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Business angels: baisse de 25% des levées de fonds dans l’Internet français en 2014

graphLe second semestre 2014 a été marqué par une dégradation de l’activité des business angels dans le secteur Internet si l’on en croît le dernier baromètre** d’Isai Gestion. Au final, le nombre total de levées de fonds a baissé de 29% par rapport à l’année précédente à la même période, et de 24% en ce qui concerne le montant total des levées. Des baisses qui sont respectivement de 25% et 13% sur l’ensemble de l’année.

Le baromètre souligne cependant que la taille moyenne des tours de tables a augmenté sur les six derniers mois de l’année à 400 000 euros, contre 350 000 euros un an plus tôt.

Le FIBAMY (French Internet Business Angel Money Yardstick) note également que les business angels diversifient leurs secteurs d’investissement, au détriment d’Internet. « Ce sont donc les « serial Business Angels » (dont surtout les entrepreneurs de l’Internet) qui évitent une dégradation dramatique du nombre de levées de fonds » souligne l’étude.

FrenchWeb : Comment expliquer la concentration forte de la communauté d’investisseurs autour de serial business angels et d’investisseurs professionnels ?

Jean-David-Chamboredon
Jean-David Chamboredon.

Jean-David Chamboredon, directeur d’Isai Gestion: En soit cette concentration n’est pas une mauvaise chose, car elle est un gage de sélectivité et de qualité. Elle pose, par contre, un vrai problème de croissance et de renouvellement de l’écosystème… Celui-ci est apparemment stagnant alors que tout voudrait qu’il soit en forte croissance si l’on considère à la fois le potentiel du secteur du digital et le retard qu’a un pays comme France par rapport aux Etats-Unis ou au Royaume-Uni en matière de financement «angel».

Le fait que les réseaux de business angels (par opposition aux serial business angels) soient beaucoup moins présents peut s’expliquer de plusieurs façons. Je citerais le climat général des affaires qui n’a toujours le niveau de confiance nécessaire à la prise de risque, le fait que de nombreux angels soient concentrés sur leur portefeuille et le refinancement de sociétés dans lesquelles ils sont déjà actionnaires et la difficulté d’appréhension par ces investisseurs « généralistes » des sous-secteurs porteurs de l’Internet comme, par exemple, les adtech, le big data, le cloud…

Quelles mesures la France doit-elle adopter pour relancer l’investissement des business angels ?

L’ISF-PME a permis à un certain nombre de redevables de devenir business angel et c’est une bonne chose. Il semble cependant que l’élan créé soit, pour ce qui concerne le secteur Internet en tous cas, maintenant en recul. On pourrait sans doute faciliter ou élargir ce dispositif quand les sociétés concernées sont de jeunes sociétés.

« Quitter le pays ou acheter des oeuvres d’art ne devraient pas être les seules options recommandées par les fiscalistes ! », Jean-David Chamboredon

De façon plus générale et sans parler de crédit d’impôt, la fiscalité ISF est beaucoup trop compliquée et illisible et il est anormal qu’un investisseur paie de l’ISF sur son investissement dans une start-up alors que la volatilité de cet « actif » est maximale et sa liquidité nulle. Comme dit le proverbe « dans le doute, abstiens-toi » et c’est sans doute ce que font de nombreux investisseurs potentiels…  Quitter le pays ou acheter des oeuvres d’art ne devraient pas être les seules options recommandées par les fiscalistes !

Il faut que France « chouchoute » ses « serial entrepreneurs-investisseurs », car ils sont rares et peuvent être décisifs dans la capacité de rebond du pays. Le discours général à leur encontre est certes aujourd’hui beaucoup plus positif qu’il y a deux ans, mais il reste visiblement encore beaucoup à faire…

** Méthodologie: Dans le cadre de la gestion de son fonds dédié au « post-amorçage » dans le secteur internet, ISAI traque l’ensemble des levées de fonds « early stage » du secteur internet annoncées par les média faisant référence. Cette veille lui permet à la fois de vérifier sa couverture du secteur et d’identifier de nouvelles opportunités d’investissement. Les éléments chiffrés reprennent ainsi depuis début 2011, l’ensemble des tours de table dont les « leaders » sont des Business Angels (personnes physiques ou holdings) et dont le montant levé est révélé et est inférieur à 1 Million d’euros. Le FIBAMY (French Internet Business Angel Money Yardstick) a ainsi été créé suite au PLF2013 et au mouvement des Pigeons pour obtenir un indicateur objectif de l’activité Business Angel dans le secteur internet en France.
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Olivier Harmant

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