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La transformation numérique c’est maintenant, mais les entreprises hésitent sur la méthode

Elles y pensent tous les matins, mais le développement digital n’est pas encore devenu un mode de vie au sein des entreprises françaises. 86% s’étaient fixées cet objectif en 2014, selon le 3e baromètre Idaos Lab du cabinet de conseil IDAOS*. Mais 64% estiment avoir atteint leur but. Elles se sont pourtant «activement engagées dans le processus de transformation» pour 80% d’entre elles. Si la révolution n’a pas totalement eu lieu, c’est parce qu’il reste encore à opérer un changement des mentalités.

«La culture digitale se diffuse mal au sein des équipes, compromettant les chances de résultats opérationnels», observe Franck Perrier, PDG d’Idaos. Pour 90% des entreprises, le digital est une «question de culture», plus qu’une finalité. Et si cette culture a du mal à s’implanter, c’est souvent parce que l’impulsion n’est pas clairement identifiée.

«Le grand chantier pour le leadership, c’est d’entrainer toutes les équipes dans le social et la transformation digitale qui ne se fera pas sans des ressources et une approche plus « bottom-up » de l’entreprise», indiquent les auteurs de l’étude.

Trouver les leaders du digital

De fait, la transformation numérique de l’entreprise est remise soit entre les mains de la direction générale (32%), soit entre celle d’une direction dédiée (31%). Dans cette affaire de leadership et d’organisation des compétences, c’est aussi l’histoire de la poule et de l’œuf; puisque deux sociétés sur trois attendent de ces technologies qu’elles leur disent comment améliorer leur management (Lean Management).

Qui doit s’occuper d’implanter la culture du digital dans l’entreprise? Rares sont celles qui ont la réponse. 91% considèrent que le digital est stratégique, mais un tiers n’a pas identifié le porteur de projet. Quand il l’est, il reste ensuite à définir les priorités et à motiver les équipes. Seule une moitié des entreprises sondées y parviennent. Plus surprenant, la direction information est rarement le leader stratégique (5%).

Les médias sociaux comme roue de secours

Pour voir le digital géré de A à Z, il faut aller du côté de la direction des médias sociaux. En 2015, 67% des entreprises se sont dotées de ce pôle, soit une augmentation de 20% en un an. Les réseaux sociaux de prédilection sont Twitter, Facebook, LinkedIn et YouTube. Mais leur ROI reste encore peu mesuré. Autre bémol : «l’approche centralisatrice des médias sociaux est en contradiction avec leur nature intrinsèque, leur capacité d’engagement interne et externe», précise Franck Perrier. Au final, la percée du numérique en entreprise se fait aussi et surtout sur la présence Web de l’entreprise (85%) et sur l’e-reputation (81%).

De manière générale, dans l’entreprise française, l’appétit du digital se concrétise autour de trois axes : organiser sa gouvernance, former les collaborateurs ou encore recruter les bonnes personnes. Rien à voir donc avec les wearable computing ou l’Apple Watch; deux technologies au sujet desquelles les entreprises reconnaissent y être encore totalement étrangères.

*Méthodologie : sondage annuel réalisé en ligne entre février et mars 2015 par IDAOS auquel ont répondu 201 décideurs dont plus de la moitié sont des décideurs dans le numérique. 28% sont membres des directions générales, 20% de la Communication, 19% Marketing. Ces décideurs sont salariés d’entreprises françaises de 1 000 employés ou plus (à 47%), de PME de moins de 100 salariés (29%), de moyenne entreprise 100-499 employés (21%) et dans les sociétés de 500 à 1 000 employés (3%). Les principaux secteurs représentés sont: la banque & assurance, la finance, le conseil et la communication et la presse. 

Jeanne Dussueil

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