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[Expert] Les Français de la TV connectée: C2M, par Olivier Ezratty

La généa­lo­gie d’un grand nombre de socié­tés de la TV numé­rique en France remonte sou­vent à Canal+, Thom­son ou Sagem. C’est ici le cas avec la société C2M (Challenge2Media), créée par Jean-François Jeze­quel et Michel Bou­khobza, deux anciens de Canal+ (ci-dessous). Elle fait ici l’objet du quin­zième por­trait d’un acteur fran­çais de la TV connec­tée dans cette série que j’ai inau­gu­rée en mai 2012.

C2M Logo
C2M a été créée en 2003. C’est une société de conseil, for­ma­tion et d’ingénierie d’environ 50 per­sonnes dans la TV numé­rique qui se foca­lise sur les aspects tech­niques et les usages. Son siège social se trouve à Issy les Mou­li­neaux dans les Hauts de Seine. La société a plus d’une cen­taine de clients et 200 mis­sions en Europe à son actif : des chaines de TV (France Télé­vi­sions, TF1, M6, Guy­sen TV), des opé­ra­teurs (Bouygues Télé­com, le câblo-opérateur Hot en Israël), des indus­triels du sec­teur de la TV numé­rique (NDS, Micro­soft, Net­gem, Exp­way, Neo­tion) ou encore des fonds d’investissement et des ins­ti­tu­tion­nels. Elle gère en moyenne une tren­taine de pro­jets ou mis­sions de conseil par an.

Jean-François Jezequel (C2M)Michel Boukhobza (C2M)
Les opé­ra­tions com­mer­ciales sont assu­rées par les fon­da­teurs et les consul­tants ou direc­teurs asso­ciés de C2M qui peuvent avoir des pro­fils orien­tés conte­nus et pro­grammes ou encore tech­niques, comme par exemple un ancien de l’équipe IPTV de Tech­ni­co­lor à Rennes. Ils ont d’ailleurs des locaux à Rennes pour assu­rer leur déve­lop­pe­ment au niveau des équipes tech­niques, qui sont nom­breuses sur place avec l’écosystème regrou­pant Tech­ni­co­lor, Grass Val­ley, TDF et France Télé­com. Un écosys­tème qui tra­verse sou­vent des plans de restruc­tu­ra­tion per­met­tant un recy­clage des talents chez les acteurs qui sont mieux posi­tion­nés sur les mar­chés por­teurs du numérique.

C2M est une SAS dont le capi­tal est détenu à majo­rité par les fon­da­teurs et les sala­riés. La société a réa­lisé 4m€ de CA en 2011.

L’origine Canal+

Michel Bou­khobza et Jean-François Jeze­quel sont deux anciens de la Direc­tion Tech­nique de Canal+. Ils y ont passé 10 ans cha­cun avec notam­ment le déve­lop­pe­ment du sys­tème de contrôle d’accès Média­guard qui est main­te­nant chez Nagra­vi­sion. Lorsqu’ils ont démarré à la direc­tion tech­nique de Canal+, ils étaient 10 ! L’équipe a ensuite grandi pour atteindre 700 per­sonnes dont 500 sala­riés à temps plein. Le déve­lop­pe­ment des tech­no­lo­gies de déco­deurs Canal+ étaient alors regrou­pées dans une filiale, Canal+ Tech­no­lo­gies. Celle-ci tra­vaillait essen­tiel­le­ment pour le groupe Canal+, en France et à l’étranger. Elle avait quelques clients externes au groupe Canal+ comme On Digi­tal au Royaume Uni et Media One aux USA, une société elle-même rache­tée par AT&T.

Après 7 ans chez Canal+ Tech­no­lo­gies, Michel et Jean-François retournent dans le Groupe Canal+, en 2001, pour prendre la Direc­tion tech­nique du Groupe, et assu­rer, à l’aide d’une petite équipe, les syner­gies néces­saires entre les filiales du Groupe en Europe.

Fin 2002, Canal+ Tech­no­lo­gies est cédé à Thom­son pour 190 m€. Cela fait suite au net­toyage des actifs du groupe Vivendi dont Jean-Marie Mes­sier s’est fait éjec­ter l’été 2002 pour être rem­placé par Jean-René Four­tou et à l’arrivée de Ber­trand Méheu à la tête de Canal+. Thom­son conserve l’activité à peine 6 mois. L’été 2003, elle subit une forme de déman­tè­le­ment avec la par­tie midd­le­ware qui part chez l’israélo-anglais NDS pour deve­nir l’actuel labo­ra­toire de NDS France et la par­tie contrôle d’accès qui passe chez Nagra­vi­sion, une filiale du groupe suisse Kudelski. Le tout avec une plus-value pour Thom­son. Ce déman­tè­le­ment était l’une des consé­quences d’un dif­fé­rend juri­dique avec NDS que Canal+/Thomson accu­sait d’avoir copié ses tech­no­lo­gies de contrôle d’accès.

La Direc­tion Tech­nique de Canal+ a tout de même sub­sisté. Elle a géré le pas­sage com­plet au numé­rique du groupe, à la TNT, à la HD, aux set-top-boxes hybrides et au multi-écrans. Sa Direc­tion a changé plu­sieurs fois de main avec suc­ces­si­ve­ment Benoit Ché­reau (resté un an, un ancien de Bouygues parti ensuite chez World­sat), Xavier Mar­valdi (lui aussi pen­dant un an, passé ensuite chez M6 Web, puis dans la star­tup You­walk et actuel­le­ment DG d’Euromedia France) et enfin Jo Gué­gan, un ancien de Cap Gemini qui joue ce rôle de CTO de Canal+ depuis au moins 7 ans.

Avec Open TV, créé par Thom­son en 1994 et aussi revendu au groupe Nagra, en 2010, ce sont plu­sieurs joyaux fran­çais qui sont par­tis sous contrôle étran­ger. Un triste sort pour l’industrie des tech­no­lo­gies fran­çaises de la TV numé­rique, même si et NDS et Nagra­vi­sion conservent en France des cen­taines d’ingénieurs pour leurs déve­lop­pe­ments issus de ces acquisitions.

C’est en tout cas pen­dant cette phase tran­si­toire, en 2003, que les créa­teurs de C2M ont quitté Canal+ pour se lan­cer dans l’aventure.

Ce que fait C2M

C2M est un pure-player du ser­vice dans l’univers de la télé­vi­sion numé­rique. L’idée des fon­da­teurs était de faire pro­fi­ter le mar­ché de l’expérience qu’ils avaient acquise dans le groupe Canal+ avec une stra­té­gie à 360° sur l’univers de la télé­vi­sion numé­rique puis des médias numé­riques en géné­ral. 360° ? Cela revient à englo­ber le cycle com­plet des médias avec l’acquisition, l’agrégation, la dis­tri­bu­tion et la réception.

Tech­ni­que­ment par­lant, cela cor­res­pond à la cap­ture vidéo, aux régies, au play-out (pré­pa­ra­tion des conte­nus pour la dis­tri­bu­tion, réa­li­sée sou­vent en régie finale), les outils de Media Asset Mana­ge­ment (pour la ges­tion des don­nées médias), les CDN (content deli­very net­works, ces ser­vices en ligne qui opti­misent la dif­fu­sion des conte­nus sur Inter­net), l’OTT (les solu­tions over-the-top pour dif­fu­ser les conte­nus médias sur PC/Mac, tablette, smart­phone, etc), la vidéo à la demande et la TV de rat­tra­page. Vaste pro­gramme qui reflète bien la diver­sité du sec­teur. Et C2M couvre aussi bien la télé­vi­sion que la radio.

La société qui fait une cin­quan­taine de col­la­bo­ra­teurs pro­pose deux types d’accompagnement et est orga­ni­sée en plu­sieurs pôles :

  • C2M Consul­ting (pour le conseil, 10 per­sonnes) et C2M Intel­li­gence (pour les études de mar­chés) qui offrent un accom­pa­gne­ment stratégique.
  • C2M Tech­no­lo­gies (avec des chefs de pro­jets de pro­fils séniors, 15 per­sonnes) et C2M Engi­nee­ring (pour la réa­li­sa­tion des pro­jets, 20 per­sonnes) qui font de l’accompagnement technologique.

Depuis plus d’un an, une par­tie de l’activité est gérée à Rennes, dans la branche C2M Ouest, qui sup­porte l’ensemble des offres de la société dans le grand ouest.

Voici la liste de leurs clients accu­mu­lés en 10 ans (mais pas tous actifs au même moment, heureusement…) :

Clients C2M
Les réa­li­sa­tions clients

Pour décrire la société, un peu comme nombre de celles que j’ai pu cou­vrir jusqu’à pré­sent, il faut par­cou­rir le por­te­feuille de pro­jets réa­li­sés pour ses clients. Les mis­sions sont très variées puisqu’elles couvrent aussi bien de la for­ma­tion, des confé­rences, des études de mar­ché que de la mai­trise d’œuvre et la réa­li­sa­tion de pro­jets complexes.

Nous allons exclure les pre­mières où l’on trouve presque tous les acteurs de l’écosystème fran­çais de la télé­vi­sion : les chaînes, les opé­ra­teurs et nombre d’industriels. Et nous foca­li­ser sur les réalisations.

Les chaines de TV

Ils ont d’abord tra­vaillé tout natu­rel­le­ment au milieu des années 2000 sur les pre­mières box HD de Canal­Sat. Dans ce cadre, ils ont mis à dis­po­si­tion un res­pon­sable pro­gramme dans les équipes tech­niques de Canal+ pour assu­rer la coor­di­na­tion entre les dif­fé­rents indus­triels (four­nis­seurs de la box, des chip­sets, de l’accès condi­tion­nel et du midd­le­ware). Plus tard, ils ont fourni d’autres exper­tises qui ont par­ti­cipé à la mise en place des ter­mi­naux ter­restres, tou­jours en accom­pa­gne­ment des équipes tech­niques de Canal+.

Plus récem­ment chez France Télé­vi­sions, ils ont aidé le groupe à mener l’appel d’offre de son sys­tème de Media Assets Mana­ge­ment et dis­tri­bu­tion multi-écrans (décrit ici lors de ma visite de France Télé­vi­sions fin 2011). Ce pro­jet a conduit le groupe public à faire appel à Sony comme four­nis­seur de tech­no­lo­gies. Ce pro­jet est clé pour moder­ni­ser les infra­struc­tures numé­riques de France Télé­vi­sions et notam­ment flui­di­fier l’alimentation de tous les écrans au-delà de la TV broad­cast. Pour mener à bien cet appel d’offres, C2M a dû accom­pa­gner France Télé­vi­sions à mettre en évidence ses besoins et ainsi a pu par­ti­ci­per à la rédac­tion com­plète des Cahiers des Charges, qui ont conduit à l’appel d’offre (RFP, request for pro­po­sal). La mis­sion s’est ter­mi­née quelques mois après que Sony ait été retenu. Le déploie­ment de cette nou­velle infra­struc­ture est tou­jours en cours.

Chez France 24, ils ont réa­lisé une mis­sion de conseil pour la migra­tion des régies vers la HD (ci-dessous). Toutes les chaînes y sont pas­sées ou vont y pas­ser. L’ensemble des indus­tries de la télé­vi­sion doivent en effet ter­mi­ner de pas­ser à la HD et en mai­tri­sant au plus serré les couts, sachant que la 4K pointe du nez et les effraie quelque peu en terme de coûts addi­tion­nels. En effet, dans la plu­part des cas, ces migra­tions tech­no­lo­giques cor­res­pondent à une ten­dance lourde du mar­ché mais sans pour autant per­mettre de géné­rer des reve­nus incré­men­taux. C’est une sorte de mal néces­saire, les télé­spec­ta­teurs s’habituant de plus en plus à l’amélioration de la qua­lité de l’image. La HD est d’ailleurs plus fré­quem­ment dis­po­nible sur l’IPTV que sur la TNT voire même que sur le satel­lite. Cer­taines chaines comme BFM, France 3 ou NRJ sont ainsi dis­po­nibles en HD sur IPTV (chez les opé­ra­teurs télé­com triple-play) et pas sur les autres tuyaux de dif­fu­sion. A noter que le pro­jet de pas­sage à la HD vient d’être annoncé par la nou­velle Pré­si­dente de France24 pour l’année 2013.

Regie France 24
Enfin, dans cette caté­go­rie, ils ont réa­lisé pour la Fox en France deux mis­sions de direc­tion tech­nique délé­guée pour la four­ni­ture de fichiers à Canal­Sat rela­tive à la dif­fu­sion de conte­nus en TV de rat­tra­page. On est ici dans la plom­be­rie de bas niveau et il en faut pour faire tour­ner tous ces ser­vices ali­men­tant les dif­fé­rents écrans de consom­ma­tion de conte­nus télé­vi­suels de rattrapage.

Indus­triels

Les indus­triels du sec­teur sont égale­ment clients de C2M :

  • Chez Nagra­vi­sion France, ils ont mené une mis­sion de conseil et d’audit sur la four­ni­ture de solu­tions glo­bales de ter­mi­naux et de midd­le­ware et l’encadrement pro­jet. Pour des clients en Inde ! Comme quoi l’international est acces­sible y com­pris pour des pres­ta­taires de ser­vices, pour peu qu’ils puissent faire levier sur des indus­triels qui ont une assise internationale.
  • Pour le mar­seillais Neo­tion spé­cia­lisé dans les sys­tèmes de contrôle d’accès (modules CAM), ils ont par­ti­cipé à la réa­li­sa­tion d’une solu­tion logi­cielle pour tablette uti­li­sant le stan­dard hbbTV. Une démons­tra­tion de cette solu­tion avait été pré­sen­tée par Neo­tion à l’IBC 2012 d’Amsterdam. Elle consiste à ‘cap­ter’ les infor­ma­tions HbbTV sur un module CAM CI+, et à les trans­mettre à une tablette Android, la tablette sup­por­tant en fait l’interactivité du ser­vice HbbTV. Dans le cadre de ce pro­jet, C2M a mis à dis­po­si­tion un expert Android pour par­ti­ci­per au design et au déve­lop­pe­ment. Le sup­port multi-écran de HbbTV est une avan­cée très inté­res­sante pour ce stan­dard. Cela le désen­clave du broad­cast pur. Au pas­sage, Neo­tion pro­pose aussi une solu­tion de cou­po­ning multi-écrans basée sur HbbTV, qui n’a pas été réa­li­sée dans le contexte du pro­jet C2M.
  • Ils ont aussi aidé l’opérateur mexi­cain de salles de cinéma Cine­po­lis à lan­cer une offre de VOD. Cet opé­ra­teur avait lancé une offre de ser­vices VOD. Après quelques mois d’opérations, il s’était rendu compte que la pla­te­forme rete­nue n’avait pas la flexi­bi­lité néces­saire pour sup­por­ter la mul­ti­pli­cité des écrans, des tech­no­lo­gies et des DRMs néces­saires. D’où une remise en cause de cet exis­tant. Dans ce cadre, Cine­po­lis a fait appel à C2M pour les aider à défi­nir une nou­velle archi­tec­ture cible de leur pla­te­forme, et pour mener à bien les appels d’offre de sélec­tion des indus­triels pour la mettre en place. Cette mis­sion est en cours et doit se ter­mi­ner au mois d’avril 2013.
  • Ils ont aussi accom­pa­gné TDF au sujet de pro­jets de télé­vi­sion mobile et pour une exper­tise por­tant sur les tech­no­lo­gies d’accès condi­tion­nel et de pro­tec­tion de conte­nus, adap­tées au monde du mobile. Mais la TV mobile n’a pas décollé (en tout cas, en mode broad­cast, via le DVB-H). Elle va peut-être revoir le jour avec les déploie­ments du LTE, notam­ment grâce au LTE MBMS, le pro­to­cole per­met­tant la mise en place d’architectures mul­ti­cast de dif­fu­sion de TV mobile qui écono­misent la bande pas­sante des réseaux.

Opé­ra­teurs

Les opé­ra­teurs, sou­vent tier 2, pour les­quels C2M a contri­bué à construire les offres :

  • Ils ont accom­pa­gné Nume­ri­cable au niveau mar­ke­ting pour le pas­sage à la TNT et la reprise des signaux en tête de réseau, ainsi que sur les réflexions stra­té­giques ame­nées par cette reprise de TNT dans les réseaux du câble. Ils ont aussi par­ti­cipé, pour le compte de l’éditeur de logi­ciels belge Zapp­ware, au déve­lop­pe­ment de diverses appli­ca­tions pour la box Nume­ri­cable d’origine Sagem et en HTML5 sous Webkit.
  • Ils ont plan­ché sur TVnum, l’offre de TNT payante, au départ avec TNtop qui dépen­dait du groupe anglais TopUpTV puis avec le fran­çais TVnum qui l’avait racheté. L’activité en ques­tion vient de s’arrêter. A part Canal+, per­sonne n’a jamais réussi à vendre de la TNT payante en France. En fait, c’est le lot com­mun des offres “tier 2” qui sont sou­vent mon­tées en sous-traitance et/ou avec peu de moyens. Et elles sont plus ris­quées que les offres des opé­ra­teurs “tier 1”.
  • Chez Glo­be­Cast, filiale de France Télé­com, ils ont mené une mis­sion sur leur réseau mon­dial de dif­fu­sion temps réel de vidéo. On y dif­fuse des chaines de TV sans latence, en mode très haut débit et point à point. C’est dédié aux appli­ca­tions professionnelles.
  • Pour Média­mé­trie, ils ont tra­vaillé sur les tech­no­lo­gies de water­mar­king et l’étude des équi­pe­ments de mesure d’audience “nou­velle géné­ra­tion”. Média­mé­trie est en en train de faire évoluer ses outils de mesure d’audience pour inté­grer tous les écrans et tous les usages.

C2M est enfin impli­qué de très près dans la réa­li­sa­tion tech­nique de Tevo­lu­tion, une star­tup qui va lan­cer cette année (2013) une box “OTT hybride” asso­ciant chaines de la TNT et conte­nus (VOD, chaines) pro­ve­nant d’Internet.

Concur­rence et croissance

C2M a de nom­breux concur­rents selon le domaine d’activité. Dans le conseil et l’ingénierie, ont trou­vera des socié­tés comme Médiatv­com et de plus grands acteurs tels que Altran et ATOS World­line (qu’il me faut aussi cou­vrir dans cette série d’articles…), ou encore des grands du conseil comme Accen­ture ou Cap Gemini, voire même des consul­tants indé­pen­dants comme votre ser­vi­teur, mais à une toute petite échelle. Dans le déve­lop­pe­ment d’applications second-écrans, ils seront face à des socié­tés telles que DotS­creen ou Wiz­Tivi.

Lorsque l’on sou­haite entre­prendre et inno­ver, le conseil et le ser­vice tra­di­tion­nels ne sont jamais bien satis­fai­sants. Le virus du pro­duit veille au grain. C2M alloue ainsi du temps de ses équipes à la R&D sous la forme de veille tech­no­lo­gique. Ils ont struc­turé depuis deux ans un pôle inno­va­tions avec des experts créant des “proofs of concepts”. Ils ont ainsi notam­ment tra­vaillé avec Civo­lu­tion (hol­lan­dais, spin-off de Phi­lips qui dis­pose d’un labo à Rennes issu d’une acqui­si­tion de l’activité water­ma­king de Thomson/Technicolor) pour créer des solu­tions de syn­chro­ni­sa­tion d’applications sur tablettes avec le live de la TV. Cela a abouti à une mis­sion avec une chaine TV pour lan­cer un tel ser­vice. Cela rap­pelle un peu ce que fait DotS­creen avec son guide de pro­gramme pour second écran.

Le gâteau fran­çais est cepen­dant limité au niveau de ses grands acteurs. On a vite fait le tour des grandes chaines, des opé­ra­teurs télé­coms et des indus­triels locaux. Le mar­ché de la TV a de plus ten­dance à se frag­men­ter, avec la mul­ti­pli­ca­tion des chaines de la TNT, mais celles-ci manquent de moyens. Il en va de même avec les 150 et quelques chaines TV locales qui ont des chiffres d’affaire de quelques mil­lions d’Euros pour les plus grandes d’entre elles et font en moyenne plu­tôt des pertes.

La seule solu­tion, comme pour tous les acteurs établis, consiste à se tour­ner vers l’international, grande source de crois­sance pour nos PME et ETI en deve­nir. Mais chaque pays a son ou ses C2M locaux. D’où l’approche pro­duit et la voie de la spé­cia­li­sa­tion qui est plus ou moins iné­luc­table dès lors que l’ambition est là.

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Pour mémoire, les autres fran­çais de la TV connec­tée déjà cou­verts dans cette série : Josh­fire, TvT­weet, Wiz­tivi, httv, Mesa­graph, TDF, Hubee, iFeelS­mart, Ane­via, Plu­ri­me­dia, Ever­gig, Dots­creen, WyPlay et Cli­ckOn. Cou­rage ! Il n’y en a plus que 70 et quelques à faire… j’en avais fait un inven­taire par­tiel dans l’article de lan­ce­ment de cette série au long cours.

Retrouvez Olivier Ezratty

La rédaction

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