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Talend veut garder ses cerveaux en France

AFP

Désormais contrôlé majoritairement par des investisseurs américains, l’éditeur de logiciels d’origine française Talend garde sa recherche et développement dans l’Hexagone où elle trouve, selon son directeur général Mike Tuchen, un cadre propice et compétitif. Restée une société anonyme enregistrée à Suresnes (Hauts-de-Seine), Talend, fondée en 2006, est aujourd’hui une entreprise de 1 200 salariés, dont le siège est en Californie et qui est cotée sur le Nasdaq à New York. Le dernier grand investisseur français dans Talend est Bpifrance, qui détient encore 7% du capital et garde un siège au conseil d’administration.

L’entreprise compte aujourd’hui 345 salariés en France, dont la grande majorité sont des ingénieurs. Car malgré l’internationalisation, le coeur de la recherche et développement de ce spécialiste de l’intégration des données reste bien ancré en France, explique à l’AFP Mike Tuchen, lui-même de nationalité américaine. Dans l’Hexagone, Talend peut trouver « des ingénieurs parmi les meilleurs du monde», qui en plus ont tendance à rester chez leur employeur, « alors qu’il y a un très fort taux d’attrition dans les autres pays», ajoute-t-il. Bien sûr, les mécanismes fiscaux d’aide à la recherche développement en France ont joué un rôle clef dans la décision. Il y a en France une « combinaison unique », des « talents de classe mondiale » accessibles à des prix « compétitifs avec ce qui serait le cas dans des pays moins bien développés», reconnaît Mike Tuchen.

« Quand il y a deux ans dans une revue stratégique nous nous sommes demandés où nous voulions baser notre recherche et développement, nous avons regardé dans le monde entier, en Inde, en Chine, en Europe de l’Est, aux Etats-Unis…», se souvient-il. « Mais finalement nous avons décidé de doubler la mise en France et d’y recruter la plus grande partie des 500 ingénieurs que nous prévoyions d’embaucher» dans les années suivantes. Résultat, Talend a inauguré à Nantes en juin dernier un nouveau centre de recherche et développement tout neuf, où il prévoit d’accueillir à terme 250 ingénieurs, contre 150 aujourd’hui.

« Notre activité ‘cloud’ est en croissance de 100% par an»

Aujourd’hui, la France ne représente plus que 12% environ du chiffre d’affaires de Talend, une part qui se réduit au fur et à mesure que la société étend son emprise mondiale. Un peu moins de 40% du chiffre d’affaires (204 millions de dollars en 2018) est réalisé en Europe, un peu plus de 40% en Amérique du Nord, et 15% en Asie, selon Mike Tuchen. Depuis son introduction sur le Nasdaq, la pépite qui n’est pas encore bénéficiaire a connu le succès boursier, avant un coup de froid à l’automne 2018.

Introduite à 18 dollars, l’action a grimpé à 25,5 dollars le premier jour, puis atteint un zénith à 70 dollars à l’été 2018 avant de chuter à 32 dollars, et de remonter à 40 dollars environ récemment. En cause notamment, la frustration du marché devant la lenteur supposée de Talend à migrer vers le « cloud », c’est à dire à offrir ses logiciels en utilisation à la demande de façon dématérialisée, plutôt que sous licence sur les machines de ses clients. Mike Tuchen affirme qu’il s’agit d’un malentendu. « Notre activité ‘cloud’ est en croissance de 100% par an», « et la moitié de nos ventes seront liées au ‘cloud’ d’ici la fin du quatrième trimestre», souligne-t-il.

Talend, l’éditeur né à Suresnes (Hauts-de-Seine, ouest de Paris) devra-t-il un jour rejoindre un groupe plus puissant, abandonnant son indépendance? « C’est possible que quelqu’un à un moment choisisse de nous racheter, mais nous ne le cherchons pas particulièrement», estime Mike Tuchen. « Nous avons levé 125 millions de dollars la semaine dernière sous forme d’obligations convertibles (…) C’est un moyen de solidifier notre bilan pour pouvoir acheter d’autres entreprises et continuer à accélérer notre propre croissance», argumente-t-il.

La rédaction

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