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En Belgique, le datacenter de Google, c’est 120 emplois promis, mais… 40 postes pourvus

Dans le collimateur des autorités européennes, Google est aussi pointé du doigt pour les nombreux avantages accordés par les pays membres afin d’attirer le géant américain sur leur sol. Une situation illustrée par son data center installé à proximité de Mons, en Belgique.

Jeudi 25 avril, la commission européenne réagissait au travers d’un communiqué aux huit propositions dévoilées par Google mi-avril afin de mettre un terme à l’enquête pour abus de position dominante dont il est accusé. Une façon pour le géant américain d’éviter une amende pouvant aller jusqu’à 10% de son CA annuel.

Par ailleurs, la firme de Moutain View est également dans la ligne de mire de l’Europe quant à sa politique de confidentialité ou encore ses pratiques en matière d’optimisation fiscale. Un point qu’Eric Schmidt, Président de Google, a à nouveau défendu lors d’une récente interview à la BBC.

Rien qui ne serve favorablement les relations entre Bruxelles et la firme…

Laquelle semble aujourd’hui avoir du mal à justifier les conditions avantageuses dont elle bénéficie lors de son installation dans les pays membres. L’hebdomadaire belge Le Vif mettait ainsi en lumière le cas du datacenter installé dans les environs de Mons depuis 2010. Un espace construit sur un terrain industriel de 85 hectares, l’un des plus gros de Wallonie, acheté par le groupe américain pour seulement 13 euros le mètre carré.

120 emplois promis, seulement 40 effectivement créés

Si Google vient de débloquer 300 millions d’euros pour doubler la taille de son centre de données, ce qui porte l’investissement total à 500 millions d’euros, emploiera environ 300 ouvriers et fait de la région un des centres clés du digital en Belgique, l’hebdomadaire pointe du doigt le peu d’emplois créés à terme par cette installation. Derrière le chiffre de 120 emplois sur place avancé par le service de communication de Google Belgique se cacherait, une fois les intérimaires et les sous-traitants écartés, que 40 équivalents temps-plein. Et le nombre d’emplois qualifiés se compterait sur les doigts d’une main.

Google emploierait ainsi une moyenne de 1,5 personne par hectare, contre une moyenne générale de 6,3 sur le reste de la zone. Un manque à gagner évident en matière de recettes fiscales, d’autant plus que Google bénéficie déjà du système des intérêts notionnels, un « mécanisme fiscal propre à la Belgique permet aux entreprises de réduire leur base d’imposition en déduisant un pourcentage de leurs fonds propres, comme s’il s’agissait d’un emprunt » selon Le Vif. En 2011, Crystal Computing, la filiale belge créée en août 2006 lors du lancement du projet de data center avec un capital de 18 550 euros, voyait ses fonds propres portés à 335 millions d’euros par la maison mère. « Sur un bénéfice de 8,6 millions d’euros, pour un chiffre d’affaires de 107 millions facturé à sa société mère Google Irlande, Crystal Computing a ainsi déboursé en 2011 très exactement zéro euro d’impôt » conclut l’hebdomadaire.

De quoi rendre fier Eric Schmidt, qui, estimant déjà payer « beaucoup d’impôts » en décembre dernier, évoquait sur les ondes britanniques les bienfaits de Google en matière d’emploi pour justifier la politique d’optimisation fiscale de sa société…

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La rédaction

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