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Virginie Berger, retours d’expérience: Mon tumblr, mes artistes, mes emmerdes (ah non, pas mes emmerdes)..et maintenant ?

Vous connaissez Virginie Berger? c’est l’une de nos expertes qui a écrit la fameuse « Lettre aux maisons de disques même si elles n’ont rien demandé ». En 1 an, beaucoup d’évênements sont venus bousculer ce qui aurait pu être le cours paisible de la vie, Virginie nous fait partager cette expérience, que je vous invite à découvrir.

mes artistes, mes emmerdes (ah non, pas mes emmerdes)..et maintenant ?

Voilà un an maintenant que j’ai lancé mon tumblr. Voilà un an que j’ai décidé d’écrire, de coucher sur le papier mes réflexions, coups de gueule, analyses à la demande d’amis artistes à qui je filais des coups de main, relations et contacts qui me poussaient à développer mes analyses et à la demande personnelle d’un homme du type de mon entourage très proche qui supportait avec de plus en plus de difficulté mes conversations à sujet unique.

Et puis le temps était venu. Je ne me serais pas lancée avant. Je pense que pour analyser, proposer, développer, il faut savoir de quoi on parle. Connaître les acteurs principaux, les seconds rôles, les intermédiaires, les annexes et connexes, savoir comment ça fonctionne, avoir pris quelques grosses claques et réussi quelques trucs. Bref, avoir un peu d’expérience.

Alors je me suis lancée. Et en un an, il s’en est passé des choses. Je suis la preuve vivante que le Do it Yourself (DiY), le Connect with Fans et le Direct to Fan (D2F), la gratuité, ça marche !

DiY car je l’ai fait seule, mais DiYoursel(ves) car j’ai ensuite été aidée, diffusée. D2F car je l’ai diffusé de mon site et autres plates formes directement vers les lecteurs, D2F aussi car je tente de répondre à tous les emails (avec un retard énorme en ce moment, je l’avoue), répondre à chaque sollicitation, rencontrer et filer des coups de main si je le peux (quoiqu’en ce moment, je fais relâche sur les coups de main hein) et gratuité car je donne. Donc, oui, le DiY,le D2F sont passés par moi

Tout d’abord, je me suis aperçue que je n’étais pas seule. J’ai ainsi rencontré des gens formidables qui m’ont accueilli, guidé, poussé, engueulé, soutenu, conseillé et même protégé quelquefois.

Merci à Valery (@valery__), Charly (@charly_sddd), Olivier (@mrolivier), Grégoire (@thotmusic) je vous dois à chacun quelque chose et à tous beaucoup.

J’ai écrit, publié ce que je ne trouvais pas et que je voulais dire. Mon seul et unique objectif est toujours de replacer l’artiste au centre des réflexions. J’en avais marre de me dire, à chaque fois que j’entendais, lisais quelque chose « ok, c’est très bien tout ça, et l’artiste là dedans ?».

Dans notre métier, tout est traité à très court terme. J’essaie de réfléchir à plus long terme. Je suis un(e)artisan(e), les artistes avec lesquels je travaille sont des artisans, mon travail est de trouver le développement le plus approprié à chacun.

Mon livre blanc « Dis c’est quoi une bonne stratégie musicale » a été la déclinaison de tout ça.

En fait, nous, nous gens sur Twitter, sommes vraiment dans une bulle.

Entre Facebook, Twitter, nos sites, on comprend à peu près ce qu’il se passe, et on a souvent tendance à penser que tout le monde est dans le même état d’esprit. Mais non. Et vraiment loin de là. La très très grande majorité des artistes est paumée face à tout ça. Paumée face aux innovations technologiques, changement de business models, de mentalité.

On se/me demande souvent ce qu’un artiste en 2010. Pour moi, l’artiste, même s’il ne doit/peut pas tout gérer, doit ne serait-ce que s’intéresser à ce nouvel environnement. Pour sa propre évolution à court mais aussi à long terme.

Pour moi, les deux piliers d’un artiste sont « parler à ses fans » et « faire du live». Et le « parler à ses fans » évolue beaucoup…

Mais il ne pourra pas s’y intéresser si on ne lui explique pas basiquement….

Soundcloud, Bandcamp, les creatives commons, tout ça c’est très bien. Mais il faut partir de la base. Et la base, c’est aussi expliquer que le marketing, ce n’est pas un gros mot, mais un mot qui a été trop galvaudé par la starac’et autres et qu’il est important de l’intégrer à sa réflexion (si on ne sait pas comment être visible ou comment parler de soi, ça peut être embêtant pour la suite). Comprendre à quoi sert un site web, comprendre également ce que font les gens sur Internet, ce sont également des éléments qui peuvent avoir leur importance.

Bien évidemment que sans l’artistique, je n’existerai pas, je ne serai même pas là. Mais il faut aussi se faire à l’idée que le public ne va plus trouver comme par magie un groupe, aussi formidable qu’il soit. Ça peut arriver, ok. Mais soyons réaliste, le public ne trouvera pas comme ça, un artiste, parmi les 20 millions circulant sur Internet….

En fin de compte, grâce à l’utilisation de tous ces nouveaux outils, un artiste peut arriver à faire à des choses que d’autres auraient aimé faire, avant….ou ont activement recherché à faire…..C’est à dire trouver des gens qui ont des intérêts communs avec lui, et communiquer avec eux. S’appuyer sur une fan base pour vendre directement sa musique et son merchandising. Rien n’est nouveau, loin de là, des milliers d’artistes fonctionnent comme cela depuis très longtemps mais les moyens actuels vous permettent de le faire plus. Et mieux.

« Je ne dis pas non plus que tous les artistes doivent le faire. Je m’adresse tout d’abord à ceux qui ont l’envie, la volonté d’en savoir plus. »

Comme tout va tellement vite sur Internet, j’ai ensuite remis à jour mon livre blanc en mars. J’ai dû quitter le format article pour la construction d’un vrai livre blanc d’environ 30 pages car l’article seul devenait bien trop long. Olivier m’a aidé sur les accroches, les titres étant loin d’être mon fort.

Le livre a été publié sur mon blog, slideshare, repris sur Owni, Frenchweb et des dizaines d’autres média et blogs. Nombre hallucinant de téléchargement du pdf, de slideshare, de lectures….j’en ai des retours encore tous les jours.

Le Music Think Tank a ensuite publié le livre blanc sous la forme d’une série de 5 articles en anglais. Ces articles ont ensuite été repris par Techdirt, Hypebot et des dizaines et dizaines de sites partout dans le monde. Et alors que je pensais n’avoir rien à apprendre aux américains sur le sujet, les retours sont encore hallucinants. D’abord de la part d’hommes dont j’admire le travail comme Mike Masnick, Kyle Bilin ou Bruce Houghton qui ont tous fait des articles dithyrambiques sur mon livre, mais également de la part d’artistes, producteurs, labels du monde entier…L’article du MTT a été envoyé par l’ASCAP (la Sacem américaine) à tous ses adhérents. J’ai maintenant la chance de pouvoir échanger, discuter et travailler avec de gens de partout.

Je suis en train de le remettre à jour pour la 3e fois, en français comme en anglais, avec une mise en ligne très prochaine.

Alors, maintenant, il va se passer quoi ? Et bien en vérité je vous le dis, je suis back dans les bacs !

Après avoir contribué à définir et développer OWNImusic cet été, projet auquel j’ai décidé de ne plus m’associer, je me concentre donc maintenant exclusivement sur mes propres projets et me partage entre des projets très stratégiques et plus opérationnels.

D’un point de vue plus stratégique, j’ai donc enfin terminé mon livre sur « les stratégies musicales pour la musique », qui sera publié à l’Irma fin d’année. C’est un peu la déclinaison du livre blanc sous la forme d’un (vrai) livre. Il sera bien entendu beaucoup plus complet. On repartira des bases pour aller jusqu’à la monétisation, le tout de manière très concrète.

Et oui, c’est à cause de ce livre (entre autres) que vous n’entendez plus parler de moi depuis des semaines.

Une collection de sujets plus thématiques va également être développée.

Je vais également continuer à publier gratuitement mon livre blanc, mis à jour en français et anglais. Il sera également plus complet. J’ai enrichi pas mal de rubriques, et j’en ai créé de nouvelles. Très bientôt en ligne.

Je continue également à collaborer avec d’autres sites, français comme étrangers sur différents articles.

Je vais également et ENFIN lancer mon site, ce qui après un an de Tumblr ne sera pas du luxe. Il s’agira surtout de développer un peu plus les thèmes actuels abordés dans mon tumblr, mon livre blanc et mon livre. A savoir proposer des articles résolument « artistes oriented » (technique, marketing, juridique, communication) et mettre en avant business et alternatives.

Je développerais une majorité des articles, mais sur des sujets très spécifiques (juridiques, actualité, métier), de nombreuses personnes m’ont fait l’amitié d’accepter d’écrire et de nous faire profiter de leur expérience.

Je mettrais également en avant des artistes et leur musique. Je vois vraiment ce site comme une boite à outils. Arrivez, utilisez et servez vous.

Le CNRS m’a également proposé, avec l’Ircam de créer un consortium dans le cadre du grand emprunt, pour travailler et développer lié un projet à l’innovation musicale et au D2F. Topspin, fais gaffe !

D’un point de vue plus opérationnel, je travaille avec différents artistes, soit en management direct comme avec Thot, soit avec la maison de disques, manager, producteur, soit en pur business développement. Je vais par exemple développer Misteur Valaire sur la France et coordonner toute l’Europe.

Je travaille également sur des thématiques plus spécifiques, avec des fonds d’investissements, ou des cabinets d’avocats. Mon obsession actuelle est de faire évoluer le droit. Je travaille beaucoup sur les thématiques droit d’auteur vs copyright par ex. Et puis sur la rémunération au stream. Et puis sur les différents modèles de revenus des artistes.

Enfin, je tourne beaucoup dans le monde, comme conférencière ou panéliste sur différentes conférences. Je serai au maMA sur la conférence « DIY », puis à l’Atelier Français sur les évolutions des outils webs, puis aux Etats Unis et Londres.

Et tout ça parce qu’un jour, j’ai décidé de publier ce que je pensais, ce que je disais, mais également de montrer ce que je faisais, concrètement. Et parce qu’on m’a lu, entendu et soutenu (ou pas…). Mais en tout cas, car je me suis appliquée à moi-même le DiY, le D2F et la gratuité.

Et tout ce que je fais maintenant ne pourra que continuer à m’enrichir, enrichir le site, enrichir mes/nos réflexions.

Je ne sais plus vraiment comment décrire ce que je fais. Fut un temps, je disais que j’étais music marketeur, puis consultante. Maintenant je me définirai comme un entrepreneur du music biz. Avec juste la volonté de faire bouger quelques trucs.

Merci.

Retrouvez Virginie Berger sur son blog: Don’t Believe the Hype et sur twitter http://twitter.com/virberg

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Richard Menneveux

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