ActualitéAffaires publiquesRetail & eCommerce

Comment l’Afnor compte mettre un terme à la jungle des avis en ligne

Une nouvelle norme française devrait être effective dès demain et interdire la publication d’avis anonymes. Il s’agirait d’une première mondiale.

Après plusieurs mois de réflexion menés par une cinquantaine de sites, associations, entreprises et administrations, et chapeautés par l’association française de normalisation, l’Afnor doit présenter demain une nouvelle norme visant à encadrer les avis des consommateurs en ligne.

Objectif : permettre aux internautes d’y voir plus clair dans cette jungle des recommandations sur internet et ainsi reinstaurer un certain climat de confiance. Car, si 82% des consommateurs consulteraient régulièrement les avis sur internet, le recours aux faux avis se multiplie dans le même temps.

Cette nouvelle norme doit notamment permettre de certifier la démarche des sites de e-commerce qui ont une réelle politique de contrôle des avis consommateurs et rassurer les internautes en demande d’authenticité dans les avis qu’ils lisent. Elle donnera donc lieu à l’attribution d’un label pour les sites qui s’engageront dans une démarche de transparence en répondant à l’ensemble des critères stipulés.

Parmi eux, la nouvelle norme entend interdire la publication des avis anonymes. Pour laisser un commentaire sur un produit ou service, les internautes devront donc fournir au moins deux moyens d’identification, comme une adresse mail ou un numéro de téléphone.

Au menu également : l’interdiction d’acheter des faux avis. Les plateformes labellisées pourront également demander aux internautes de fournir des justificatifs d’achat ou de réservation.

Autres mesures : les avis des consommateurs devront systématiquement être affichés par ordre chronologique et les gérants des sites ne pourront retoucher les avis.

Afin de s’assurer du bon respect de ces nouvelles règles, l’Afnor prévoit de mener différentes missions d’audit de contrôle. Et, si un site se prévalant du label ne respecte pas les obligations induites, celui-ci pourra être sanctionné par la direction générale de la Concurrence, de la Consommation et de la Répression des fraudes, avec une amende pouvant s’élever à 187 500 euros, précise Le Figaro.

Crédit photo: Shutterstock, des millions de photos, illustrations, vecteurs et vidéos

5 commentaires

  1. Voilà une nouvelle loi qui va faire du bruit.
    L’idée est intéressante dans le cadre de la valorisation du Web qui pourrait améliorer les taux de transformations.
    Je me demande la forme que cela pourrait prendre. Le contrôle de millier de sites me semble titanesque.
    Combien cela va coûter à l’Etat ?
    Va-t-on aller vers un système de délation, de plainte ? Si tel est le cas, que serait le garde fou contre le concurrents mal intentionnés (Cf. les contrôles fiscaux…) ? Risque t-on de favoriser le tendance coercitive actuelle du web ?
    Qu’en pensez-vous ?

    1. jeremyboye je n’y crois pas une seconde ! Le moyens à mettre en oeuvre sont beaucoup trop importants et j’irais même jusqu’à dire que les sites auront intérêt à ne pas être certifiés. Le nombre d’avis apporte de la visibilité et de la crédibilité « en apparence » aux sites . A mon « avis » la solution n’est pas là et de toute façon c’est quoi un « vrai avis » ? C’est toujours très subjectif non ? Nous travaillons sur ce sujet que je trouve passionnant !

      1. steph_benkemoun jeremyboye Je partage ton avis. Cela me semble beaucoup trop
        complexe à mettre en oeuvre. Et comme tu le dis, pourquoi se faire certifier si
        l’on risque de telles sanctions ? Imaginons qu’un hackeur se met à truquer les
        avis… Le certifié devra faire face à un sérieux problème sans pouvoir
        réellement l’expliquer.
        Je deviens peut-être un
        peu parano… :D

    2. Il s’agit d’une norme d’application volontaire.
      Des sites pourront décider de s’y conformer, de leur propre chef, puis prendre la responsabilité de communiquer sur leur engagement. On peut déjà voir des sites se positionner en ce sens (nomade aventure, allogarage et testntrust notamment). Ce n’est pas une loi (comme le disait plus haut sebtanguy).
      Des contrôles pourraient être envisagés dans deux cas :
      1/ en cas d’usage abusif de la norme AFNOR (déclaration de respect, alors que non) : c’est le code la Conso qui s’applique, tout simplement.
      2/ si le site décide de faire certifier sa conformité à la norme, par un organisme indépendant. Dans ce cas, il y aura des contrôles réguliers, dans des conditions connue par le site.

  2. Il y a une différence entre une norme et une loi. Une loi est obligatoire. Une norme n’est pas obligatoire d’application (sauf les normes de sécurité). Donc aucun site ne sera obligé de le faire, à moins qu’ils souhaitent obtenir la certification AFNOR.

Bouton retour en haut de la page
Comment l’Afnor compte mettre un terme à la jungle des avis en ligne
E-commerce: comment la startup Stockly veut en finir avec les ruptures de stock
[SEED] Retail : askR.ai lève 1,5 million d’euros pour déployer son coach virtuel en France
[SEED] Osol lève 3 millions d’euros auprès de Christophe Courtin (FLEX-O) et Romain Afflelou (Cosmo)
Amazon Prime, le pari risqué mais réussi de Jeff Bezos
PrestaShop tombe dans le giron du groupe italien MBE Worldwide
Les consommateurs ont-ils davantage confiance dans l’identité numérique ?