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Google veut aider la presse à attirer plus d’abonnés payants

A l’heure où la presse connaît une crise sans précédent, Google a décidé de faire en pas en direction des éditeurs de presse. La firme de Mountain View propose ainsi de nouvelles fonctionnalités aux médias pour leur permettre de gagner des abonnés payants. Dans ce sens, la filiale d’Alphabet permet notamment aux éditeurs de presse de limiter les contenus gratuits. «Nous voulons aider les éditeurs à trouver de nouveaux lecteurs et à les transformer en clients qui paient», explique Philipp Schindler, Chief Business Officer de Google, convaincu que la firme américaine et les éditeurs de presse «ont un intérêt commun».

Jusqu’à maintenant, les médias n’avaient d’autre choix que de proposer au minimum trois articles gratuits par jour aux internautes pour gagner le droit d’être références par Google. A partir d’aujourd’hui, ce système mis en place il y a plus d’une décennie sera obsolète. Il est remplacé par un modèle permettant aux éditeurs de presse de choisir le nombre d’articles en accès gratuit. S’ils le souhaitent, les groupes de presse peuvent désormais choisir de ne proposer aucun contenu gratuit aux internautes. Toutefois, Google leur conseille de mettre en ligne un minimum de 10 articles gratuits par mois pour éviter de faire fuir les lecteurs. Pour rassurer les médias, la filiale d’Alphabet assure que les résultats de recherche ne favoriseront pas les articles gratuits, au détriment du contenu payant.

Google met à disposition des médias les données personnelles de ses utilisateurs 

Toujours dans l’optique d’aider les éditeurs à attirer des abonnés payants, Google entend également faciliter le paiement de l’abonnement, «en un seul clic» dans l’idéal. Pour cela, la firme de Mountain View mise sur ses utilisateurs possédant des comptes Google ou Android, son système d’exploitation mobile. De plus, le géant américain affirme qu’il va également partager avec les éditeurs de presse les données personnelles qu’il possède sur les lecteurs (nom, adresse, mail…) afin de leur permettre de les contacter directement. Google voit même plus loin dans la mesure où la firme américain songe à utiliser des algorithmes de machine learning pour aider les médias à détecter des «abonnés potentiels et présenter la bonne offre au bon public au bon moment».

Avant de proposer ces nouveaux outils, destinés à apaiser les tensions avec la presse qui accuse régulièrement Google et Facebook de capter ses revenus publicitaires, la filiale d’Alphabet avait lancé en 2015 un fonds pour aider la presse européenne. Baptisé Digital News Initiative, il est doté de 150 millions d’euros sur trois ans. Il a pour objectif de «promouvoir le journalisme de qualité par la technologie et l’innovation». Parmi ses partenaires, Google compte notamment Les Echos en France, Die Zeit en Allemagne, ou encore The Guardian au Royaume-Uni. Depuis sa création, ce fonds a injecté plus de 70 millions d’euros dans plus de 350 projets dans 29 pays européens.

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Maxence Fabrion

Journaliste chez Adsvark Media / FrenchWeb - We Love Entrepreneurs

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