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Uber débute sa bataille judiciaire pour rester à Londres

Uber joue gros outre-Manche cette semaine. C’est en effet dans les prochains jours que va se décider l’avenir de la plateforme de VTC à Londres. Depuis septembre, la firme américaine est sous pression après avoir vu sa demande pour renouveler sa licence d’exploitation dans la capitale anglaise refusée par Transport for London, la régie des transports en commun londoniens. Dès ce lundi, les représentants d’Uber comparaîtront devant le tribunal des magistrats de Westminster à Londres pour faire appel de cette décision. L’audience doit durer trois jours.

Cette première bataille devant la justice britannique pourrait cependant être la première d’une longue série. Si le verdict rendu ne convient pas à Uber, la plateforme de VTC pourrait saisir une cour supérieure pour obtenir une nouvelle licence d’exploitation. Toutefois, tant que les recours ne sont pas épuisés, Uber peut continuer d’opérer à Londres. L’affaire pouvant éventuellement être portée jusqu’à la Cour suprême, le processus judiciaire pourrait prendre plusieurs années selon Sadiq Khan, le maire de Londres. L’enjeu est de taille pour Uber puisque le groupe californien revendique 40 000 chauffeurs et 3,5 millions d’utilisateurs dans la capitale britannique.

Un test majeur pour Dara Khosrowshahi

Pour rester à Londres, Uber a multiplié les annonces pour rassurer les autorités locales. La firme américaine a ainsi annoncé en février la mise en place d’une ligne téléphonique, accessible 7 jours sur 7 et 24 heures sur 24, pour permettre aux chauffeurs et aux clients de signaler tout incident, davantage de transparence auprès des passagers en fournissant plus d’informations sur les chauffeurs, notamment leur numéro de licence, ou encore une collaboration plus étroite avec les forces de l’ordre, en signalant directement à la police tout problème détecté pendant un trajet réservé sur son application. En mai, Uber a également annoncé l’arrivée de Jamie Heywood, un responsable de la branche britannique d’Amazon, pour prendre la tête des opérations de la plateforme de VTC en Europe du Nord et de l’Est.

Au-delà de l’avenir d’Uber au Royaume-Uni, c’est aussi l’image de l’entreprise qui est en jeu. Cette audience démontrera ainsi si les efforts de Dara Khosrowshahi, arrivé il y a moins d’un an à la tête de l’entreprise, ont payé pour redresser un groupe englué dans les polémiques sous l’ère de Travis Kalanick. Début octobre, le patron d’Uber s’est même rendu en personne à Londres pour y rencontrer les responsables des autorités des transports. Une décision défavorable de la justice britannique serait malvenue pour la firme américaine, déjà contestée dans plusieurs pays à travers le monde, dont la France où elle a écopé de plusieurs amendes. Uber vise une entrée en Bourse en 2019.

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Maxence Fabrion

Journaliste chez FW - DECODE MEDIA

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