IN THE LOOPINSIDE CHINA TECH

La Chine interdit de sortie de territoire les fondateurs de MANUS, racheté 2 milliards de dollars par Meta

📩 Pour nous contacter: redaction@fw.media

Les autorités chinoises ont interdit à deux des cofondateurs de Manus, une start-up spécialisée dans les agents d’intelligence artificielle récemment acquise par Meta, de quitter le territoire. La mesure vise Xiao Hong, directeur général, et Ji Yichao, chief scientist, convoqués début mars à Pékin par la National Development and Reform Commission (NDRC), selon le Financial Times À l’issue de cet échange, les deux dirigeants se sont vu notifier une restriction de sortie du territoire, sans qu’aucune charge formelle ne soit retenue à ce stade.

Le rachat de Manus par Meta, finalisé fin 2025 pour un montant de 2 milliards de dollars, fait également l’objet d’une revue par le ministère chinois du Commerce, notamment au regard des dispositifs de contrôle des exportations.

Fondée en Chine en 2022 sous le nom de Beijing Butterfly Effect Technology, la société a fait ses premiers développements sur le territoire chinois, puis a structuré ses activités autour d’une entité basée à Singapour, Butterfly Effect Pte., où sont désormais localisés le siège et une partie des équipes. Plusieurs entités juridiques subsistent toutefois en Chine, notamment à Pékin et Wuhan, maintenant un lien opérationnel et réglementaire avec le territoire.

Ce montage, fréquent dans l’écosystème technologique, permet historiquement aux entreprises de combiner développement local, financement international et structuration offshore.

Le dossier intervient dans un contexte de très fortes tensions avec les Etats Unis. Si les éventuelles irrégularités identifiées relèveraient principalement d’obligations déclaratives, ce qui juridiquement n’entraîne généralement pas de sanctions lourdes. La décision de restreindre les déplacements des fondateurs est un message très clair adressé à l’ensemble des entrepreneurs de la tech chinoise.

Du côté de Meta, le groupe affirme que la transaction a été conduite dans le respect des cadres réglementaires applicables et indique anticiper une résolution « appropriée » de la situation. L’acquisition de Manus s’inscrivait dans une stratégie plus large de renforcement des capacités en intelligence artificielle, notamment en Asie, avec Singapour comme point d’ancrage régional.

Un démantèlement impliquerait des arbitrages complexes sur la propriété intellectuelle, les équipes et les infrastructures.

À ce stade, aucune décision définitive n’a été annoncée par les autorités chinoises. La situation des fondateurs de Manus, autorisés à circuler à l’intérieur du pays mais privés de sortie du territoire, témoigne néanmoins d’un encadrement plus étroit de ce type d’opérations. Elle pourrait, à terme, influencer les stratégies de structuration et de financement des entreprises technologiques évoluant entre la Chine et les marchés internationaux.

Suivez nous:
Bouton retour en haut de la page