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Persévérer ou déserter? Les futurs ingénieurs s’interrogent sur leur métier

AFP

« Changer les choses de l’intérieur »: à l’image de Doriane, 24 ans, les futurs ingénieurs rencontrés lors d’un forum à Clermont-Ferrand, aspirent à un métier qui intègre leurs préoccupations écologiques, interpellés par l’appel à « déserter » lancé récemment par des diplômés de grandes écoles.

« Je trouve vraiment que les questions environnementales les intéressent davantage sur les missions qu’ils demandent. Et si ce ne sont pas les missions, c’est la philosophie de l’entreprise », explique Marie Michel, directrice du pôle Epi qui accompagne les alternants d’une cinquantaine d’entreprises.

Doriane Rousseau, étudiante à l’école Sigma pôle chimie de Clermont-Ferrand, « comprend très bien ces étudiants ingénieurs qui décident de tout arrêter après leurs études ».

« J’avoue qu’une part de moi a aussi envie de le faire mais je trouve que je peux changer les choses autrement, de l’intérieur », explique-t-elle à l’AFP dans les allées du forum d’échange entre futurs ingénieurs et une centaine d’entreprises organisé par l’INP qui regroupe les trois écoles d’ingénieurs de la ville.

« Mon objectif, c’est de m’insérer dans l’industrie phamaceutique, -très polluante, on peut pas se le cacher- et justement en travaillant pour eux, pousser pour améliorer les procédés », dit-elle.

Mais « si je vois qu’au bout de six mois, un an, rien ne change, je ne pourrai pas garder cet état d’esprit longtemps », assure la jeune femme volontaire.

-« Pavé dans la mare »-
L’appel au printemps de huit diplômés de l’école d’ingénieurs AgroParisTech à « déserter » des emplois « destructeurs » et à « refuser » de « participer aux ravages sociaux et écologiques en cours », a constitué une étape « fondatrice », selon Antoine Bouzin, doctorant en sociologie à Bordeaux, lui-même ingénieur.

« Ils ont jeté un pavé dans la mare, cela a obligé à se positionner », dit-il.

« Depuis le XIXe siècle, l’ingénieur est celui qui maîtrise l’environnement au service de la société, en exploitant les énergies fossiles, en aménageant l’urbain et la question du changement climatique vient percuter de plein fouet ce métier et ses valeurs, d’aller vers plus de technologies », analyse-t-il.

Avec 176.000 étudiants ingénieurs en 2021, un chiffre stable, « le métier attire toujours ». Mais « la sensibilité aux enjeux écologiques ne fait que croître, même si elle s’exprime différemment », dans un milieu où le militantisme représente moins de 3% des ingénieurs en activité, selon lui.

Allyx Langibout, 22 ans, étudiante à Sigma, s’installe pour un entretien avec des représentants de l’entreprise SCE aménagement et environnement : « aujourd’hui, c’est une obligation de fabriquer autrement, je préfère cela que travailler sur des projets routiers, je me sentirai mieux le soir », dit-elle assurant que ces préoccupations « trottent dans la tête de 90% » de ses camarades.

« Ils sont demandeurs d’avoir du sens dans leur travail, la technique ne les fait pas rêver. Ils recherchent des sujets plus globaux comme le mieux vivre en ville. Et cela nous oblige à nous adapter », souligne Arnaud Bellier, un responsable de SCE.

Chez Michelin, Pascal Amaridon, responsable recrutement informatique, admet avoir « de plus en plus de questions sur le développement durable, le bilan carbone » et attend même des candidats qu’ils lui posent « des questions sur ce sujet, c’est un critère important pour moi ».

Les entreprises sont donc contraintes de s’adapter, les écoles aussi: « Nous avons renforcé des apprentissages et des connaissances, sous forme de cours et de conférences l’an dernier et nous demandons à chaque département de mettre les disciplines en parallèle avec le développement durable », explique Pierre Breul directeur de Polytech Clermont.

« On a du mal à prendre la température chez les étudiants. Je n’ai pas le sentiment qu’il y ait une rébellion ou une remise en cause du système. Mais il y a une vraie prise de conscience », affirme-t-il.

Pour d’autres, la prise de conscience est plus lente: Franck Foulquier, 24 ans, étudiant à Polytech approuve la démarche des étudiants d’AgroParisTech. Pour autant, « lors des deux entretiens que j’ai eus, je n’ai pas posé de questions sur ce sujet ». « On est un peu trop dans la bulle des études, des projets, pour penser à ça », renchérit à ses côtés Marielle Guilain, 24 ans.

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