
META : les pertes astronomiques de Reality Labs sont tout sauf virtuelles
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Chez Meta, le metaverse est devenu, trimestre après trimestre, une donnée comptable structurante, avec un cumul des pertes opérationnelles qui approche désormais les 80 milliards de dollars.
Les résultats de Reality Labs au quatrième trimestre en offrent une nouvelle illustration, avec une perte opérationnelle de 6,02 milliards de dollars pour 955 millions de dollars de chiffre d’affaires. Malgré une progression des revenus de 13 % sur un an, les pertes de la division augmentent plus rapidement encore, de 21 %. À ce stade, le metaverse n’est plus un simple « investissement de rupture », mais un pilier déficitaire durable de la structure financière de Meta.
Une promesse qui se heurte au temps long
Lorsque Meta a engagé ce virage stratégique, le groupe disposait d’un double avantage : une domination quasi hégémonique sur la publicité sociale et une capacité d’investissement sans équivalent dans l’industrie. Reality Labs devait permettre d’anticiper l’après-réseaux sociaux, en posant les bases d’une nouvelle plateforme informatique, immersive et propriétaire.
Quatre ans plus tard, la promesse technologique reste intacte, mais son calendrier s’est considérablement allongé. Les usages de masse tardent à émerger et les casques de réalité virtuelle peinent à franchir le seuil de l’adoption grand public. Le metaverse existe, mais il reste largement cantonné à des communautés de niche, loin des volumes nécessaires pour justifier les investissements consentis.
Le « pic des pertes », un marqueur désormais récurrent
Lors de la présentation des résultats, Mark Zuckerberg a indiqué s’attendre à des pertes « similaires à celles de l’an dernier » pour l’exercice à venir, tout en évoquant un point haut avant une réduction progressive.
Pour y parvenir, Meta modifie progressivement son périmètre d’activités et ses priorités. Le début de l’année a été marqué par la suppression de plus de 1 000 postes au sein de la division, ainsi que par l’arrêt de plusieurs projets de réalité virtuelle internes.
Le groupe, qui n’a pas lancé de nouveau casque Quest comme à l’accoutumée, a concentré sa communication sur des lunettes connectées intégrant des fonctionnalités d’intelligence artificielle, développées avec EssilorLuxottica et proposées à un prix de 799 dollars.
Un laboratoire sous contrainte financière
Reality Labs demeure un laboratoire stratégique, tant que les activités historiques de Meta génèrent des flux de trésorerie suffisants et que ses pertes restent absorbables. Elles n’en posent pas moins une question centrale : celle de l’arbitrage, dans un contexte où l’intelligence artificielle capte désormais l’essentiel de l’attention et des investissements.
Au-delà de Reality Labs, Meta affiche une fin d’année solide
Au quatrième trimestre, le groupe enregistre un chiffre d’affaires de 59,9 milliards de dollars, en hausse de 24 % sur un an, au-dessus des attentes du marché (58,35 milliards). Le résultat net progresse de 9 %, à 22,8 milliards de dollars, tandis que la base d’utilisateurs quotidiens de l’ensemble des plateformes (« family DAP ») atteint 3,58 milliards, en croissance de 7 % sur un an.
À la suite de cette publication, le titre Meta progressait significativement après la clôture de la Bourse.







