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Cybersécurité : RELX s’offre ThreatMetrix pour 830 millions de dollars

La cybersécurité a le vent en poupe. Pendant que les attaques en ligne prolifèrent dans le monde entier, les opérations dans le secteur se multiplient. La dernière en date est à mettre à l’actif du groupe RELX, spécialisé dans la diffusion d’informations et l’événementiel pour les professionnels. Basé à Londres, celui-ci vient de mettre la main sur la start-up américaine ThreatMetrix, qui lutte contre les fraudes en ligne. Le montant de l’opération s’élève à 830 millions de dollars.

Fondée en 2005 par Alisdair Faulkner, David Jones et Scott Thomas, ThreatMetrix développe une solution d’identification en ligne qui repose sur plus de 250 facteurs. Celle-ci s’appuie sur l’analyse des connexions entre les appareils (smartphones, ordinateurs…), la véritable position géographique de l’utilisateur ou encore la détection de menaces de logiciels malveillants et de botnets pour combiner ces données avec l’analyse comportementale de l’utilisateur, de manière à identifier le degré de risque du comportement numérique d’un individu et ainsi confirmer son identité. La start-up californienne analyse plus de 100 millions de transactions par jour sur 35 000 sites web pour le compte de 5 000 clients. ThreatMetrix suit ainsi 1,4 milliard d’identités uniques en ligne provenant de 4,5 milliards appareils dans 185 pays.

L’acquisition de cette société américaine va permettre à RELX, anciennement connu sous le nom de Red Elsevier, d’améliorer son offre en matière d’identification numérique. Le groupe basé au Royaume-Uni veut mettre l’accent sur les capacités de ThreatMetrix pour les appareils, le courrier électronique et les réseaux sociaux pour avoir une meilleure vision des risques en ligne tout en fournissant des solutions d’identification physique et numérique. Dans le cadre de cette opération, ThreatMetrix intègrera la branche Risk & Business Analytics, qui, sous la marque LexisNexis Risk Solutions, résout les problèmes de fraude et d’authentification en appliquant des analyses avancées sur les attributs d’identité physique, y compris les informations d’identification, les adresses et la propriété des actifs.

La lutte s’organise face à la prolifération des attaques en ligne 

Sur le marché de la cybersécurité, les acteurs ne cessent de se multiplier pour proposer de nouvelles solutions de protection aux entreprises. Parmi ces derniers, Darktrace, qui a levé 75 millions de dollars en juillet 2017, développe des solutions de cyberdéfense inspirées des réflexes de défense du corps humain, tandis que ThreatQuotient, qui a levé 30 millions de dollars en novembre dernier, a conçu une plateforme de gestion du renseignement sur les menaces informatiques. De son côté, l’Israélien Hexadite, racheté par Microsoft pour 100 millions de dollars en juin 2017, a mis au point une technologie qui se connecte aux systèmes existants de cybersécurité pour analyser automatiquement les menaces en ligne via l’intelligence artificielle. Début 2017, Microsoft avait fait part de son intention de continuer à investir plus d’un milliard de dollars chaque année dans la recherche et le développement dans la cybersécurité pour les années à venir. Il y a quelques jours, Alphabet, la maison-mère de Google, a également annoncé la création d’une filiale pour aider les entreprises à mieux identifier les menaces en ligne pour améliorer leur sécurité face aux cyberattaques.

Il faut dire que les attaques en ligne ne cessent de se multiplier. L’an passé, Uber a notamment annoncé avoir été victime d’un vol de données ayant touché 50 millions de clients et 7 millions de chauffeurs. Cependant, la plateforme de VTC est loin d’être un cas isolé. Et pour cause, Yahoo! et Equifax ont également annoncé en 2017 avoir été lourdement touchés par des cyberattaques. Ainsi, Yahoo, qui avait initialement annoncé qu’un milliard de comptes d’utilisateurs avaient été piratés lors d’une cyberattaque survenue en 2013, a finalement révélé que les 3 milliards de comptes rattachés au groupe Internet avaient été affectés. Dans la même veine, l’agence d’évaluation de crédit américaine Equifax avait déclaré début septembre que les données personnelles sensibles de près de 143 millions d’utilisateurs avaient été volées. Equifax a finalement revu à la hausse en octobre son nombre de clients touchés par ce piratage. En réalité, plus de 145 millions de personnes sont «potentiellement» touchées.

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Maxence Fabrion

Journaliste chez FW - DECODE MEDIA

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