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En difficulté, Iliad va-t-il regagner la confiance de ses investisseurs?

AFP

Après une année 2018 marquée par un recul inédit de son chiffre d’affaires et une forte offensive de la concurrence, Iliad, maison mère de Free, va dévoiler mardi ses mesures pour regagner la confiance des investisseurs. La rencontre est attendue à double titre: Iliad n’a pas organisé de journée investisseurs depuis plusieurs années et le titre du groupe a perdu près de la moitié de sa valeur en un an, pour passer sous la barre des 100 euros par action. La baisse est telle qu’Iliad a retrouvé son niveau de capitalisation d’avant son entrée sur le marché mobile, il y a plus de sept ans.

Si Iliad inquiète, c’est avant tout parce que, contrairement à ses concurrents, il est aujourd’hui attaqué sur son modèle économique, qui lui a permis de connaître le succès ces 15 dernières années. Sur le mobile, là où il a fait exploser le marché à son arrivée en 2012, il doit à son tour répondre aux coups de la concurrence, avec des offres promotionnelles toujours plus agressives, à l’image des forfaits à 10 euros, à vie, proposés par SFR ou Bouygues Telecom. Mais il se trouve également bousculé sur le fixe, essentiel à sa stratégie car nettement plus rémunérateur, où il se retrouve classé parmi les plus chers, quand à l’inverse Bouygues Telecom, parti plus tard que ses concurrents sur ce créneau, se constitue une base clients à coup d’offres agressives.

Conséquence, le groupe a perdu quasiment 100 000 abonnés sur le fixe et 250 000 sur le mobile en 2018, une première dans son histoire. « La direction a fait des erreurs et ce qui inquiète, c’est qu’elle semble jusqu’ici avoir refusé de les reconnaître, ce qui a entamé la confiance des investisseurs », explique un spécialiste du marché. Le lancement d’une box haut de gamme, à 50 voire 60 euros par mois, en réponse à la concurrence, fait partie des éléments qui ont posé question, même si le groupe assure qu’elle a trouvé sa clientèle. Dans une récente note, Morgan Stanley estime d’ailleurs que « les revenus d’Iliad sont sur le point de rebondir », non seulement du fait de moins de réductions sur le mobile, mais également, précisément, grâce à « la nouvelle box Delta ».

Téléphone subventionné ?

Si les résultats ont été moins bons l’année dernière, Iliad affiche encore des fondamentaux solides, avec une marge d’excédent brut d’exploitation de plus de 35% et un niveau d’endettement faible. Il a également désormais largement déployé son réseau mobile, n’ayant quasiment plus besoin de se reposer sur celui d’Orange et sur le coûteux contrat d’itinérance qui l’accompagnait, avec désormais 92% de la population couverte en 4G, selon l’Autorité de régulation des télécoms (Arcep).

Enfin, le groupe est parti à l’assaut de l’Italie, avec un contrat d’itinérance nettement plus intéressant qu’en France, un réseau déjà en partie construit et un portefeuille de fréquences plus important que ce qu’il avait récupéré en 2012 dans l’Hexagone. Et avec un certain succès: fin 2018 Iliad revendiquait 2,8 millions d’abonnés dans la Botte. Mais Iliad doit aller plus loin et relancer la machine au niveau commercial et sur ce point, les investisseurs attendent la direction au tournant.

Parmi les questions, se pose celle d’une offre intégrant un téléphone subventionné, qui implique un engagement sur la durée, à rebours de la stratégie appliquée jusqu’ici par Iliad. Pour l’opérateur, l’intérêt est important: c’est sur ce créneau que se situe la valeur ajoutée sur le mobile, avec des forfaits plus chers et un taux d’attrition nettement plus bas que la moyenne du marché. Iliad s’y était déjà aventuré, en 2013, via des ventes privées et un forfait à 36 euros par mois, mais a depuis surtout cherché à mettre fin à la subvention, en attaquant notamment certaines offres de ses concurrents.

Autre question : Iliad cédera-t-il tout ou une partie de ses pylônes, sur lesquels sont installées ses antennes, une opération déjà réalisée par Bouygues Telecom et SFR? « C’est une réflexion en cours, mais aucune transaction n’a été réalisée pour le moment », avait expliqué le directeur général du groupe Thomas Reynaud, lors de la présentation des résultats en mars: « c’est une réflexion ouverte auprès de différents fonds d’infrastructure ».

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La rédaction

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Un commentaire

  1. Mr. Niel : les 300 000 « blacklistés » ne vous remercient pas pour votre impolitesse et improbité ; vous auriez pu prévenir et offrir une solution honnête à des abonnés dont vous avez supprimé l’accès au réseau alors qu’il était facile de les reprendre au point où elles en étaient, ces factures impayées par d’autres personnes, elles, parfaitement indélicates.
    C’est votre démission, qu’il faudrait maintenant envisager.

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