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En pleine tourmente, Huawei va investir 2 milliards de dollars sur 5 ans dans la cybersécurité

Dans l’oeil du cyclone depuis plusieurs semaines avec les craintes émises par le gouvernement américain et ses alliés, Huawei tente tant bien que mal de rebondir. Englué dans une situation similaire à celle que subit le Russe Kaspersky, accusé par Washington d’être l’oeil de Moscou, le géant chinois a annoncé son intention de débloquer une enveloppe de deux milliards de dollars au cours des cinq prochaines années qui lui permettra d’investir dans la cybersécurité. Les investissements de Huawei dans le secteur se traduiront par le renforcement de ses effectifs et la modernisation de ses laboratoires de R&D.

Cette décision fait directement écho aux propos de Washington, qui estime que les équipements de télécommunications de la firme américaine ne sont pas suffisamment protégés dans le but d’offrir à Pékin des «backdoors», permettant au pouvoir communiste de faciliter l’espionnage et la surveillance de masse dans les pays occidentaux. Autrement dit, les États-Unis et plusieurs alliés, notamment l’Australie et la Nouvelle-Zélande, qui ont d’ores et déjà exclu le fabricant chinois pour la construction de leurs réseaux mobiles 5G, estiment que Huawei constitue un danger pour leur sécurité nationale. 

L’administration américaine serait même prête à fournir une aide financière aux pays qui refusent l’aide de Huawei pour le développement de la 5G. Cerise sur le gâteau, Meng Wanzhou, la directrice financière de la firme chinoise, a été arrêtée le 1er décembre au Canada. Soupçonnée d’avoir dissimulé des liens entre Huawei et une firme, Skycom, qui tentait de contourner les sanctions américaines et européennes contre l’Iran, elle a été libérée sous caution dans l’attente d’une éventuelle extradition vers les États-Unis. 

L’avenir de Huawei incertain dans les pays occidentaux 

Après avoir fait savoir que ces accusations étaient infondées, Huawei a décidé de repartir de l’avant depuis ses bureaux de Dongguan, en Chine, avec une conférence de Ken Hu, le président du groupe chinois. «Exclure les concurrents du terrain de jeu ne peut pas vous rendre meilleur», a estimé ce dernier. Premier fournisseur mondial d’équipements de réseaux de télécommunications et deuxième fabricant de smartphones, Huawei indique avoir signé à ce jour 25 contrats commerciaux et livré plus de 10 000 stations de base 5G. 

Avec un chiffre d’affaires attendu au-delà des 100 milliards de dollars, contre 92 milliards de dollars l’an passé, Huawei affiche encore une croissance impressionnante. Cependant, celle-ci pourrait très vite ralentir si les portes continuent à se fermer dans les marchés occidentaux. En Europe, le Royaume-Uni, l’Allemagne ou encore la République tchèque se méfient fortement du géant chinois. En France, l’entreprise n’est pas blacklistée, une position qui s’explique notamment par sa forte présence dans l’Hexagone, avec pas moins de cinq centres de R&D. 

Cependant, Huawei connaît tout de même quelques difficultés comme l’illustre la décision d’Orange de se passer de ses services pour développer son réseau 5G. Son allié allemand Deutsche Telekom, avec qui l’opérateur français a collaboré pou concevoir l’assistant intelligent Djingo, a également opté pour la carte de la prudence en choisissant de revoir sa liste de fournisseurs. Cette méfiance occidentale vient contrarier les ambitions de Huawei, qui entend devenir le leader mondial dans le déploiement de la 5G. La situation est d’autant plus difficile que le groupe tire la moitié de ses revenus à l’international. 2019 s’annonce donc comme une année décisive pour le groupe chinois…

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Maxence Fabrion

Journaliste chez FW - DECODE MEDIA

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