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[Est Numérique] Philippe Richert (Les Républicains): quel bilan et quels projets pour la Région ALCA?

Cette semaine: la nouvelle région Alsace-Champagne-Ardennes-Lorraine qui verra s'affronter les deux présidents des anciennes régions Alsace et Lorraine. Philippe Richert est le candidat pour la liste commune Les Républicains-UDI. Il est président du Conseil régional d'Alsace depuis 2010. Face à lui, Jean-Pierre Masseret, le candidat PS-PRG.

Dans un dernier sondage BVA pour la presse régionale publié mi-novembre, Philippe Richert est crédité de 31% des intentions de vote, soit une courte avance devant le Front National (Florian Philippot), à 30%. La liste PS-PRG ne recueillerait pour l'instant que 19% des intentions de vote.

 

FrenchWeb: Quel est votre bilan en matière de numérique pour la région?

Philippe Richert, candidat «Les Républicains» à la présidence de la région Alsace-Lorraine-Champagne-Ardennes: La politique en faveur du numérique est par essence transversale. Pour être efficace, elle dit d'abord ne pas perdre les objectifs des politiques publiques imposés par la transition numérique. Ensuite, elle doit accompagner le changement d’organisation interne que cela suppose. Je crois pouvoir dire que nous avons développé une politique qui satisfait ces différents critères.

Voici ce qui illustre ce bilan.

Nous avons oeuvré au développement d’infrastructure performante en tout lieu. C’est là un gage d’égalité pour les populations et je dirais surtout, un levier puissant pour le développement des entreprises. J’ai fait adopter le Schéma Directeur d’Aménagement Numérique (SDAN) le 13 novembre dernier. Mais aussi la décision qui désigne l’opérateur en charge de la mise en œuvre des décisions contenues dans ce schéma à savoir la connexion au très haut débit pour l’ensemble des habitants de l’Alsace.

En deuxième lieu, j’ai souhaité que nous puissions accompagner les entreprises de notre territoire qui ont des projets innovants pour leur développement en s’appuyant sur des outils numériques. Nous avons lancé deux appels à manifestation d’intérêt au cours de ce mandat. J’ai souhaité ouvrir cet appui aux entreprises de l’ensemble des secteurs d’activité. C’est ainsi que les entreprises lauréates du dernier appel à manifestation d’intérêt s’adressent aussi bien au secteur de l’automobile, aux sciences de la vie, à la santé ou aux «industries créatives». 

Enfin, nous avons développé une démarche open data volontariste. En ouvrant les jeux de données dont nous disposions. C’est ainsi que nous avons libéré plusieurs milliers de photos détenus par le Service de l’Inventaire et du Patrimoine, c’est sans doute là une première. Nous avons dans le même temps, créé une plateforme open data qui permet aux collectivités ou aux organisations, en particulier, les plus petites de mettre facilement à disposition leurs données.

C’est aussi, le lien entre culture et numérique que j’ai exploré, cela a donné entre autres, comme résultat une application offrant un guide de visite de la «Neudstadt» de Strasbourg qui est cette partie de la ville construite pendant la période allemande après 1870. 

Si vous deviez pointer une promesse tenue par votre équipe, laquelle serait-elle?

Il est toujours difficile de faire des choix. J’ai déjà été très partiel dans mon bilan.

Pour mon équipe et moi-même, le plus grand défi à relever était de permettre l’équipement du territoire en haut débit. Les conditions de cet engagement sont aujourd’hui réalisées et c’est pour moi une grande fierté. 

En effet, c’est une chose que de récompenser des start-up dans une métropole, de communiquer sur telle initiative, mais cela n’a pas de sens si en contrepartie, les villes moyennes, les territoires ruraux sont laissés à l’écart. Tel n’est pas mon sens de l’engagement et j’entends bien l’appliquer au nouveau territoire régional.

A l’inverse, quels sont les carences et les retards de la région que vous seriez prêt à concéder à vos opposants? 

Un bilan se doit sans doute d’être critique. Je crois que ce que je peux regretter de ne pas être allé plus vite en matière de transition numérique. L’engagement en faveur de la politique numérique suppose des pratiques nouvelles dans le fonctionnement des collectivités territoriales, cela nous a pris sans doute un peu trop de temps. 

Je crois également, que comme beaucoup d’administration ou d’entreprise nous avons, trop longtemps, considéré le numérique comme une question technologique alors qu’il s’agit également, d’une culture nouvelle qui doit être partagée par tous.

A l’évidence, je ferai en sorte de mettre en place une organisation de la nouvelle administration régionale qui facilite la transversalité et soit ainsi, propice au développement de projets numériques.

Quels sont vos projets en cas de victoire?

Notre projet fait du numérique une priorité. Nous allons devoir faire face à un certain nombre de complexités du fait de la taille du territoire, des attentes de ces habitants, je souhaite que nous nous appuyons sur le numérique pour les consulter, recueillir leurs avis ou connaître plus rapidement tel ou tel dysfonctionnement que peut connaître un service assuré par le conseil régional. Cela passe également par une dématérialisation des procédures.

Nous nous devons, également de favoriser le développement de smarts-grids, ouverts au plus grand nombre et pas simplement aux territoires urbains.

La Région qui dispose d’une compétence forte en matière de formation professionnelle doit favoriser le recours au MOOC.

Dans le champ culturel, je peux citer la médiation qui doit s’appuyer sur le numérique, le contact entre les arts de la scène et le numérique sera travaillé. Je souhaiterai également, que la région puisse fédérer les fabs labs présents sur son territoire et qui constitue autant de lieux et d’émergences en termes d’innovation.

Notre compétence désormais affirmée dans le champ économique sera l’évidence un levier et une obligation pour appuyer les entreprises du secteur numérique, je pense par exemple, au travail que nous avons conduit pour regrouper les entreprises de la filière image. Mais, notre engagement c’est aussi d’accompagner les entreprises qui pensent que la transition numérique n’est pas pour elles ou qu’elle représente un danger.

Enfin, je ne veux pas manquer de souligner que nous mettrons en place une forme de «Living lab» destiné à examiner de quelles manières le numérique peut être porteur de solutions pour le fonctionnement d’une institution régionale sur un territoire aussi grand que le nôtre tant pour sa gouvernance politique que pour les agents de la collectivité.

 

Jean-Pierre-MasseretA venir, le projet de Jean-Pierre Masseret, candidat PS-PRG

Les autres candidats pour la région ALCA :

Neuf autres partis ont déposé des listes : Débout la France (Laurent Jacobelli), Europe-Ecologie-Les-Verts (Sandrine Bélier), Front de Gauche (Patrick Péron), Front National (Floran Philippot), Lutte Ouvrière (Julien Wostyn), le Parti régionaliste alsacien (Jean-Georges Trouillet) et l'Union populaire républicaine (David Wentzel). 

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Jeanne Dussueil

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