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Pourquoi la France ne récolte pas tous les fruits de la transformation digitale

La France arrive à la 24e place des pays parvenant à tirer profit des opportunités du digital, derrière l'Estonie et la Belgique, selon le Global Information Technology Report 2016, publié par le World Economic Forum le 6 juillet dernier qui a classé 139 pays suivant leur capacité à se saisir des problématiques digitales. Autre constat de l'étude, le digital ne permet pas de gommer les inégalités entre les pays: depuis 2010, on retrouve en effet les trois mêmes pays développés dans le trio de tête des pays champions du digital (Singapour, la Finlande, et la Suède). 

Le classement, établi chaque année depuis 2001 à partir du Network Readiness Impact, permet d’évaluer la capacité de différents pays à tirer profit de la transformation digitale à partir de quatre grands indicateurs, subdivisés en sous-indicateurs (l’environnement global, la facilité d’accès aux ressources, le niveau d’adoption du digital, et son impact économique et social).

La France pénalisée pour son manque d’accessibilité, et son environnement économique

La France gagne 2 places dans le classement par rapport à l'année dernière. Si l’on considère les différents indicateurs pris en compte pour établir le classement, un certain nombre de points forts ressortent. La France se place en effet en 15e position sur 139 sur l’indicateur d’adoption du digital par son gouvernement (derrière la Nouvelle-Zélande et les Pays-Bas) et à la 18e place sur l’indicateur d’accès à des compétences digitales (derrière Chypre et le Danemark). Elle est également classée 20e sur l’indicateur d’impact du digital (17e pour son impact social, et 20e pour son impact économique), ainsi que sur l’adoption du digital (par les particuliers et les professionnels).

Le pays se classe en revanche à la 35e place en ce qui concerne la qualité de son environnement économique (c'est sa fiscalité qui est pointée du doigt par les auteurs de l'étude). Il arrive à la 76e place en termes d’accessibilité (c’est-à-dire de coûts d'accès aux solutions et aux infrastructures digitales).

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Les Etats-Unis, à la 5e place du classement

Sur l'ensemble de l'étude, les 10 premiers pays en matière d’impact économique et d’innovation digitale appartiennent tous au groupe des économies avancées. On notera qu’ils n’ont pas changé depuis l’année dernière. Les trois premiers pays du classement hors économies avancées sont les Emirats Arabes Unis, à la 26e place, la Malaisie à la 21e place et l’Arabie Saoudite à la 33e place. 

Plus dans le détail de l'analyse, on constate des disparités entre les pays, en fonction des indicateurs considérés. En ce qui concerne l’environnement global, Singapour arrive en tête, en raison de son environnement économique et réglementaire jugés très favorables par les auteurs de l'étude. Si l’on considère les indicateurs liés à la facilité d’accès aux ressources, c’est la Finlande qui arrive en tête (notamment en termes d’accès à des compétences digitales, et d’infrastructures). En termes d’adoption du digital, Singapour arrive de nouveau première, notamment grâce à l’utilisation qui est faite du digital par son gouvernement (1e place sur cet indicateur). Enfin en termes d’impact, c'est de nouveau Singapour qui arrive en tête du classement (1e position pour son impact social, 5e place pour son impact économique).

[tabs] [tab title= « Le Top 10 des pays qui tirent profit du digital »]

  1. Singapour 

  2. Finlande

  3. Suède

  4. Norvège

  5. Etats-Unis

  6. Pays-Bas

  7. Suisse

  8. Royaume-Uni

  9. Luxembourg

  10. Japon 

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**Méthodologie: Créé en 2001 et calculé chaque année, le Network Readiness Index (NRI) permet d’évaluer la capacité des pays à tirer profit de la transformation digitale. Les pays sont évalués à partir de 4 grands indicateurs: l’environnement global et l’utilisation de la technologie, les réseaux (infrastructures, accessibilité et compétences), l’adoption des technologies (de la part des gouvernements, du secteur privé, et des individus), ainsi que l’impact économique et social des nouvelles technologies.
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Claire Spohr

Chargée d'études au sein de la rédaction.

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