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Pourquoi les nouvelles conditions d’utilisation de WhatsApp inquiètent les utilisateurs?

AFP

La célèbre application de messagerie WhatsApp était sous le feu des critiques jeudi pour avoir demandé à ses quelque deux milliards d’utilisateurs d’accepter de nouvelles conditions d’utilisation, lui permettant de partager plus de données avec sa maison-mère Facebook. Les utilisateurs qui refusent ne pourront plus accéder à leur compte à partir du 8 février. Selon Facebook, les modifications apportées aux conditions d’utilisation et à la politique de confidentialité de WhatsApp lui permettent de développer une stratégie présentée en octobre, visant à faire de sa messagerie une application orientée vers le service client des entreprises.

Le groupe cherche à monétiser sa plateforme en permettant aux annonceurs de contacter leurs clients via WhatsApp, voire d’y vendre directement leurs produits, comme c’est déjà le cas en Inde. « Les mises à jour des politiques de confidentialité sont courantes dans l’industrie et nous apportons aux utilisateurs toutes les informations nécessaires pour vérifier les changements qui prendront effet le 8 février », a indiqué un porte-parole du groupe dans une déclaration transmise à l’AFP.

Selon l’entreprise, les données qui pourront être partagées entre WhatsApp et l’écosystème d’applications de Facebook (dont Instagram et Messenger) comprennent les contacts et les informations du profil, à l’exception du contenu des messages qui restent chiffrés. Mais les nouvelles conditions diffèrent entre l’Union européenne et le reste du monde. Dans le cas de l’UE et du Royaume-Uni, elles ne seront utilisées que pour développer les fonctionnalités offertes aux comptes professionnels WhatsApp Business, a expliqué l’entreprise à l’AFP. « WhatsApp ne partage pas les données de ses utilisateurs en Europe avec Facebook dans le but que Facebook les utilise pour améliorer ses produits ou ses publicités », a assuré un porte-parole de la messagerie.

Une instruction en cours depuis 2017

Interrogée par l’AFP, la Commission nationale Informatique et Libertés (Cnil) a rappelé qu’une instruction était en cours depuis 2017 sur les conséquences du rachat de WhatsApp par Facebook pour 22 milliards de dollars en 2014, incluant les conditions de transfert des données. L’enquête a été prise en charge en 2018 par le régulateur irlandais suite à l’entrée en vigueur du RGPD (Règlement général sur la protection des données), précise la Cnil qui assure que « ce dossier devrait trouver une issue en 2021 ».

Questionnés jeudi sur le sujet, des porte-paroles de la Commission européenne ont rappelé que Facebook s’était vu infliger en 2017 une amende de 110 millions d’euros pour avoir fourni des renseignements inexacts pendant l’enquête de l’UE sur son rachat de l’application mobile WhatsApp, et que l’exécutif européen préférait utiliser pour ses besoins internes l’application concurrente Signal.

La rédaction

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