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Blockstack, 52 millions de dollars en ICO pour redonner aux internautes le contrôle de leurs données

Le montant

La start-up américaine Blockstack, qui développe «un nouvel Internet décentralisé» basé sur la blockchain et un réseau peer-to-peer, a levé 52,8 millions de dollars via une ICO (Initial Coin Offering). Union Square Ventures, Foundation Capital, Lux Capital, Winklevoss Capital, Blockchain Capital, Digital Currency Group, Kevin Rose, fondateur du site de social bookmarking Digg, Michael Arrington, fondateur de TechCrunch, et Qasar Younis, ex-COO de l’accélérateur américain Y Combinator, ont participé à l’opération.

De plus en plus utilisées, les ICO, c’est-à-dire des levées de fonds en cryptomonnaie, sont devenues des moyens faciles pour les entreprises du monde entier de lever des millions de dollars en l’espace de quelques minutes. En mai dernier, Brave, le navigateur Internet créé par Brendan Eich, le co-fondateur de Mozilla, avait ainsi levé 35 millions de dollars en seulement 30 secondes.

Le marché

Fondée en 2013 par Muneeb Ali et Ryan Shea, Blockstack ambitionne de créer «un nouvel Internet». L’expression employée est quelque peu exagérée dans la mesure où il ne s’agit pas d’un nouveau système avec ses propres codes, son propre protocole IP ou ses propres technologies de routage réseau. En revanche, par rapport aux système actuel, à savoir le DNS (Domain Name System), qui est centralisé, celui de la start-up new-yorkaise, baptisé «Blockstack Name System», présente l’avantage d’être décentralisé et indépendant de l’Internet Corporation for Assigned Names and Numbers (ICANN), organisme qui coordonne les adresses IP, les noms de domaine (.com, .org, .fr, .paris, etc.) ou encore les numéros de réseaux.

L’écosystème développé par Blockstack permet aux utilisateurs d’avoir le contrôle de leur données via une API personnelle. Ainsi, plutôt que d’avoir toutes ses données stockées de manière centralisée (les mails stockés par Google, les photos par Instagram, les discussions avec les amis par Facebook…), l’utilisateur peut stocker ses données localement sur son ordinateur, avec des copies dans un ou plusieurs services cloud de son choix (Dropbox, Google Drive, Azure…). De cette manière, les utilisateurs peuvent contrôler le niveau de sécurité de leurs données et choisir avec qui celles-ci sont partagées.

Les applications de Blockstack peuvent avoir un accès aux données pertinentes pour leur fonctionnement, mais elles ne peuvent stocker ces données ou en être les propriétaires. Seul désagrément de cette technologie : comme toutes les applications sont exécutées localement sur l’ordinateur de l’utilisateur plutôt que sur des serveurs distants, les performances de l’application peuvent être inégales, selon les limites de son ordinateur.

En parallèle, le système de Blockstack permet aux développeurs de lancer des applications sans devoir héberger les données des utilisateurs, ce qui leur permet de s’épargner des inquiétudes sur les coûts de stockage ou la confidentialité des données. Un détail qui a son importance alors que le règlement général pour la protection des données (RGPD) entrera en vigueur en mai 2018 dans tous les pays de l’Union européenne. Ce nouveau dispositif rendra les entreprises responsables des données personnelles qu’elles possèdent.

Les objectifs

Ce financement doit permettre à Blockstack de poursuivre le développement de son système. Pour l’heure, celui-ci fonctionne totalement sur Mac uniquement. Windows et Linux ne sont pas encore entièrement pris en charge. Pour améliorer sa plateforme, la société américaine prévoit de renforcer ses effectifs. D’une équipe de 11 collaborateurs actuellement, la jeune pousse veut passer la barre de la vingtaine d’employés en 2018.

Blockstack : les données clés

Fondateurs : Muneeb Ali et Ryan Shea
Création : 2013
Siège social : New York
Activité : Internet décentralisé basé sur la blockchain et un réseau peer-to-peer
Financement : 52,8 millions de dollars en décembre 2017

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Maxence Fabrion

Journaliste chez FW - DECODE MEDIA

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