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La fraude sur les publicités en ligne coûterait 6 milliards de dollars aux marques américaines

Un PC sur six serait infecté par un « bot » informatique. Le mobile n’est pas épargné.

Les fraudes sur les publicités en ligne coûteraient plus de 6 milliards de dollars aux marques américaines. C’est en tout cas ce que révèle la société américaine White Ops, spécialisée dans la sécurité des publicités en ligne, interviewée par AdWeek. Elle affirme même qu’un PC sur six serait infecté par un bot, un robot informatique.

Ces bots génèrent des clics à répétition sur les publicités,  et font grimper les chiffres des taux de clic.  Or c’est en autre sur ces taux que sont déterminés les prix d’achats d’espaces publicitaires. Des acquisitions d’espaces vaines puisqu’ils n’atteignent pas réellement le consommateur ciblé dans le cadre de ce subterfuge.

Si le phénomène n’est en rien nouveau, il ne serait pas marginal pour autant puisque White Ops aurait repéré certains sites comprenant entre 20% à 90% de publicités et de clics frauduleux. La firme précise que le problème a longtemps été sous-estimé par les professionnels du secteur si bien que les fraudeurs auraient eu le temps de développer leurs activités sans trop de problèmes.

Toujours cité par AdWeek, Dan Kaminsky, spécialiste en sécurité informatique, ajoute même que « dans la publicité, vous pouvez réaliser des millions de dollars de fraude et personne ne s’en apercevra. En fait, les gens sont heureux parce que le nombre de clics a augmenté ». Le président de White Ops, Jon Bond, précise même que ces fraudes sur la publicité persistent car les agences « ne sont pas incitées à résoudre [ce problème]. Il y a une coopération tacite » selon lui.

La France n’est évidemment pas exemptée de ce type de fraude. Eric Aderdor, Président du Syndicat des Régies Internet et Directeur Général d’Horyzon Media répond à FrenchWeb :

FW : Que sait-on réellement de ce phénomène dans l’hexagone ?

Eric Aderdor : Aucuns pays au monde n’est épargné. Comme toute industrie nouvelle, il y a un temps de réglage plus ou moins long pour se professionnaliser. Il existe dorénavant une panoplie d’outils qui permettent de détecter les fraudes.

FW : On parle aux USA d’une sorte d’omerta des agences qui se retrouvent dans les chiffres à annoncer aux clients…Qu’en pensez-vous ?

Eric Aderdor : Pour ma part, derrière un investissement publicitaire, il y a un objectif et des kpi’s définis avec le client. Tant que les objectifs sont remplis et prouvés il n’y a pas de débats. Dans le cas contraire, il faut essayer de comprendre pourquoi les objectifs ne sont pas atteints, et quels enseignements et plan d’action à mettre en place.

FW : Est-ce une fatalité ?

Eric Aderdor : Comme dans toute industrie, il y a toujours des petits malins pour trouver une parade (comme la fraude à la carte bancaire). Mais je pense que ce phénomène aura tendance à se réduire dans le temps.

FW : Le mobile est-il potentiellement épargné ?

Eric Aderdor : Le mobile n’échappe pas non plus à cette règle même s’il a l’avantage de profiter des travaux et outils mis en place sur le web. Donc le mobile est probablement moins affecté.

FW : Le sujet sur le hacking pub n’est pas nouveau. Que préconisez-vous pour éviter une crise de confiance entre régies et annonceurs?

Eric Aderdor : Il faut toujours plus de pédagogie, mais dans les rares cas où il y a un doute, les campagnes ne sont pas facturées ou reconduites à titre gracieux. Il est normal de dédommager le client.

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Olivier Harmant

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