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E-santé: le virus se répand en France!

L’e-santé s’impose sans aucun doute comme une des grosses tendances de l’année 2013. Cette dernière, qui bénéficie d’un contexte particulièrement porteur grâce aux TIC, a pour principal objectif d’instaurer un système de traitement de la santé plus performant. FrenchWeb prend le pouls d’un marché en pleine expansion.

bandeau e santé

Des chiffres marquants

Estimé en 2012 à 2,4 milliards €, le marché de l’e-santé devrait progresser de 4 % à 7% en moyenne par an d’ici 2017, estime Xerfi-Precepta. Le secteur de la télémédecine devrait enregistrer la plus forte croissance, devant la télésanté et les systèmes d’information de santé. Xerfi-Precepta estime également que le chiffre d’affaires des spécialistes de l’e-santé devrait augmenter à un rythme d’environ 10% par an, en moyenne, d’ici 2017.

Actuellement, le marché se compose de près de 300 opérateurs privés et d’une dizaine d’acteurs publics. Les experts de Xerfi-Precepta ont distingué 5 catégories d’acteurs : les éditeurs de logiciels/opérateurs de services, les prestataires de services informatiques, les fabricants de dispositifs médicaux, les hébergeurs de données de santé à caractère personnel et les autres intervenants (opérateurs télécom, spécialistes de la télésanté/télémédecine, assureurs et organismes de protection sociale, fournisseurs de services à la personne…).

En cause: l’auto-information

doctissimoLes internautes n’attendent aujourd’hui plus d’aller chez le médecin pour consulter, et préfèrent se rendre sur Internet pour y piocher des informations, se les approprier et s’auto-diagnostiquer une maladie.

Aujourd’hui, 30% des Français ont ainsi l’habitude de « surfer » pour rechercher des informations médicales. 62 % des agriculteurs, 47 % des cadres et 36 % des 18- 24 ans disent avoir déjà renoncé à consulter un professionnel de santé après leurs recherches sur l’ordinateur. 25 % des personnes interrogées pensent cependant qu’Internet est dangereux à cause des risques d’erreurs ou d’incompréhensions.

Le succès du forum Doctissimo est un cas exemplaire: créé en mai 2000 par Medcost, une société de conception et de maintien technique de sites dans le domaine de la santé, le site a rassemblé 9,4M de visiteurs uniques au mois de janvier 2013 (+1M en un mois).  D’autres sites dédiés à la santé sortent leur épingle du jeu: Santé-médecine.net, Santé AZ, E-santé.fr, et Aujourd’hui.com.

automédicationCette mode de l’auto-information pousse également les consommateurs vers l’automédication. Depuis 2008, le prix des produits d’automédication a baissé de 3,6%, et les ventes ont progressé de 1,9% en 2011, en un an. Cette même année, 60 % des Français ont acheté un médicament sans ordonnance pour se soigner (contre 31 % en 2010)

L’automédication est un des rares marchés de la pharmacie (2,1 milliards d’euros) en progression, contrairement aux médicaments vendus uniquement sur prescription (en baisse de 1,3 %). Des chiffres qui demandent aujourd’hui aux professionnels de santé et aux sites dédiés à pousser les consommateurs vers une automédication responsable.

Le boom du “quantified self”

Liée à l’internet des objets, la tendance du “quantified self” consiste à mesurer ses données personnelles, à les analyser et à les partager : température corporelle, tension artérielle, qualité du sommeil, taux de glucose, etc. Les données sont ensuite accessibles aux professionnels de santé et créent un véritable lien de confiance entre ces derniers et leurs patients. Les consultations médicales peuvent ainsi être plus suivies, plus précises, et plus allégées.

fitbitParmi ces nouveaux objets ultra connectés, on peut citer par exemple FitBit et Withings, que FrenchWeb vous avait présenté lors de leWeb’12, mais également Ondaily, l’équivalent français de Fitbit, isommeilNike +Runkeeper et Foodzy qui comptent de plus en plus d’adeptes en France.

Le quantified-self s’inscrit donc dans un véritable paradoxe en France, où les internautes sont réputés pour leur vigilance à l’égard de la confidentialité de leur vie privée sur les réseaux sociaux.

Un secteur en constance expansion

Les investissements croissants dans le domaine de l’e-santé font preuve de l’évolution d’un marché qui commence à peser lourd. Il y a quelques jours, FitBit a levé 30M$. Une augmentation de capital qui a valorisé la société 300M$.

Également, le pure player d’information à destination des professionnels Hospimedia vient de lever 2M€. Son co-fondateur, Ronan Denoual, s’est exprimé sur le sujet lors d’une interview accordée à FrenchWeb:

Les pouvoirs publics ont aujourd’hui compris l’importance du marché de l’e-santé et ont commencé à prendre ses besoins en compte. Cependant, certains secteurs comme la télémédecine ou la télésanté nécessitent aujourd’hui un renforcement de la législation afin d’élaborer un cadre médico-économique plus complet.

Outre cet aspect législatif, la croissance de l’e-santé repose également sur l’éducation des internautes face à ces nouvelles solutions. Qu’en est-il de mes données, qui les exploitent et sont-elles sécurisées ? Comment vais-je accéder à mes informations, pourrai-je les comprendre ou les modifier facilement? Sont autant de questions que les internautes se posent sans que l’on ne puisse leur fournir de réponses concrètes. Des problématiques encore trop souvent sous-estimées par les donneurs d’ordre, les porteurs de solutions et les pouvoirs publics.

La seconde édition de TEDxMontpellier, qui se tiendra le 15 mars prochain, traitera de la e-medecine et des révolutions qu’elle sous-tend.

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2 thoughts on “E-santé: le virus se répand en France!”

  1. Je ne partage pas tout: l’automédication ne correspond pas à l’auto-diagnostic. Généralement les personnes qui recourent aux médicaments hors ordonnance n’ont pas cherché la solution sur le web, mais ils reconnaissent des symptômes pour les avoir déjà vécus. Ce qui me semble plus problématique est l’absence d’information complète et accessible sur les symptômes que l’on peut traiter en automédication ainsi que d’une base de données critique et objective sur les médicaments qui permette aux personnes de décider s’il est opportun ou pas de consulter.

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