directeur du Label In Fact

En France, sur ses deux activités (Issap production et In Fact) Passi confirme la tendance : «Nous réalisons 55% de nos ventes sur le physique, 45%,sur le digital». Et précise: «Le format album baisse au profit d'une augmentation du format single clip, en streaming». Avec le label In Fact, il doit aussi faire connaître et promouvoir sur les canaux du digital de nouveaux artistes aux influences urbaines, africaines ou électro.

Côté revenus, le chanteur franco-congolais, qui préfère s'exprimer sur l'aspect artistique de son activité plutôt que sur le business, concède toutefois que «le physique, les concerts et spectacles vivants (qui octroient des droits d'auteur et des droits voisins)» sont encore des sources de gains. Les recettes proviennent aussi et encore des royalties sur un titre. Mais, phénomène plus récent, Internet et le placement de produits dans les publicités, viennent prendre une part non négligeable. «Il faut trouver une économie raisonnable et mettre les moyens pour pouvoir se différencier», résume l'artiste.

 

Lire aussi: 

L’écoute de musique en ligne a progressé de plus de 97% en un an aux États-Unis

Warner Music génère la majorité de ses revenus grâce au streaming pour la première fois

* Musique: "Émeutes" (Genèse, 2005)
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Jeanne Dussueil

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